La vie scolaire dans un Lab-École : la nouvelle aventure des élèves de Maskinongé

Les élèves de l'école des Cerisiers de Maskinongé ont intégré officiellement les locaux du nouveau Lab-École en septembre dernier.

Des légumes, du couscous et des légumineuses sur les comptoirs, des élèves, des enseignants et quelques parents motivés en prime. Il n’en fallait pas plus par un matin aux allures printanières pour que la salle à manger de l’école des Cerisiers de Maskinongé soit une fois de plus le théâtre d’un nouvel atelier culinaire.


0:00Écouter la version audio

Il est 9h. Des parents d’élèves du préscolaire en compagnie de leurs enfants ont dégagé leur horaire pour être présents à un atelier tout spécial donné par une nutritionniste. Une salade de couscous et de légumineuses, c’est ce qui est au menu pour l’atelier.

Si les parents sont présents pour l’occasion, ce ne sont toutefois pas eux qui feront la majorité du travail. Ce sont plutôt les enfants qui mettront la main à la pâte malgré leur jeune âge.

Les cours de cuisine sont maintenant intégrés au cursus scolaire des élèves du Lab-École de Maskinongé.

Un peu plus tard, après la pause, ce sont les élèves de maternelle de l’enseignante Camille Landry qui prendront part au même atelier, le tout dans la bonne humeur et le plaisir.

Milan épluche les carottes, Zach, lui, coupe les concombres, puis ses collègues plus loin coupent les fines herbes. Tous s’activent à la tâche comme ils le font régulièrement depuis le début de l’année scolaire afin de cuisiner des repas sains.

C’est que Milan et Zach, comme les 160 élèves de l’école des Cerisiers, ont pu intégrer en début d’année scolaire les locaux du nouveau Lab-École de Maskinongé qui est le quatrième de six projets à avoir ouvert ses portes au Québec.

«La salle à manger, c’est le point central de notre école», avoue d’ailleurs tout naturellement le directeur de l’endroit, Martin Fréchette, lors de notre visite. Et c’est le cas de le dire, l’endroit lumineux grâce à son impressionnante fenestration a de quoi donner envie de cuisiner grâce à ses différents équipements à la fine pointe.

D’ailleurs, c’est une question de jours avant que tous les élèves du nouveau Lab-École entament leurs semis, juste avant de les planter dans les différents bacs de culture maraîchère que l’on peut apercevoir par les fenêtres de la cuisine qui sert également au quotidien de salle à manger sur l’heure du midi.

S’adapter à une nouvelle réalité

L’endroit imaginé par Ricardo Larrivée, l’architecte Pierre Thibault et le triathlonien Pierre Lavoie est d’ailleurs récent, alors qu’il a été inauguré en novembre dernier. Le temps a peut-être passé, mais l’attraction et les bienfaits, eux, ne semblent pas du tout s’estomper.

«Tranquillement chacun s’adapte à son milieu, autant les profs que les enfants, mais c’est certain qu’il y a eu un temps d’adaptation, mais je pense que l’année prochaine, on va être encore mieux dans notre école.»

—  Sophie St-Louis, technicienne en éducation spécialisée
L’endroit a été imaginé par Ricardo Larrivée, l’architecte Pierre Thibault et le triathlonien Pierre Lavoie.

«Je vois beaucoup un esprit collaboratif parce qu’il y a plusieurs élèves à la même table. On les voit durant les ateliers, ils collaborent ensemble et ils s’entraident», mentionne pour sa part Camille Landry, enseignante à la maternelle.

Et si l’adaptation est de mise pour les élèves, c’est également le cas des enseignants qui doivent eux aussi passer par ce processus afin notamment d’intégrer dans le cursus scolaire les notions de mode de vie sain et actif.

Les classes sont maintenant plus grandes et disposent de plafonds hauts et d'une mezzanine.

«Je suis enseignante ici depuis 7 ans et c’était une grande adaptation en début d’année parce que maintenant, l’aménagement est flexible dans les classes entre autres. [...] Mais ce qui est intéressant, c’est que bien souvent, on fait notre enseignement magistral au tableau et après, les élèves s’installent où ils veulent dans l’école parce qu’il y a tellement d’endroits propices pour travailler, que ce soit dans les corridors, dans les gradins ou dans la salle à dîner», précise Nathalie Viau, enseignante de cinquième année.

Une première «vraie» école pour plusieurs

Pour de nombreux élèves, c’est d’ailleurs la première fois qu’ils ont accès à une «véritable» école, alors qu’un problème de structure de l’ancienne école avait forcé ces derniers à être relocalisés au centre communautaire de Maskinongé au cours des dernières années.

La différence entre les deux endroits est évidemment tout un contraste pour ces derniers.

Maélie Gagnon et Charlie Casaubon sont heureuses d'avoir pu intégrer les nouveaux locaux avant leur départ pour le secondaire.

Mais pour Maélie Gagnon et Charlie Casaubon, deux élèves de sixième année qui avaient déjà fréquenté les lieux avant le changement de vocation en Lab-École, la différence est tout aussi grande.

«C’est plus stimulant et on a plus de place et plus de nouvelles choses à voir», explique Charlie qui fait notamment référence aux salles de classe flexibles et plus grandes qu’auparavant, en plus des espaces de travail à l’extérieur des classes.

«Moi, j’aime vraiment le gymnase et la cuisine, parce que le gymnase a un plafond haut donc peu faire plusieurs sports et la cuisine est plus grande et on peut faire toutes les recettes qu’on veut», souligne pour sa part Maélie.

Les sports d’hiver à l’honneur

Par ailleurs, en plus du volet agroalimentaire, le Lab-École privilégie également un mode de vie actif. Et à Maskinongé, c’est par le biais des sports d’hiver que cet aspect est mis en valeur.

Ainsi, l’initiation à la raquette, le patin et le ski de fond sont enseignés pendant tout le parcours scolaire des élèves de l’endroit.

Les sports sont à l'honneur dans le nouveau Lab-École.

Et si tout semble rouler comme sur des roulettes pour les enseignants et les élèves du nouveau Lab-École, l’aventure de s’arrête pas là. Dès le mois d’avril, des chercheurs se rendront sur place afin de déterminer si l’environnement physique a réellement un impact sur le bien-être des élèves et du personnel.

Mais déjà, les résultats semblent se faire sentir. «Je pense qu’il y a déjà une différence. Je trouve qu’il y a moins de conflits parce qu’ils ont plus d’espace et dans la cour d’école, on a pu faire des zones aussi ce qui permet d’avoir moins de conflits», conclut la TES Sophie St-Louis.

Amélie Houle

Amélie Houle, Le Nouvelliste

Amélie Houle pratique le journalisme depuis 2017 au Nouvelliste. Véritable touche-à-tout, elle se concentre notamment sur les faits divers, les sujets d'actualité et la section jeunesse.