Zone Une forêt à connaître

Mieux connaître les insectes ravageurs pour protéger les forêts

RIMOUSKI – Les spécialistes du Centre de foresterie des Laurentides (CFL), qui est l’un des établissements de recherche du Service canadien de la forêt situé à Québec, étudient l’environnement forestier pour mieux le comprendre et le connaître. Pour protéger nos forêts, ils développent notamment des procédés de lutte contre les insectes ravageurs et de résistance aux maladies.

«Il y a plusieurs insectes ravageurs au Québec, souligne la directrice des écosystèmes forestiers du CFL, Caroline Rochon. La tordeuse des bourgeons de l’épinette et l’agrile du frêne sont des insectes qu’on essaie d’étudier pour mieux les contrôler et pour s’assurer qu’ils détruisent moins nos forêts.»

Pour y arriver, les chercheurs doivent étudier les génomes des insectes forestiers. «La génomique, c’est une façon d’étudier les organismes, explique le chercheur scientifique en génomique des insectes ravageurs forestiers au CFL, Michel Cusson. On s’aperçoit qu’il y a plusieurs individus qui sont, en apparence, identiques. Mais, lorsqu’on étudie leurs génomes, on s’aperçoit que ce sont des espèces différentes. Cette connaissance-là peut permettre de mieux cibler les interventions qu’on fait en termes de lutte biologique.»

Une forêt à connaître

Tordeuse des bourgeons de l’épinette: la lutte se poursuit

RIMOUSKI – Le Québec est frappé par une épidémie de tordeuse du bourgeon de l’épinette depuis une dizaine d’années. L’insecte ravageur s’attaque principalement à l’est de la province. Afin de protéger les forêts publiques, le gouvernement du Québec confie le mandat à la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) de réaliser des pulvérisations aériennes.

«On est dans une période forte», signale le directeur de la foresterie et de l’environnement de la SOPFIM, Alain Dupont. Mais, l’épidémie n’a rien de comparable à la précédente, qui était apparue vers 1975. L’étendue ravagée à l’époque était évaluée à 32 millions d’hectares, tandis qu’actuellement, l’infestation s’étend sur quelque 7 millions d’hectares.

«La forêt a changé, explique M. Dupont. Les aménagements ont porté fruit. On n’a pas une épidémie qui s’est développée de façon synchrone dans toutes les régions, comme c’était le cas lors de l’épidémie précédente. Là, elle est principalement au Saguenay-Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord, au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.

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Extraire chaque molécule de l’arbre

Tous reconnaissent l’importance du secteur forestier dans l’économie. L’aménagement durable, l’environnement et la biodiversité sont autant de sujets abordés à l’automne dans cette série d’articles du Groupe Capitales Médias : «Une forêt à connaître». Mais, que sait-on des nouvelles technologies qui permettent de produire davantage, tout en utilisant moins d’arbres? Des innovations visant à optimiser la ressource? De la contribution du milieu forestier à la lutte aux changements climatiques? Des spécialistes et des acteurs de l’industrie ont beaucoup à partager afin de mieux faire connaître la forêt, qui représente presque la moitié de la superficie totale du Québec (7e de 10).

MATANE — «La forêt, c’est notre ressource principale. Notre vie et notre industrie sont basées sur la forêt. La technologie, c’est au coeur de notre mission, c’est ce qui nous anime. Quand on coupe un arbre dans la forêt, il faut aller chercher chaque molécule de l’arbre. C’est la façon dont on pense. C’est une quête constante.»

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Des technologies pour valoriser l’industrie papetière

MATANE – Innofibre développe des nouveaux produits à partir des pâtes et papiers. Le centre de recherche de Trois-Rivières se spécialise notamment dans le bioraffinage. Son expertise porte principalement sur les conversions thermochimiques de la biomasse pour en faire de la bioénergie, des biocarburants et du biocharbon.

«On valorise toutes sortes de biomasse, que ce soit la biomasse forestière, agricole ou algale», souligne le directeur de l’organisme de recherche, Jean-Philippe Jacques. On essaie toujours d’en sortir le meilleur de chaque résidu organique que nous trouvons.» Avec la biomasse de moins bonne qualité, il est possible de faire du biocharbon. «On peut l’activer et ça peut être utile à l’extraction de l’air et à la filtration de l’eau, explique l’enseignant-chercheur d’Innofibre, Martin Dubé. Pour le plastique, on peut utiliser un biocharbon qui va remplacer une résine qui vient du pétrole.»