Caroline Rochon est directrice des écosystèmes forestiers du Centre de foresterie des Laurentides.

Mieux connaître les insectes ravageurs pour protéger les forêts

RIMOUSKI – Les spécialistes du Centre de foresterie des Laurentides (CFL), qui est l’un des établissements de recherche du Service canadien de la forêt situé à Québec, étudient l’environnement forestier pour mieux le comprendre et le connaître. Pour protéger nos forêts, ils développent notamment des procédés de lutte contre les insectes ravageurs et de résistance aux maladies.

«Il y a plusieurs insectes ravageurs au Québec, souligne la directrice des écosystèmes forestiers du CFL, Caroline Rochon. La tordeuse des bourgeons de l’épinette et l’agrile du frêne sont des insectes qu’on essaie d’étudier pour mieux les contrôler et pour s’assurer qu’ils détruisent moins nos forêts.»

Pour y arriver, les chercheurs doivent étudier les génomes des insectes forestiers. «La génomique, c’est une façon d’étudier les organismes, explique le chercheur scientifique en génomique des insectes ravageurs forestiers au CFL, Michel Cusson. On s’aperçoit qu’il y a plusieurs individus qui sont, en apparence, identiques. Mais, lorsqu’on étudie leurs génomes, on s’aperçoit que ce sont des espèces différentes. Cette connaissance-là peut permettre de mieux cibler les interventions qu’on fait en termes de lutte biologique.»

Michel Cusson est chercheur scientifique en génomique des insectes ravageurs forestiers au Centre de foresterie des Laurentides.

Les biotechnologies ouvrent la porte à l’utilisation de diverses méthodes visant à mettre au point de nouvelles approches de protection des forêts contre les ravageurs. L’une de ces biotechnologies est de transformer génétiquement les plantes pour les rendre résistantes à des insectes ou à des maladies. Mais, cette approche rencontre des problèmes d’acceptabilité sociale.

Pour son collègue Christian Hébert, il ne faut pas perdre de vue que la mission du Centre de foresterie est avant tout orientée vers le développement durable. «On tente, à travers nos recherches, de mieux concilier des volets économiques et environnementaux dans l’utilisation des ressources naturelles, avance le chercheur scientifique en écologie et diversité des insectes. Le développement durable, c’est de permettre la récolte d’arbres pour faire des produits forestiers, tout en s’assurant qu’on n’ait pas d’impact à long terme sur les écosystèmes. Nous, on le fait par l’étude de la biodiversité. Comme entomologiste, j’utilise les insectes comme baromètre de l’état des milieux.»

Christian Hébert est chercheur scientifique en écologie et diversité des insectes au Centre de foresterie des Laurentides.

Depuis plusieurs années, la tordeuse des bourgeons de l’épinette gruge donc l’attention des scientifiques. «Quand on protège les sapins et les épinettes contre la tordeuse, on préserve la forêt qui rend des services écologiques, soutient Michel Cusson. C’est aussi parce qu’on veut permettre à l’industrie forestière de continuer à vivre, à fonctionner, à avoir du matériel à récolter. La génomique et les biotechnologies assurent cet équilibre-là.»

Un chercheur récolte un échantillon dans un piège à impact sur les îles de Mingan.
Largage d’échantillons d’ADN d’insectes sur un gel d’agarose.