L’aménagement forestier s’inscrit dans un contexte de planification à long terme. Les décisions prises aujourd’hui auront des effets sur la forêt de demain.

Des stratégies pour des forêts résiliantes aux changements climatiques

Ces derniers mois, nous vous avons présenté l’état des lieux, l’aménagement, l’exploitation contrôlée, les nouvelles technologies et la main-d’œuvre de l’industrie forestière du Québec. Comme celle-ci s’adapte aux réalités d’aujourd’hui, le Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles en mettant l’accent, cette fois, sur les changements climatiques et sur l’innovation dans le secteur forestier. 12e de 15. Prochain rendez-vous: le 25 mai

MATANE – L’aménagement forestier s’inscrit dans un contexte de planification à long terme. Les décisions prises aujourd’hui auront des effets sur la forêt de demain. Or, les changements climatiques posent de nombreux défis sur les décisions visant à rendre nos forêts plus résiliantes.

Pour Jean-François Boucher, il faut agir sur trois plans: 10) diminuer les gaz à effet de serre (GES); 20) absorber les émissions de GES; 30) s’adapter. «Les décisions doivent contenir les trois volets en même temps», soutient le professeur en écoconseil de l’Université du Québec à Chicoutimi. 

«On a surtout tendance à réfléchir à l’adaptation aux changements climatiques, continue-t-il. Mais, l’adaptation sans l’atténuation, c’est l’équivalent d’une fuite vers l’avant parce qu’on ne finira jamais de s’adapter.» Selon lui, l’adaptation requiert des investissements locaux qui rapportent localement, tandis que l’atténuation exige des investissements globaux qui rapportent globalement. «Même si on faisait tous les efforts […] au Québec pour atténuer les changements climatiques, mais qu’ailleurs dans le monde, il n’y a aucun effort […] qui est fait, le retour sur l’investissement sera très faible pour le Québec», prédit l’expert en biologie forestière.

Le professeur croit qu’il est possible de diminuer les GES, notamment par les efforts des usines de transformation et surtout par l’utilisation de produits générés par la forêt. «Il faut augmenter la quantité des produits du bois de longue durée de vie dans les bâtiments et les infrastructures», recommande M. Boucher.

Par ailleurs, celui qui est également professeur associé des sciences du bois et de la forêt à l’Université Laval déplore qu’on parle peu, au Québec, de la capacité d’absorption des GES. «C’est là que l’aménagement forestier prend tout son sens», estime Jean-François Boucher, qui souhaite que les planifications forestières puissent favoriser une plus grande séquestration du carbone ainsi qu’une utilisation accrue des produits du bois et de la bioénergie.

Au chapitre de l’adaptation, les principaux aléas climatiques à analyser, selon lui, sont les changements dans les perturbations naturelles, l’augmentation de la chaleur et les changements dans les précipitations.