Éric Desaulniers, directeur général des Fonds local de solidarité (FLS), en compagnie de Luc Pinard, président directeur général de Fonds régionaux de solidarité FTQ, estiment qu’un FLS peut accélérer la croissance économique d’entreprises régionales.

Les Fonds locaux et régionaux de solidarité développent le Québec

L’un des objectifs historiques du Fonds de solidarité FTQ demeure le développement économique du Québec sur son immense territoire, et il a pour cela développé des outils. Parmi eux, les Fonds locaux de solidarité (FLS) et les Fonds régionaux de solidarité (FRS) destinés à soutenir les entreprises en démarrage ou lors d’un transfert de propriété ou d’une phase de croissance. Les deux fonds sont dotés de 175 millions $ environ.

Kamouraska, Les Chenaux, Saint-Félicien, Les Moulins, La Matanie, Les Sources… depuis le début de l’année, six nouvelles MRC se sont dotées d’un Fonds local de solidarité et d’autres annonces de ce type devraient suivre dans les prochaines semaines, voire les prochains mois.

«Le Québec compte 108 MRC et aujourd’hui 79 d’entre elles ont un FLS, rapporte le directeur général des FLS, Éric Desaulniers. Potentiellement, nous pouvons donc encore en créer 29.»

Les FLS vivent en effet une grande phase de développement depuis l’été dernier, alors que le gouvernement du Québec a débloqué 3,5 millions $ pour déployer le réseau dans les régions non couvertes jusqu’à maintenant. Ce levier de développement économique est né en 1991 d’un partenariat entre le Fonds de solidarité FTQ et la Fédération québécoise des municipalités (FQM). Il est doté de 86 millions $ de la part du Fonds de solidarité FTQ et de 24 millions $ de la part des partenaires locaux, FQM et MRC. Depuis 27 ans, il a permis de soutenir plus de 4400 petites et moyennes entreprises et de créer ou maintenir près de 35 400 emplois.

«Le Fonds de solidarité a injecté de l’argent au départ et en réinjecte régulièrement, explique M. Desaulniers. C’est à nous ensuite et aux MRC, de le gérer. Une entreprise peut obtenir jusqu’à 100 000 $, qu’elle a cinq ans pour rembourser. Chaque année, elles sont environ 370 à recevoir de l’argent. Dans 30 % des cas, il s’agit d’un démarrage et dans 35 % des cas, d’un transfert de propriété. Nous intervenons pour garder la propriété des entreprises au Québec. Cela dit, il s’agit souvent de toutes petites organisations. Souvent des services, des petits commerces, un petit artisan. Un service qui disparaît dans une petite communauté, c’est souvent dramatique pour la population.»

Chaîne d’investissement

Lorsque les entreprises ont besoin de plus de 100 000 $, elles peuvent alors faire appel au Fonds régional de solidarité. Implanté dans les 17 régions administratives du Québec, il offre des financements pouvant aller jusqu’à 3 millions $.

«Ces deux outils font partie de la chaîne d’investissement du Fonds de solidarité FTQ, explique Luc Pinard, président-directeur général des Fonds régionaux. Il y a les Fonds locaux d’abord, les fonds régionaux ensuite et puis, pour les investissements de plus grande ampleur encore, le Fonds de solidarité en lui-même. Parallèlement à cela, il y a aussi le Fonds immobilier.»

Contrairement aux FLS, les FRS fonctionnent seuls, en parfaite autonomie. Chacun d’eux compte trois ou quatre employés, qui analysent les dossiers. Les critères de sélection portent principalement sur la force du management, la solidité financière, la capacité d’innovation et, lorsqu’il s’agit d’un transfert de propriété, sur la relève. Les Fonds régionaux financent une centaine d’entreprises par an pour une somme totale de 85 millions $, remboursable sous 10 ans maximum.

«La plupart des entreprises remboursent sous cinq à six ans, note M. Pinard. La moitié de nos investissements va au secteur manufacturier, et nous soutenons également les entreprises de services, la distribution et l’industrie de la construction.»

Un dossier sur cinq environ est accepté. Ceux qui sont refusés le sont souvent parce que le plan d’affaires n’est pas assez approfondi. Les entreprises ont alors la possibilité de refaire leurs devoirs et de déposer une nouvelle demande de financement.

Un Fonds pour la MRC de Kamouraska

La MRC de Kamouraska est la dernière à s’être dotée d’un Fonds local de solidarité (FLS). L’annonce en a été faite il y a tout juste un mois. Celui-ci est doté de 900 000 $, 750 000 $ en provenance du Fonds de solidarité FTQ, 100 000 $ de la FQM et 50 000 $ de la MRC.

Dans un communiqué publié à l’époque, le préfet de la MRC, Yvon Soucy, affirmait que, grâce à ce nouveau partenariat, les entrepreneurs de son territoire auraient maintenant accès à un levier supplémentaire pour les soutenir dans le développement de leur entreprise, et qu’il s’agissait donc, assurément, d’une excellente nouvelle.

Quant aux FRS, ils poursuivent eux aussi leur expansion en s’ancrant de plus en plus finement sur le territoire. Un bureau a récemment été ouvert à Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean.

À cette occasion, M. Pinard rappelait que les FRS offrent des solutions d’affaires personnalisées, en prêt ou en capital-actions.

«Chaque produit est élaboré en tenant compte des caractéristiques de l’entreprise et de la réalité économique régionale, explique-t-il. Sans garantie de l’entreprise ni caution personnelle, les prêts des FRS sont exempts de frais juridiques et de frais de gestion, et s’inscrivent en complément du financement offert par les institutions financières traditionnelles.»

Un outil qui donne des résultats. Éric Desaulniers raconte qu’en 1996, les FLS ont investi 50 000 $ auprès de trois entrepreneurs qui lançaient une entreprise à Mont-Joli. Parmi ceux-ci, Bois-BSL, une compagnie de transformation du bois devenue leader dans son domaine et un joueur majeur dans l’économie du Bas-Saint-Laurent.

«Quand on investit dans une entreprise, souvent, elle accélère sa croissance par la suite, souligne Éric Desaulniers. Ça veut dire plus d’emplois créés ou sauvegardés. Les deux fonds ont un réel impact sur l’économie locale et régionale.»

Il rappelle que la mesure gouvernementale visant à déployer le réseau des FLS demeure en vigueur jusqu’au 31 mars 2019 et que, jusque-là, tout sera mis en œuvre pour doter de cet outil, toutes les MRC qui manifesteront de l’intérêt.