Chantale Tessier, Andrew Bureau, Éva Thivierge et Katty Tessier.
Chantale Tessier, Andrew Bureau, Éva Thivierge et Katty Tessier.

Les soins infirmiers dans le sang

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Quand les membres de la famille de Chantale Tessier se réunissent, il faut bien peu de temps pour que le sujet de discussion s’oriente vers le domaine de la santé. Rien de plus normal, car Mme Tessier et sa sœur Katty exercent le même métier. Comme leur mère Éva Thivierge l’a été durant plus de 25 ans, elles sont infirmières. Et dans deux ans, une troisième génération de soignants verra le jour avec l’arrivée sur le marché du travail d’Andrew Bureau, le fils de Chantale.

Le métier d’infirmière occupe beaucoup de place dans l’actualité des dernières semaines en raison de la pandémie de COVID-19. Manque de personnel par ci, longues journées de travail par là, la profession vit des heures difficiles, à l’instar d’autres domaines. Cette situation n’enlève rien à la passion de Chantale Tessier pour son travail, elle qui est infirmière assistante au CHSLD du centre Christ-Roi de Nicolet.

«On entend tellement de commentaires à la télévision, avec les ministres au fédéral et au provincial. Dans mon travail, on prend ça au jour le jour. Pourquoi s’inquiéter? On donne les meilleurs soins qu’on peut donner. On a un travail à faire et on le fait. Ça fait partie de notre professionnalisme. J’ai toujours aimé être auprès des patients, des résidents. J’aime prendre soin des gens et ça n’a pas changé avec les années. Et le rôle des infirmières est encore plus important actuellement. On est parmi les seules personnes qui voient les résidents. Un petit sourire, un petit bye, bye, donner à manger à une personne qui ouvre les yeux des fois et te reconnaît. En CHSLD, on connaît nos gens, ils ont une vie, ils ont travaillé fort. C’est gratifiant.»

Celle qui voulait être policière à l’origine a finalement bifurqué vers les soins infirmiers après avoir reçu les conseils de son orienteur... et s’être nourrie de l’influence de sa mère, raconte l’infirmière ayant 30 ans d’expérience.

«Ma mère a commencé à l’hôpital Sainte-Marie (de Trois-Rivières) en pédiatrie. Elle a travaillé longtemps à l’hôpital Saint-Joseph (de Trois-Rivières) en chirurgie. Elle a poursuivi sa carrière aux soins palliatifs. J’ai fait des stages d’étudiantes sur son étage à Saint-Joseph! Elle m’a transmis son métier. Elle me disait : ''Chantale, continue ton cours, tu vas être autonome en tant que femme''.»

Sa sœur, Katty, avait entrepris des études collégiales en sciences de la santé (aujourd’hui sciences de la nature). Peu de temps après, elle a décidé d’étudier en soins infirmiers. Elle est infirmière depuis 30 ans elle aussi. L’influence de sa mère a joué un rôle dans son orientation professionnelle.

«On la voyait travailler, elle aimait ça et elle n’a jamais dénigré son travail. Il y a des gens qui dénigrent leur travail, mais pas elle. Elle aimait ça.»

Katty Tessier est infirmière de nuit à l’urgence du Centre Avellin-Dalcourt de Louiseville. Malgré les années qui passent et la pandémie de coronavirus, elle aime toujours autant sa profession. «Le goût de prendre soin du monde, ça ne change pas, malgré la COVID-19.»

Andrew Bureau travaille comme préposé aux bénéficiaires dans un établissement de Sainte-Anne-de-la-Pérade. Il reprendra ses études en soins infirmiers à l’automne avec l’objectif d’obtenir son diplôme en mai 2022.

«M’occuper des gens, c’est ma passion. Ce n’était pas mon premier choix quand j’étais plus jeune. J’entendais ma grand-mère, ma mère et ma tante raconter ce qui se passait à l’urgence. Je ne trouvais pas ça toujours cool, mais j’ai vu un orienteur qui m’a dit que c’était un bon choix. Je lui ai raconté que c’était de famille. J’ai commencé mes études et ça a été la piqûre. Ma grand-mère est une belle inspiration», confie Andrew, qui ajoute recevoir beaucoup d’encouragements de la part des infirmières travaillant au même établissement.

Éva Thivierge est heureuse de voir que la passion du métier atteint une troisième génération.

«J’ai eu un très beau métier. J’ai toujours aimé ma carrière, j’ai toujours aimé le soin des malades. C’était mon but dans la vie. J’étais contente de voir que les enfants font pareil. Elles m’ont entendue parler de mon métier. En faisant le même métier, on discute entre nous. C’est une fierté.»