Yves Lafrenière et Richard Guimont du cabinet de services financiers de la SSQ.

Les fonds distincts des assureurs

Lorsqu’ils pensent à faire des placements pour leur retraite, de nombreux épargnants se tournent vers les institutions bancaires, les conseillers en placements du secteur privé, mais rare sont ceux dont le réflexe leur fait dire : «Je devrais appeler ma compagnie d’assurance».

Ces entreprises qui gèrent des milliards ont l’habitude des placements. Ce n’est pas sans raison que leur nom comprend aussi les termes groupe financier, services financiers, ou d’investissements en plus du mot assurance.

Elles offrent les mêmes véhicules que les institutions bancaires pour la retraite, que ce soit les certificats de placements ou les fonds mutuels qui seront convertis en REER, FERR, REEE et autres. Mais il y a des particularités que la banque au coin de la rue n’offre généralement pas dans leur portefeuille de services.

«L’assureur vient offrir sensiblement les mêmes produits de placement selon le profil de l’investisseur, mais dans une approche plus sécurisante,» explique Yves Lafrenière, vice-président régional SSQ cabinet de services financiers. «Nous garantirons le capital d’un type de placement à hauteur de 75 % jusqu’à 100 % avec une prime de gestion. Un gestionnaire privé lui aussi aura une prime de gestion, mais il ne pourra pas garantir le capital de l’investisseur.»

La sécurité

Il s’agit donc d’une assurance sur la fluctuation du placement pour ce que les assureurs nomment les fonds distincts. Les institutions financières ne peuvent pas toutes vendre un fonds distinct, mais ce sont les compagnies d’assurance qui émettent ce type de fonds.

Pour un investisseur dans la trentaine qui place ses fonds pour une longue période, la fluctuation aura probablement moins d’importance et de conséquences. Pour la personne à quelques années de la retraite, perdre 10 % de son capital investi peut être lourd de conséquences.

Plus on approche de la retraite, plus les gens veulent stabiliser leur placement et se mettre à l’abri de la volatilité des marchés. Il n’y a pas de frais pour la garantie du capital à 75 %, mais un petit frais de gestion pour une garantie à 100 % qui représentent moins de 1 %.

Avec un placement de 100 000 $ dans un certificat garanti, le rendement sera aux alentours de 1,25 %, soit 1050 $ environ. S’il s’agit d’un placement en fonction de l’indice boursier, le rendement des dernières années montre une croissance de 7 %, ce qui aurait donné un rendement de 7000 $.

Capital garanti

«Si la bourse chute de 10 %, le placement ne vaudrait plus que 90 000 $, illustre M. Lafrenière. Avec un fonds distinct selon l’indice boursier, nous pouvons garantir le capital à 75 % ou à 100 % avec une prime de gestion de moins de 1 %, (entre 500 $ et 1000 $) pour assurer son capital.» Alors s’il y a une baisse de l’indice boursier de 10 %, l’investisseur conserve son capital, moins les frais de gestion. Et si l’indice grimpe de 10 %, son rendement diminuera très peu à cause des frais de gestion.

Richard Guimont, conseiller en sécurité financière SSQ cabinet de services financiers, précise que le fonds distinct comporte la protection de désigner un bénéficiaire avec l’avantage d’assurer un transfert rapide des fonds au bénéficiaire en règlement de succession si le détenteur meurt et le fonds est insaisissable par d’éventuels créanciers.

Il rappelle que les fonds communs de placement vendus dans le réseau des institutions financières ne sont pas couverts par l’assurance­-dépôts de la Société d’assurance-dépôts du Canada, mais seulement les certificats de dépôt et les dépôts dans un compte bancaire jusqu’à concurrence de 100 000 $.

Pour les compagnies d’assurance, les dépôts sont assurés par une autre institution qui se nomme Assuris Canada et qui couvre les contrats d’assurance et les fonds distincts. L’argent des placements ne partira pas en fumée.

Les compagnies d’assurances offrent donc des services de conseils financiers et de planification financière que ce soit pour la retraite ou d’autres projets.