L'animateur d'ICI Première, Guillaume Dumas

Guillaume Dumas: de la finance... au micro

Ce sont des professionnels passionnés. Leur formation spécialisée enrichit leur carrière et influence leur parcours. On y constate chez ces personnes une belle et heureuse dualité créative. Découvrez aujourd’hui le portrait d’un journaliste sportif devenu animateur respecté qui a voulu comprendre le monde de la finance. 4e de 5. Prochain rendez-vous: le 14 février.

Les gens l’ont lu dans Le Soleil, vu animer les bulletins de nouvelles à ICI Radio-Canada Québec, et maintenant on peut l’entendre à ICI Première, en après-midi. Guillaume Dumas est sans aucun doute l’un des journalistes les plus connus à Québec. Mais peu de personnes savent que son parcours académique le menait non pas vers le journalisme, mais vers la finance.

Bien qu’il soit le fils de l’ancien journaliste sportif Maurice Dumas et frère du chroniqueur culturel Hugo Dumas, Guillaume n’avait pas comme simple ambition de poursuivre dans la lignée familiale.

«Ne sachant pas trop quoi faire de ma vie au cégep, j’avais plusieurs intérêts comme la finance, le droit. Je me suis dit : “Allons en finance”. À l’époque je me disais que c’est le genre de domaine où on aura toujours besoin de conseillers financiers. Je me suis donc inscrit à la Faculté des Sciences de l’administration à l’Université Laval., une décision que je n’ai jamais regrettée. »

Guillaume Dumas a développé son intérêt pour la finance grâce à son désir de comprendre le fonctionnement du système financier et tout ce qui en découle. Cette volonté de mieux cerner les forces qui dirigent la société lui sera utile dans sa future carrière de journaliste.

Alors qu’il était prédisposé à travailler en finance à la suite de son baccalauréat, il changera d’orientation à la suite d’une entrevue marquante.

«L’une des premières questions que le monsieur devant moi m’a posées c’est “aimes-tu ça toi les six chiffres”? Je n’ai pas compris la question, parce que ça ne représentait pas ce que je voulais faire dans la vie. Je ne courais pas après les gros salaires.»

Malgré son intérêt depuis longtemps dans tout ce qui concerne la gestion et la finance, Guillaume Dumas réoriente sa carrière pour se lancer en journalisme. Après un échec lors de sa première application pour un stage au Soleil, il s’en va exercer ce métier à Angoulême en France en tant que journaliste économique.

Ce poste, en plus de lui permettre de jumeler ses deux passions, lui apprend les rouages du métier. Au bout d’un an en France, il revient au Québec pour tenter sa chance au Soleil. Cette fois les choses fonctionnent pour Guillaume, qui entame une belle aventure de neuf ans dans le journal local, où il couvrira en particulier les sports.

Guillaume Dumas amorce sa carrière à Radio-Canada en 2011.

S’en suivra un départ pour Radio-Canada en 2011, qui lui permettra de devenir une des têtes d’affiche du réseau d’information dans la Capitale-Nationale.

Il deviendra chef d’antenne durant les fins de semaines pour ensuite se voir proposer un autre défi, celui d’animer l’émission du retour en après-midi.

Une passion toujours aussi présente

Malgré les années et les nouveaux défis du journalisme à l’ère du numérique. Guillaume Dumas conserve toujours la même passion qu’à ses débuts pour ce métier.

«Ce qui me passionne fondamentalement, c’est qu’on a accès aux gens qui prennent des décisions. On est une courroie de transmission entre les décideurs et les gens qui consomment cette information. On est là pour poser les bonnes questions au nom des contribuables qui sont imputables aux décisions politiques, économiques, etc. »

Si certains se questionnent sur la pertinence du journalisme à l’époque des médias sociaux, l’animateur radio estime que ce métier est essentiel plus que jamais.

«Je crois qu’à l’ère du numérique, c’est essentiel d’avoir des journalistes. Je déteste cette expression, mais à l’ère des fake news et du partage de textes sur Facebook que les gens ne lisent pas et ne questionnent pas sur la provenance de ceux-ci. On se questionne de moins en moins sur les sources d’informations, et ce partage abusif de fausses nouvelles les transforme en vérité et ça m’inquiète. »

L’importance du travail d’équipe

Même s’il est une tête d’affiche de son employeur, Guillaume Dumas persiste en disant que rien de tout ça ne serait possible sans le travail d’équipe.

«Ce qui m’épanouit le plus c’est le travail d’équipe derrière tout ça. Quand on est chef d’antenne ou animateur, forcément notre visage se retrouve sur des affiches, mais ce n’est pas du tout représentatif. On a des équipes qui travaillent fort, et cet esprit d’équipe est essentiel pour notre travail.»

Son parcours académique et professionnel a permis à Guillaume Dumas de toucher à plusieurs sphères de la société, nourrissant par le fait même sa grande curiosité.

Quand on lui demande, «comment conjuguer plusieurs passions dans la vie», Monsieur Dumas a une réponse toute simple.

«Lire: un mot, quatre lettres. On peut assumer un paquet de passions, mais l’important, c’est d’être bien ferré dans ses passions en se renseignant le plus possible. C’est certain que dans mon métier on va toucher à plusieurs aspects de l’actualité, mais je pense que ce désir d’en apprendre plus sur divers sujets est applicable pour tout le monde. »

La passion de Guillaume Dumas pour le soccer l'a amené à décrire les matchs de l'Impact, à Radio-Canada. Ici en compagnie d'Andrea Di Pietrantonio, Nick De Santis, Marie-Josée Turcotte, Claude Quenneville et Marc Durand.

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EN RAFALES

Entreprise...

Pantagonia, j’ai une admiration pour cette entreprise fondée par Yvon Chouinard, un Franco-Américain. Je trouve exceptionnel d’avoir réussi à fonder un empire tout en ayant des convictions. Il a décidé de lancer une entreprise de vêtements de qualité, qui — oui, sont plus chers —, mais qui sont faits de fibre naturelle et où on verse une partie des revenus à des associations environnementales.

Ville...

J’aimerais être Paris, tout simplement. C’est mon amour pour cette ville. Je m’y sens un peu comme chez nous. J’adore son histoire, ce qu’elle dégage comme ville.

Livre...

Il y a un livre de Guillaume Vigneault qui m’a marqué et c’est Chercher le vent, son deuxième roman. Il y a quelque chose là-dedans qui me ressemble dans la mesure où je n’ai jamais eu de plan de carrière. Mais ce livre, c’est un peu ça, où le personnage se cherche pour au final décider de se laisser porter par le vent. Il y a beaucoup de métaphores qui s’appliquent à ma vie.

Sport...

Je suis un amateur de sports, mais si j’en étais qu'un seul, ce serait le soccer, car pour moi ça représente l’ultime sport d’équipe. À 11 contre 11, il est presque impossible de marquer seul en courant d’un bout à l’autre du terrain. C’est un jeu de construction, d’équipe, où il est essentiel de jouer avec les autres. C’est un jeu d’échecs sportif, et de par sa philosophie, c’est le sport qui me représente le mieux.

Personne inspirante...

Nelson Mandela. J’aime les gens avec des convictions, et qui ont été poussés par celles-ci et qui n’ont pas plié. J’ai passé un mois en Afrique du Sud en 2010, et de voir ce pays après l’apartheid et les impacts des convictions de monsieur Mandela sur la population, ça fait de lui le modèle ultime.

Rêve...

Je suis un gars de famille, je souhaite voir grandir mes enfants épanouis, accomplis et heureux.