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Planète vins

Le vin en solo

CHRONIQUE / Bien que le vin soit avant tout destiné au partage, en ces temps de confinement, on peut quand même en profiter. Certaines cuvées sont encore meilleures le lendemain alors il ne faut pas hésiter à ouvrir une bouteille et prendre le temps de la déguster pendant quelques jours. Le vin peut nous révéler sa poésie même en solo ou en solo pour deux. Ne laissons pas l’isolement faire place à la désolation, gâtons-nous!

On sait que le vin est vivant, donc sensible à la lumière et aux écarts de température. Idéalement, on le conserve au cellier ou dans un endroit frais qui affiche une température constante, à l’abri des rayons de soleil. Quand une bouteille est déjà ouverte, il est important de la refermer hermétiquement et de la conserver au frigo et non sur le comptoir, comme plusieurs le font avec les vins rouges. C’est simplement pour éviter les facteurs qui peuvent altérer le goût du vin. On pense notamment à l’oxydation et certaines bactéries qui n’auront pas l’occasion d’apparaître si la bouteille reste au frais à 5 °C, la température moyenne du frigo. Le temps de conservation varie selon les vins, certains blancs peuvent bien rester une semaine sans se détériorer et les vins rouges en moyenne 3-4 jours. On n’a qu’à sortir la bouteille quelques minutes avant le service pour assurer une bonne température.  

Planète vins

Douceur, plaisir et réconfort

CHRONIQUE / Toucher le nirvana avec l’accord parfait est probablement une des meilleures expériences sensorielles au monde mais en cette période incertaine et avouons-le un peu « surréaliste », le meilleur accord est celui qui rime avec douceur, plaisir et réconfort. Restons positifs et profitons de ce moment de répit involontaire pour passer du temps de qualité en famille, revisiter nos vraies valeurs et se faire plaisir en cuisinant de bons petits plats ou en commandant un vrai festin de notre resto préféré. Et surtout, buvons ce qu’on aime!

Réconfort…

Le chardonnay est l’un des cépages les plus polyvalents de la planète vin. S’adaptant à son terroir et au climat qui le voit s’épanouir, il peut tout autant s’exprimer dans une vivacité minérale et saline, sur des notes de pommes vertes et d’agrumes, qui nous envoûte par des saveurs veloutées de fruits blancs et de beurre, dépendant de la façon dont il a été vinifié et élevé, en cuve inox ou en barrique. Qu’il nous donne de sa fougue ou de sa rondeur, il est toujours réconfortant.

Planète vin

Éloge du riesling

CHRONIQUE / Si le mot riesling évoque encore pour vous des souvenirs désagréables de vins allemands de masse, médiocres et trop sucrés, il est temps de faire progresser et triper vos papilles en découvrant la grande diversité aromatique que ce cépage noble peut offrir.

Mais avant de faire l’éloge du riesling, j’aimerais faire les louanges de ma très talentueuse collègue Caroline Chagnon qui a signé de plume de fée cette chronique pendant toutes ces années et que je félicite de sa passion et de sa détermination à naviguer vers de nouvelles expériences. Quant à moi, après avoir parcouru la planète pour écrire Routes des Vins dans le Monde - 50 itinéraires de rêve, publié cet automne aux Guides Ulysse, je termine mon niveau Diploma en sommellerie (WSET4) et c’est avec ferveur que je reprends le flambeau pour vous partager mes découvertes et mes expériences de sommelière aventurière.

Qui dit riesling dit nuances 

Le riesling est en tête de liste des cépages blancs parmi les plus fins et les plus complexes de la planète vin avec en plus la caractéristique d’avoir un grand potentiel de vieillissement. Outre la complexité des notes aromatiques que peut présenter un riesling qui a de l’âge, le cépage s’affiche déjà en jeunesse avec une signature olfactive unique qui va des fleurs blanches au rayon de miel et à une variété d’expressions minérales souvent teintées de notes pétrolées. En bouche, on trouve une acidité vive qui rappelle celle de la lime ou du citron Meyer, se déclinant sur les fruits à noyau comme l’abricot et la pêche blanche, voire même jusqu’à l’exotisme de l’ananas, selon les styles.  

Si on imagine parfaitement notre verre de riesling avec une raclette ou une fondue au fromage, il accompagne merveilleusement les huîtres et le saumon fumé en entrée, tout autant que les poissons, les sushis et la choucroute, un accord alsacien classique. Si vous avez envie de faire différent, essayez un coq au vin au riesling, un plat du terroir que l’on sert accompagné de nouilles spätzle. 

Origine et encépagement

Si 40 % des vignes proviennent de leur berceau d’origine en Allemagne, le riesling est aussi le cépage roi de l’Alsace et il s’épanouit de façon admirable dans les vignobles autrichiens et en haute altitude sur les sols d’ardoise de l’Alto Adige en Italie. On en trouve aussi en Europe de l’est et dans plusieurs pays du Nouveau Monde, incluant l’Australie et les États-Unis, notamment dans l’État de Washington où le Château Ste. Michelle collabore depuis plusieurs années avec le réputé Ernst Loosen de la Moselle en Allemagne pour leur gamme Eroica. Plus près de chez nous, le riesling a été le premier vinifera planté dans les Finger Lakes, dans l’État de New York et ensuite dans la région du Niagara en Ontario, en 1974.  

Pour faire naître l’amour du riesling!

Amusez-vous à comparer un riesling d’Alsace avec deux rieslings allemands de régions différentes, et un riesling du Niagara. On trouve plusieurs niveaux de sucrosité dans les rieslings, ceux présentés ici sont secs ou trocken (en allemand), Quälitatswein est une certification de qualité.

Axel Pauly Tres Naris Riesling Mosel 2017 

22,40 $ • 14147601 • 11,5 % • 7,8 g/l • Trocken • Quälitatswein 

À la vôtre

Un dernier tchin-tchin !

CHRONIQUE / C’est avec le trémolo dans le clavier que j’écris la dernière page de ce chapitre. Le monde du vin est vaste, et je pars trinquer à d’autres aventures. Voilà, je vous lève mon verre après ces cinq magnifiques années. Je n’avais que 15 ans que j’étais déjà une lectrice fidèle du magazine Cellier. C’était les belles années où Marc Chapleau était rédacteur en chef. Je dévorais alors chaque édition du début à la fin, captivée par ses entrevues et ses reportages sur les régions viticoles du monde. Je dirais que c’est probablement ce qui a tout déclenché. Je me suis dit qu’un jour je ferais comme Marc, que j’irais à la rencontre des vignerons pour connaître leur histoire et leurs vins, pour ensuite les raconter avec mes mots.

Bien avant que j’eus cru ce rêve possible, j’apprends que La Tribune n’avait plus de chroniqueuse vin. Après quelques pieds et quelques mains (je n’étais encore qu’une étudiante en sommellerie, après tout!), Maurice, le rédacteur en chef, accepte de me laisser signer 500 mots chaque semaine dans ses pages. 

Depuis ma première chronique, ma philosophie du vin a grandement évolué. Je suis remplie de gratitude envers ces cinq exceptionnelles années où j’ai eu la chance de me forger au fil des dégustations, des voyages et des rencontres avec des vignerons passionnés. Je n’aurais pu espérer plus belle expérience professionnelle. Je pars le cœur gros et la tête prête. La décision de voguer vers d’autres défis professionnels me revient. Ne vous inquiétez pas, la passion du vin est toujours bien présente. Toutefois, je ressens le besoin ardent de l’incarner d’une autre façon. L’appel de la vigne se fait aujourd’hui plus fort que l’appel de la plume. Parfois, nos rêves d’hier cèdent la place à de nouveaux rêves.

Qu’adviendra-t-il de cette chronique, vous demandez-vous? Sachez qu’elle sera toujours présente, même heure, même poste, dans les pages de votre édition du samedi. C’est la très pertinente et pétillante autrice et chroniqueuse Natalie Richard qui prend le flambeau. Dotée d’un énorme bagage professionnel et académique dans le milieu des vins et spiritueux, elle saura vous partager ses découvertes viticoles avec passion et simplicité. Une perle, je vous le dis!

Merci à vous d’avoir suivi cette chronique. Merci à La Tribune et aux journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) pour votre confiance et pour être encore debout! Santé tout le monde!

À la vôtre

La Sicile et ses cépages autochtones

CHRONIQUE / La Sicile est assurément la région viticole italienne qui reçoit le plus d’attention ces dernières années. La récente revalorisation des cépages autochtones et la fascination pour les vins de volcans y sont certainement pour quelque chose.

Il y a belle lurette que la Sicile n’est plus l’île du vin en vrac et du vin fortifié marsala. Si les vins issus des sols volcaniques de l’Etna l’ont plus que jamais mis au goût du jour, son potentiel et sa diversité atteignent des sommets grâce à des terroirs exceptionnels et à des raisins locaux comme le nero d’avola, le frappato, le nerello mascalese, le carricante et le grillo.

Certains vignobles ont choisi de préserver ces cépages et de les cultiver — héritage et témoins d’une longue tradition de viticulture sicilienne. Des variétés qui sont, qui plus est, profondément adaptées à leur terroir, puisqu’elles ont su perdurer à travers les siècles au contexte climatique et topographique unique de la région.

Des vignerons comme Gulfi, Arianna Occhipinti ou COS, s’inscrivant à contre-courant des vins chauds et costauds que nous a souvent servi la région, démontrent une facette digeste et rafraîchissante de la Sicile. D’autant plus que la mise en valeur de ces cépages qui font la richesse et la singularité de l’île, se fait à travers des pratiques hautement respectueuses de la nature.

Figure importante de la région, le Domaine Gulfi est passé maître dans la vinification du cépage nero d’avola. Il en tire des cuvées élégantes, profondes et empreintes de fraîcheur. Certifié bio depuis 2004, le vignoble est dirigé selon une philosophie basée sur la conservation et le respect de la nature. À ce propos, Matteo Catania, propriétaire de la maison, attire l’attention sur le fait « qu’ils ne sont jamais devenus bio ». Depuis la création du domaine dans les années 1990, la prémisse a toujours été de maintenir l’équilibre naturelle, et l’acquisition de la certification n’a rien changé à leur façon de travailler. Dans le même état d’esprit, le domaine a fait le choix de ne pas irriguer ses vignes.

Situé sur la DOCG cerasuolo di vittoria, Gulfi élabore une cuvée de ladite appellation dont il reste encore quelques bouteilles en SAQ. Je vous en avais vanté les mérites de cette cuvée composée à parts égales de nero d’avola et de frappato en novembre dernier. Du beau vin de soif! 

À la vôtre

Cidre, alors !

Le visage des cidres a beaucoup changé au Québec. Il y a de cela quelques années à peine, le rendez-vous annuel des amateurs de cidre — jadis le Mondial des cidres de Glace — se tenait à Rougemont, sous un grand chapiteau où les producteurs nous accueillaient derrière leur kiosque taillé à même la glace. Lentement, les termes cryoextraction et cryoconcentration ont fait place à sec, bouché, fermier, mutant profondément la fonction du cidre. Le faisant glisser du service du fromage à l’apéro. De produit de luxe à consommer parcimonieusement, le jus de la pomme fermenté québécois s’est repositionné comme une boisson décontractée et accessible.

De produit de niche qu’il était, il se fait de plus en plus adopter par le grand public, tant et si bien que les grandes chaînes de supermarchés et les restaurants lui laissent de plus en plus de place. De même, les brasseries voyant son potentiel se lancent dans la production de cidre.

Marc-Antoine Lasnier, président de l’Association des producteurs de cidres du Québec, affirme n’avoir jamais compté autant d’adhésions qu’aujourd’hui avec quelque 110 producteurs. « Les nouveaux joueurs sont nombreux et s’implantent différemment. Avant, c’était des producteurs agricoles qui voulaient valoriser leur matière première. Aujourd’hui, ce sont des passionnés, des gens d’affaires ou encore des experts de marques qui se lancent dans le cidre », constate-t-il.

Débarqués il y a quelques années à peine, ces nouveaux cidriculteurs ont brassé la cage de l’industrie. « Le coup de cœur des 2 dernières éditions du Mondial des Cidres parle de lui-même. La cidrerie Le Somnambule fait des essais expérimentaux et des trucs weird, et le consommateur aime ça. Il aime se faire surprendre », raconte Marc-Antoine, également cidriculteur de 4e génération et président de la Cidrerie Milton.

Et les cidriculteurs ne demandent pas mieux que de laisser libre cours à leur créativité. En fait, on aurait droit à davantage d’excentricité, si ce n’était du règlement actuel de la Société des alcools du Québec (SAQ). « La dénomination « cidre bouché » est hyper restrictive. On n’a droit qu’à trois déclinaisons de cidres bouchés. Non seulement le processus est lourd, mais on doit aussi, entre autres, se limiter à 7 % d’alcool et maintenir une certaine effervescence. » L’association, qui a récemment déposé une demande au gouvernement, revendique une loi plus permissive, en ce qui a trait au taux d’alcool, à l’effervescence et à la turbidité, notamment.

Le regroupement travaille également en ce moment à une sous-catégorisation des cidres qui devrait voir le jour l’automne prochain. Celle-ci servira à bien communiquer la diversité de ses produits aux consommateurs. Décidément, les cidres ont le vent dans les voiles!

La grande messe des cidres

De retour pour une 13e édition, le Mondial des cidres SAQ se tiendra du 28 février au 1er mars à la Grande-Place du complexe Desjardins de Montréal. Sur place, vos cidreries préférées et de nouvelles venues. L’événement est également une occasion de lancement de nouveaux produits pour les petits et gros producteurs. La traditionnelle nuit blanche du samedi soir, animée par Dj Abeille, accueillera une trentaine de fromageries et proposera des accords cidres & grilled-cheese. Nouveauté cette année : le brunch du dimanche matin où 100 participants prendront part à un festin de tapas préparé par Mélodie Momy de l’Épicerie urbaine Masson. 

Peur de manquer de cidre?

Rendez-vous au Darling, sur Saint-Laurent, le 27 février pour le Off-Mondial des Cidres. Ce sera l’occasion de découvrir Fleuri, la nouvelle gamme de cidres biologiques d’Alma, compagnie de cidre. Les jus de la Cidrerie Chemin des Sept, Somnambule et Choinière seront aussi de la partie, tout comme ceux de Fruktstereo, de Cyril Zangs et de la Cidrerie du Vulcain.

À boire!

Wild Wild Est 2019, Alma

La Compagnie de Cidre Alma récidive non pas avec une, mais deux versions de son cidre Wild Wild Est cette année! Issues de deux récoltes de pommettes sauvages, de Sutton et Trois-Pistoles, les deux cidres bruts pétillants seront en dégustation au Mondial des Cidres, en plus d’être disponibles dès maintenant dans les épiceries fines de Montréal.

À la vôtre

Quatre vins pour se faire plaisir

CHRONIQUE / Après les journées froides passées à l’extérieur, quoi de mieux que de se faire plaisir avec des cuvées digestes et réconfortantes.

SLOVÉNIE

Sauvignonasse 2018, Marjan Simcic
26,60 $ • 14214608
12,5 % • < 1,2 g/l Bio

Sauvignonasse, serait-ce un nouveau cépage? Il s’agit en fait d’un vieux cépage bordelais, autrefois appelé sauvignon vert, qui n’est désormais plus autorisé en France. Oublié par les uns, mais reconnu par les autres, il s’épanouit de nos jours en Italie, notamment dans le Frioul-Vénétie-Julienne, sous le nom de friulano, et en Slovénie, sous le pseudonyme de sauvignonasse. Son profil se démarque nettement du sauvignon blanc par une acidité moins tranchante et un aromatique plus posé.

D’abord fermenté avec des levures naturelles, le vin a ensuite reposé pendant six mois sur ses lies. Le nez délicat diffuse des notes florales et végétales, relevées par une touche de miel. La bouche présente une certaine tension minérale et un caractère qui surprend. Parfait pour vos casseroles de légumes d’hiver grillés mettant en vedette le chou de Bruxelles.

À la vôtre

2010 à 2020... une décennie de vin!

CHRONIQUE / Il y a 10 ans, les pastilles de goût soufflaient leur premier anniversaire, les achats sur SAQ.com n’existaient pas et la carte Inspire non plus. C’est d’ailleurs en 2010 qu’on a vu naître Instagram. Nous buvions alors sans l’aval des « vinfluenceurs ». Scandale! C’est aussi le temps où nous ne perdions pas tous nos moyens (et notre budget) devant une bouteille de vin orange. Ah, la belle époque? Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire!

Un peu comme on feuillette un album de finissants 10 ans plus tard, j’ai revisité nos habitudes de consommation de 2010, telles que compilées par notre société d’État.

C’est qu’on a bien changé depuis. Au début de la dernière décennie, les 10 vins les plus vendus en volume à la SAQ étaient tous rouges, à l’exception d’un certain rosé américain… le fameux Gallo! En tête du palmarès? Ni plus, ni moins que ce cher Merlot Grand Sud (1 litre, faut-il préciser), suivi du Fuzion argentin. Cette même année-là, les Québécois développèrent une forte idylle (en couple) avec un rouge californien qui sèmera plus tard la controverse (c’est compliqué) : le Ménage à Trois. Celui-là même qui déclenchait l’état de panique général, si par malheur les quantités s’épuisaient en magasin. C’était aussi l’époque où je portais le polo rouge de la SAQ, et où j’ai souvent suggéré en guise de consolation « un Apothic Red, parce que c’est presque pareil... »

Quant au vin blanc, il brillait par son absence du top 10. Vous étiez seulement 23 % à le choisir (contre 73 % en faveur du rouge). Heureusement, le vent a tourné en sa faveur, puisque 10 ans plus tard, vous êtes près de 35 % à le préférer, même si le rouge demeure grand favori.

Tellement qu’une décennie plus tard, un blanc trône au sommet de la liste des vins les plus vendus au Québec — le Kim Crawford. En seconde place, on trouve, l’indélogeable Liano rouge, suivi d’un autre blanc, le Splendido de Jessica Harnois.

Force est de constater que nous sommes plutôt conservateurs. Même si nos goûts ont considérablement évolué, notre appétit pour les vins français, lui, demeure indétrônable. Près d’une bouteille de vin tranquille sur trois achetée provient de l’Hexagone, aujourd’hui, tout comme il y a 10 ans. L’Italie et les États-Unis suivent dans des proportions très similaires à celles de l’époque. En fait, tout s’équivaut au pourcentage près, hormis l’Argentine qui a perdu beaucoup de parts de marché. Constance, constance…

Et, vous? Trouvez-vous que vos goûts ont évolués depuis 10 ans?


Vin

Champagne ou crémant ?

Sa royauté le champagne remporte certes la palme de la bulle spéculative et du pétage de broue, mais elle ne possède pas le monopole de la méthode traditionnelle. Ne s’appelle peut-être pas champagne qui veut, mais la technique, elle, est universelle et roule à plein régime aux quatre coins du monde!

« Champagne ou crémant? » demande Philémon Cimon à Fanny Bloom dans leur chanson À bicyclette. Il y a fort à parier que la belle lui a texté « Champagne ». Après tout, si on pouvait s’éclater au champagne et picorer le caviar tous les jours, on le ferait — simple façon de parler M. Hubert Sacy. Heureusement, entre le fantasme et la réalité, entre deux soirées à paillettes et papillons, il y a tout un monde de crémants!

C’est quoi un crémant?

Hors Champagne, le crémant s’impose comme l’autorité en matière de mousseux confectionnés d’après la méthode traditionnelle en France. Il peut être produit aux six coins de l’Hexagone : Bourgogne, Alsace, Loire, Die, Limoux, Savoie, Jura et Bordeaux — plutôt huit, tout compte fait.

Tout aussi doublement fermentés, les crémants sont soumis à des règles de vinification similaires à celles régissant le champagne, bien que chaque AOC possède un cahier des charges propre. Certes certains critères divergent, comme la durée d’élevage sur lie et les rendements, notamment.

Chaque crémant possède son individualité, laquelle lui est conférée par son terroir. Le sol, le climat, la pratique du vigneron, mais aussi les cépages locaux — chardonnay et pinot noir, bien sûr, mais aussi mauzac, poulsard, clairette, chenin, pinot blanc, jacquère et plusieurs autres —expliquent la grande diversité au sein de la famille des crémants. Et, faut pas se leurrer, le prix mérite toute votre attention, avec des options plus qu’intéressantes commençant sous la barre des 20 $. 

Des crémants de tous horizons

Ah, la Bourgogne! Rien de mieux pour vous sabrer un budget. Or, le crémant de bourgogne est définitivement l’un des meilleurs coups de la région. Les inconditionnels du champagne ne seront pas trop dépaysés, et ce, à une fraction du prix. D’abord parce qu’on est géographiquement très près de la Champagne, puis parce que le chardonnay et le pinot noir y sont les protagonistes. Trêve de dualités, de belles découvertes sont aussi à prévoir du côté du gamay et de l’aligoté. 

À l’est, le Jura offre des mousseux empreints de caractère qui valent sincèrement le détour. Majoritairement composés de chardonnay, ces crémants présentent un rapport qualité-prix-plaisir hors pair. 

Plus au sud, à Limoux dans la région du Languedoc, haut lieu de la naissance de la toute première bulle, le crémant de limoux se compose majoritairement de chardonnay et de chenin, mais aussi de mauzac et de pinot noir. 

La méthode traditionnelle ailleurs

Juste en France, on pourrait continuer ainsi avec les nombreux crémants, mais aussi les appellations vouvray, saumur et blanquette de limoux — proposant toutes des bulles issues de la méthode traditionnelle. 

En dehors, la méthode traditionnelle éclate les frontières, causant des dégorgements en série jusqu’au Luxembourg (crémant de Luxembourg), en Espagne (cava), en Italie (franciacorta, trento), en Angleterre, en Allemagne (quelques sekt), au Portugal, en Californie, au Canada… bref, dans pratiquement tous les pays producteurs.

Alors, champagne ou crémant?


Cava, Brut Nature Reserva, U Mes U Fan 

Tres Cygnus   

19,60 $ • 13566783 • 11,5 % • 3,1 g/l • bio • vegan

Joli cava non dosé — donc très sec — aux notes pâtissières évoquant la mélasse et la croustade aux pommes. C’est de bonne tenue avec une pointe d’amertume en finale. La bulle parfaite pour accompagner les derniers repas copieux du temps des Fêtes!


Vins

Les choix 2020 de Philippe Lapeyrie [VIDÉO]

Depuis neuf ans qu’il publie un guide des vins à son nom, Philippe Lapeyrie n’a jamais tourné les coins ronds. D’édition en édition, il a toujours pris garde d’éviter le piège de la répétition.

« Chaque année, c’est un Lapeyrie complètement renouvelé que je propose », résume le sommelier originaire de l’Estrie. 

La mouture 2020 de son recueil rassemble encore une fois ses coups de cœur au chapitre des rouges, des blancs et des rosés. Mousseux, champagnes et vins du Québec ont aussi leur chapitre consacré. « C’est simple, je mets dans le guide tout ce que j’ai aimé. Je salue ce qui est bon et je ne parle tout simplement pas des bouteilles que j’ai moins appréciées parce que dans la vie, moi, j’ai tendance à voir le verre de vin à demi plein », souligne-t-il en riant.  

« J’aime jouer les marchands de bonheur, poursuit-il. Je propose mes valeurs sûres, celles que je n’hésite pas à recommander, que les gens vont aimer et qui vont aisément se retrouver en SAQ. Comme mon guide ne contient pas de publicités, je suis complètement indépendant. Chaque bouteille dont je parle est soigneusement choisie et chacun de mes choix est assumé. Pour rédiger mon contenu, j’adore fouiller l’histoire des entreprises vinicoles. Je m’intéresse à toutes les petites anecdotes. Je raconte, par exemple, d’où vient le nom de telle ou telle cuvée. À travers cet exercice, je cherche à ramener le vin à échelle humaine, en quelque sorte. » 

Quelques tendances

Celui qui baigne dans l’univers vinicole depuis plusieurs années constate que le palais des Québécois s’affine. 

« Depuis une couple d’années, je remarque que les gens boivent moins sucré. Ils préfèrent les vins plus secs, qui contiennent moins de quatre grammes de sucre. » 

Les producteurs de vins biologiques voient aussi leurs cuvées gagner en popularité. 

« Ça suit les tendances alimentaires. Les gens mangent davantage de salade et de légumes, des sushis, du poisson, des plats végés. Ils font attention à ce qu’ils consomment, ils lisent les étiquettes. C’est normal que cette préoccupation se traduise aussi dans la coupe de vin. »

Résultat : les bons crus des petits vignerons artisanaux sont recherchés par un nombre grandissant de consommateurs. Les vins nature sont aussi davantage consommés, « mais ce sont des vins qui sont surtout vendus en importation privée et qui sont un peu plus fragiles parce qu’il n’y a pas d’ajout d’intrants. »

Dans tout ça, et toutes catégories confondues, les vins de France et d’Italie ont la faveur des consommateurs. 

« En SAQ, les vins français représentent 33 % des ventes et les vins italiens, 23 %. Comme quoi les classiques »

À la vôtre

Dix mousseux pour accueillir 2020

CHRONIQUE / La période la plus exaltante de l’année, où toutes les excuses sont bonnes pour boire des bulles, est enfin arrivée! En 2019, que des mousseux issus de la méthode traditionnelle se sont frayé une place jusque dans cette liste. Bien qu’il doive y avoir une petite déformation professionnelle derrière cela, il faut reconnaître que l’offre de cavas, crémants et champagnes est plus diversifiée et plus accessible que jamais. Place à la chronique la plus pétillante de l’année!

Cava gran reserva 2015, Brut Nature, Sumarroca
17,15 $ • 13408929
12 % • 3,2 g/l 

Une meth trad élevée un minimum de 36 mois sur lies, à moins de 20 $ et bio? Tout porte à croire que nous avons été très sages en 2019. Ce cava non dosé, à l’acidité bien tendue et à l’air salin, s’annonce plus-que-parfait pour lancer l’apéro. Une bulle à petit prix pas gênante du tout! 

À la vôtre

(S’) Offrir le vin en bouquin

CHRONIQUE / Chaque automne voit déferler son lot de bouquins sur le vin. Juste à temps pour les soirées passées près du feu et les cadeaux de Noël. Des lectures viniques à consommer en duo, c’est-à-dire vous et la tendre compagnie d’un bon verre de vin suggéré dans cette chronique!

Vivre de vin et de voyages

Un road trip combinant vin et surf, ça vous dit? Découvrir la région viticole émergente de la Moravie à vélo? Descendre les vignobles de la côte ouest dans une caravane, de Kelowna à Paso Robles? C’est ce que propose la sommelière, Natalie Richard, dans son nouvel ouvrage Routes des vins dans le monde — 50 itinéraires de rêve. Ce petit nouveau de la famille des guides de voyage Ulysse détaille 50 circuits viticoles sur 5 continents. Des itinéraires complets à durée variable — entre 2 et 7 jours —, impliquant des vignobles incontournables de la région, mais aussi des activités, des restaurants et des lieux à ne pas manquer. 

Le guide est bâti autour des grandes villes du monde, de sorte à jumeler facilement une excursion dans les vignobles à un voyage d’affaires, notamment. Natalie cite Londres en exemple : « Les gens ne se doutent pas qu’à seulement une heure de la capitale se trouvent certains des meilleurs effervescents du monde! ». Idem avec Tokyo. Une heure de train à peine, et vous voilà dans le merveilleux monde du saké!

Vous savez ce couple qui ne cessait de vous vanter son fameux week-end dans un château bordelais? Eh bien, le voyage viticole de rêve est désormais accessible, car ce livre démystifie l’oenotourisme une bonne fois pour toutes — ici, à Niagara, à 5 h de Montréal, ou en Géorgie, berceau du vignoble mondial. Que vous vouliez voyager en mode actif, romantique, familial, bio ou « nature », il y a une route pour chaque envie! 

D’ailleurs, surveillez la page Facebook de Routes des vins dans le monde — 50 itinéraires de rêve où seront annoncées successivement 50 soirées thématiques données à travers le Québec. Un bon moyen de préparer votre prochain voyage de prédilection, tout en dégustant des vins et des mets de la région!

34,95 $

Vin

Le renaissance d'un vignoble

Les amateurs de vins se rappellent l’onde de choc qui avait balayé le monde du vin canadien en 2016. Le Clos Jordanne, vignoble estimé du Niagara — qui produisait des pinot noir et des chardonnay de style bourguignon depuis 2007 — mettait un terme à ses activités après avoir essuyé quelques millésimes difficiles.

Il va sans dire que la nouvelle fut chaudement accueillie en juin dernier lorsque Arterra Canada, propriétaire du Clos Jordanne, annonçait que le domaine renaissait de ses cendres. Et pas de n’importe quelle façon. Sous la patte du vinificateur fondateur original du Clos Jordanne, le Québécois et Estrien, Thomas Bachelder.

Les deux vins du Grand Clos —parcelle la plus qualitative du vignoble — effectuaient donc leur grand retour en SAQ le 27 novembre dernier. Un renouveau tout en qualité qui laisse bien présager pour la postérité. D’ailleurs, le vignoble lance le chardonnay et le pinot noir à prix attrayants, bien plus bas que le dernier millésime 2012, soit 45 $ plutôt que 75 $. Du côté d’Arterra, on prend soin de souligner qu’il ne s’agit pas d’un prix de départ, mais bien du coût fixe. Une attention qui témoigne de la bonne foi de l’entreprise à faire redécouvrir ce vin mythique aux consommateurs. Offert en quantité limitée, quand même!


Péninsule du Niagara 2017, Grand Clos Chardonnay, Clos Jordanne

45,50 $ • 14222851 • 13 % 

Ce chardo d’inspiration bourguignonne, s’inscrit dans le style « meursault ». Un blanc complet, parsemé de touches minérales, et de notes de beurre et d’ananas. La trame est riche, voluptueuse. Du gras, mais aussi une matière boisée supportée par une élégance et une profondeur qui laissent présager un avenir plein de promesses. Attendre 3 à 6 ans avant d’ouvrir, histoire de lui laisser le temps de bien intégrer son élevage. 

Péninsule du Niagara 2017, Grand Clos Pinot noir, Clos Jordanne

45,50 $ • 14222886 • 12,5 %

Les vignes du domaine, maintenant âgées de 20 ans, ont gagné en maturité. Il se dégage du pinot noir profondeur et finesse du nez. Un mélange complexe d’épices, de laurier, de popurri et de cerises qui enivre. Un rouge à la texture ample, portant une grande fraîcheur, une souplesse de tanins et une finale de longue haleine. Délicieux!

À la vôtre

Un avant-goût des changements climatiques

CHRONIQUE / «Nous avons huit ans de budget carbone, aujourd’hui », affirmait Karel Mayrand, directeur général de la Fondation David Suzuki, en guise d’introduction à la Conférence Goûter aux changements climatiques, organisée par la chroniqueuse vin, sommelière et auteure, Michelle Bouffard. Le 12 novembre dernier, spécialistes des cépages, microbiologistes, œnologues, vignerons et médias du vin internationaux se sont réunis à Montréal pour discuter de pistes de solutions durables dans la production et le commerce du vin.

Des changements perceptibles depuis 60 ans

L’agriculture est aux premières loges pour constater l’urgence climatique. Les viticulteurs du monde entier y sont confrontés. Cet été, des vignobles en ont vécu les tristes effets alors que des vignes — plantées sur des terroirs de prédilection — ont brûlé, péri, dans le Midi de la France. Un phénomène qui ne s’était jamais produit auparavant. Quelques centaines de kilomètres au sud, en Catalogne, la température a augmenté de 1,2 °C en l’espace de 50 ans. Et, ce n’est là qu’une mince énumération de la réalité de nos vignerons.

À la vôtre

Vigneronne en herbe : le mot de la fin

CHRONIQUE / C’est un dénouement pour Vigneronne en herbe! Voici la 25e et dernière chronique de cette série abordant le travail et la passion que nos artisans d’ici déploient pour mettre dans nos verres des cuvées locales avec tout ce que notre climat nordique implique. Et, à boire cette semaine, deux rouge bio remarquables!

Chinon 2018, La Cuisine de ma mère, Grosbois
22,55 $ • 12 782 441
12,5 % • 2,1 g/l

Magnifique expression du cabernet franc sur l’appellation chinon, en Loire. Nicolas Grosbois travaille ses vignes en bio et parvient à façonner des cuvées parcellaires distinctives et fringantes. La Cuisine de ma Mère est un rouge vibrant et juteux aux notes de cassis et de poivre. Un cab franc aux tanins très souples et à l’acidité modérée qui a tout pour plaire. Mention à la texture veloutée à souhait. Un bon vin de plaisir!

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Que se passe-t-il après les vendanges ?

Une page se tourne au Domaine Bergeville. Les vendanges sont enfin terminées! Mais est-ce la fin pour autant pour la vigneronne en herbe?

Le Cidre Original, Cidrerie Hemmingford
13 $ • 5,5 % • 4 x 355 ml
SAQ & dépanneurs et épiceries sélectionnés)

Nous attendions avec grande impatience le retour de ce couple qui nous a fait découvrir le cidre de glace sous toutes ses facettes au cours des 20 dernières années. Après avoir perdu leur cidrerie en 2018, François Pouliot et Stéphanie Beaudoin, pionniers du cidre au Québec, sont un modèle de résilience, et démontrent qu’il est possible de se relever des épisodes les plus difficiles. Ils lancent ainsi deux premiers cidres pétillants en canette : Le Cidre Original (14250174 | 18 g/l) et Le Cidre Framboise (14250182 | 21 g/l). 

Élaborés avec la McIntosh, les cidres sont faciles à boire, désaltérants et légèrement doux. L’acidité vive contrebalance bien les sucres résiduels, ce qui en font de bons candidats pour l’apéro. L’effervescence est maîtrisée avec de fines bulles. Du « prêt à boire » pour nous tenir en haleine en attendant la sortie de leurs nouveaux produits au printemps 2020!

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Vin: brix et cie

CHRONIQUE / Une vendange, ça se planifie. Comment les vignerons s’y prennent-ils pour déterminer la date de la récolte? Puis comment partent-ils leurs fermentations en levures indigènes? Petite incursion dans un vignoble québécois biodynamique.

Touraine 2018, La Java des Grandes Espérances
Domaine des Grandes Espérances
16,70 $ • 13 087 547
13 % • 1,9 g/l • Conversion bio

Arnaud et Laurent Saget décrivent leur cuvée Java comme un « vin de copains ». À ce prix et avec une telle personnalité, je ne chercherai pas à paraphraser les vignerons, puisque c’est exactement ce qu’il est. Mais si vous cherchez absolument un sens à ce blanc, sachez que faire le java signifie « faire la fête ». Ça fait plaisir. Avec ses arômes de limes fraîches et de pamplemousses, ce sauvignon blanc aux accents exotiques est à la fois accessible et rafraîchissant. Un profil prévisible pour un sauvignon, mais réconfortant, notamment avec des tacos, un guacamole, des nachos… bref, plus que convenu pour votre prochain party mexicain.

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Doux août

CHRONIQUE / Tandis qu’une petite accalmie s’installe au vignoble, je vous propose de vous désaltérer avec un grüner veltliner autrichien biodynamique disponible pour la première fois en SAQ, un rouge pour les BBQ de grandes occasions et un pinot noir abordable!

Wagram 2018, Am Berg Grüner Veltliner, Bernhard Ott
23,80 $ • 12646520
12 % • 1,4 g

S’il y a un cépage qui me fasse saliver, c’est bien le grüner veltliner. Sa fraîcheur et sa minéralité semblent avoir été conçues sur mesure pour accompagner la saison estivale. Je découvre ce grüner pour la première fois, comme la plupart des Québécois d’ailleurs. Après avoir résisté aux avances de la SAQ pendant nombre d’années (me raconte l’agent qui représente le domaine au Québec), le talentueux vigneron Bernhard Ott a finalement accepté de partager quelques caisses de ses précieux avec les Québécois. C’est donc le moment ou jamais de mettre la main sur cet arrivage de cuvées biodynamiques convoitées de la région de Wagram, en Basse-Autriche. 

C’est évidemment cultivé et vinifié de la manière la plus naturelle possible. Tant et si bien que le vigneron est devenu un véritable maître reconnu des vinifications aux levures indigènes. Comme vin de patio, on pourrait difficilement mieux faire. C’est frais, minéral, sec, et, en prime, on a une texture ronde et enveloppante. Aie-je besoin d’en rajouter? Ah, vous allez adorer sa jolie finale saline! Sortez les coquillages, les pâtes au pesto ou les chips sel et vinaigre, selon l’envie du moment.

vins

Opération écimage

Penedès 2016, Tuvi (or not to be), Sumarroca

15,35 $ •  13574687 •  12,5 % •  &lt; 1,2 g •  l • Vinification vegan

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À vue d’œil

CHRONIQUE / Je vous parlais justement des Jeunes Vignes de xinomavro du jeune Apostolos Thymiopoulos dans ma dernière chronique. Tendance obsessionnelle avec le vigneron ou le cépage? Si l’histoire ne le dit pas encore, une chose est sûre, je fonds pour cette bouteille qui est fort probablement mon rosé « découverte » de l’été! Oubliez tout ce que vous connaissez du rosé et préparez-vous à sortir des sentiers battus. Ce 2016 a séjourné 12 mois en fûts de chêne de plusieurs passages, ce qui est de prime abord assez inhabituel pour un rosé. Inspiré de la biody, sans collage ni filtration, qui plus est. Le nez interpelle la tarte à la fraise, et le point culminant de ce vin réside dans sa texture voluptueuse. Goûteux, gourmand et pertinent. Bref, un rosé qui est loin d’être beige!

Macédonia 2016, Rosé de Xinomavro, Domaine Thymiopoulos
19,90 $ •  13567524 •  
13 % • 5,1 g/l   •  

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À la rescousse de la pollinisation!

CHRONIQUE / Cette semaine, ça bourdonne dans le vignoble et on fait sauter des corps morts! À boire : un rouge grec sensationnel, un cava brut nature à mini-prix et un chianti classico des grandes occasions.

Naoussa 2017, Xinomavro Jeunes vignes, Domaine Thymiopoulos
18,30 $ • 12212220
13,5 % • 3,2 g/l
Vinification vegan

Depuis qu’il a repris les rênes du domaine familial, le jeune Apostolos Thymiopoulos a su redonner un véritable élan à sa région et au cépage xinomavro. À Naoussa, contrée continentale et montagneuse du nord du pays —

rappelant le Piémont à certains égards —, les vignes sont exposées à un climat plus frais, et donnent des cuvées possédant une identité propre. C’est composé à 100 % de xinomavro — un cépage similaire au nebbiolo (tiens donc!) — issu d’une culture suivant les préceptes de la biodynamie (non certifié). Côté cave, l’approche se veut minimaliste avec fermentation aux levures naturelles, sans collage, ni filtration.

Au nez, les arômes de confiture de fraises maison et d’herbes fraîches s’enchaînent et font saliver. Les tanins sont à peine perceptibles et le fruit est jeune, fougueux. Non, mais quelle candeur! Un rouge de grandes soifs pour « s’abreuver » généreusement lorsque le thermomètre atteint des sommets. Top!

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Soif d’ici

CHRONIQUE / Cette fin de semaine, le bonheur est dans les vins québécois. Voici trois vins locaux pour remplir vos verres du savoir-faire d’ici!

Québec 2018, Chardonnay, La Cantina
23,95 $ • 13835841
13 % • 1,5 g/l

Le propriétaire du Vignoble Rivière du Chêne a fait le pari du vitis vinifera en 2015 et en 2016, en plantant 20 hectares de vignes. Avec ce nouveau millésime 2018 tout en éclat, nul doute que le vigneron avait vu juste. Pur coup de cœur pour ce chardonnay exotique dont le nez divulgue de vibrants arômes d’ananas et de poires séchées. Finement boisée, la trame est ample, presque ronde, énergique et généreuse. Un jeune fringant au fort goût de revenez-y, idéal pour vos grillades!

Son seul défaut? N’être disponible que dans quelques SAQ sélectionnées. Il devrait toutefois être éminemment distribué dans le réseau. Heureusement, vous pouvez le dénicher dans une poignée d’épiceries fines de la province et au Vignoble Rivière du Chêne, à Saint-Eustache. Rendez-vous sur le site web de vignoblelacantina.ca pour connaître les points de vente.

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Toute autre tâche connexe

CHRONIQUE / Cette semaine, je vous invite à mettre la fraîcheur dans votre verre avec un rosé de caractère, un effervescent pour le paternel et un blanc du Sud-Ouest. Côté vignoble, l’heure est au dérochement et à la plantation de chardonnay dans les Cantons-de-l’Est!

Tavel 2017, La Dame Rousse, Domaine de la Mordorée
31,25 $ • 12376881
• 14,5 % • 1,3 g/l •

Le Domaine de la Mordorée est un incontournable à Tavel. Ce vignoble de la Vallée du Rhône méridionale travaille en bio avec une approche biodynamique très respectueuse de l’environnement. Madeleine et Ambre Delorme mettent la main à la vigne avec instinct, ressenti et passion, et ça se perçoit dans leurs cuvées. Comme elles le soulignent si bien elles-mêmes : « La meilleure qualité possible est évidemment notre objectif, mais pas à n’importe quel prix : il n’y a pas que le résultat qui compte. » 

Reste qu’ici, la finalité mérite toute votre attention. Le quatuor grenache, syrah, clairette et cinsault possède une bonne dose de caractère, mais n’est pas pour autant dépourvu de finesse. Le fruit est beau, c’est ample et bien bien sec. Oubliez l’apéro, sortez plutôt les couverts du dimanche, car c’est du grand rosé de gastronomie!

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Les vignerons philosophes

CHRONIQUE / J’espère ne pas vous avoir trop étourdis la semaine dernière avec mon récit sur la dynamisation. Chose dite, chose due : la contextualisation annoncée.

Pour Marc Théberge, la biodynamie, c’est plus qu’une méthode de culture, c’est une philosophie. Ce qui l’attire dans la démarche, c’est de créer un écosystème sur le vignoble. Plus. Un organisme autosuffisant vierge de tout intrant extérieur. Car au-delà des préparations, de la dynamisation et du calendrier — des outils pour parvenir à ses 

fins — l’objectif sous-entendu est de rendre le vignoble plus fort pour que le vin soit la meilleure version de lui-même. L’ingénieur de formation ajoute : « C’est comme un être humain, si on le nourrit bien, il sera en santé. » 

Pourtant, le clan Théberge-Rainville reste très discret à ce sujet. Ils ont bien d’autres chats à fouetter que de pourfendre les critiques des dubitatifs. Car il y a beaucoup de connotation autour de la biodynamie. S’il y a des milieux où ça passe mieux, « au Québec, on a été mis à mal par la religion. Et, en certains points, la biodynamie ça rappelle la religion. Pour les gens qui ne cherchent pas à comprendre, on a l’air weird! » soutient Marc en rigolant.

De toute façon, ils n’ont pas réponse à tout. « C’est difficile, parce qu’on ne peut pas percevoir les résultats directement. Et il y a plein de trucs que je fais que je ne comprends pas moi-même! » plaisante-il. Comme de pulvériser de la bouse de vache diluée, qui a passé l’hiver sous terre dans une corne de vache pour favoriser le développement des mycorhizes. L’idée, c’est de mettre en branle des forces homéopathiques pour rendre le sol plus réceptif.

« Le premier signe d’intelligence, c’est de se rendre compte qu’on ne comprend pas tout », rappelle-t-il. Justement, des domaines viticoles parmi les plus prestigieux du monde — dont son honorable Romanée-

Conti — et des vignerons cartésiens — comme Marc et Ève, qui ont respectivement des formations d’ingénieur et de statisticienne — adhèrent à la biodynamie. 

Mais comment diable une pratique aux fondements si controversés est-elle devenue si répandue? « À la dégustation, quand on compare les vins biodynamiques à leurs homologues en conventionnel et en bio, on perçoit plus de profondeur et de longueur », constate Marc. Après tout, la vérité est dans le verre, n’est-ce pas?

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Semer le chaos pour établir l’équilibre

CHRONIQUE / Cette semaine, trois vins à déguster et une introduction à la biodynamie sur le Domaine Bergeville!

Touraine chenonceaux 2017, La Voûte, Joël Delaunay
22 $ | 13900956
13,5 % | 3,9 g/l

Touraine chenonceaux est une toute nouvelle AOC de la Loire née en 2011. Lors de mon passage dans la région l’an dernier, j’ai eu un immense coup de cœur pour les sauvignon blanc à l’identité propre et dépaysante de l’appellation. 

Marie et Thierry Delaunay, 5e génération du domaine, travaillent au champ en lutte raisonnée. À la cave, le vin a été élevé sur lies pendant 6 mois, et les peaux des raisins blancs ont macéré pendant plus de 20 heures. C’est bien expressif, parfumé sur des notes d’abricots et d’anis étoilé. Le fruit est mûr, la texture grasse, la persistance soutenue et la finale fruitée, captivante. 

Délicieusement sympathique et détaillé. Une appellation à surveiller!

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Des rosés pour l’été

CHRONIQUE / Bientôt, les beaux jours couleront à flots au rythme des 50 nuances de rose fraîchement débarquées en SAQ. À l’apéro, au repas, à la piscine — prêt, pas prêt, on sort le rosé!

Languedoc-Roussillon, Domaine de Gournier

11,70 $ • 464 602 • 13 % • 1,4 g/l

Ce rosé sec et abordable flaire la bonne affaire. Son nez affriolant pousse des notes de melons et de limes bien mûres, tandis que sa fraîcheur bien sentie souligne et rehausse les arômes floraux. Ce n’est rien de foufou, mais à moins de 12 $, c’est réglé pour vos grandes réceptions de l’été et les parties de pétanque!

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Déchiquetage, tour à vent et dégorgement

CHRONIQUE / Une fois de plus, les rebondissements furent nombreux au vignoble. Disons que la routine n’était pas au programme cette semaine!

Vigneronne en herbe : Semaine 3

Tout l’été, vivez avec moi mes aventures d’apprentie vigneronne au Domaine Bergeville dans les Cantons-de-l’Est.

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Taille et courbatures

CHRONIQUE / Tout comme vous, je ne savais aucunement à quoi m’attendre pour cette première semaine au vignoble. Puisque l’ouverture de la saison a été particulièrement chargée, je lui dédie aujourd’hui entièrement la chronique.

Vigneronne en herbe : semaine 1

Tout l’été, vivez avec moi mes aventures d’apprentie vigneronne au Domaine Bergeville dans les Cantons-de-l’Est!

Mon corps agite le drapeau blanc. Beaucoup de courbatures et déjà quelques livres en moins à force de m’accroupir, de me pencher et de forcer. Clairement, un vigneron n’a pas besoin d’un abonnement au gym, à la condition qu’il n’abuse pas trop des bonnes choses.

Cette première semaine n’a pas été de tout repos. Se prendre un coup de soleil sur la tronche, puis se geler le corps jusqu’aux os le lendemain, c’était pour le moins initiatique. En dépit des sautes d’humeur de Dame Nature, l’essentiel, c’est que les vignes sont enfin sorties de leur long sommeil hivernal! La plupart d’entre elles ont d’ailleurs commencé à pleurer — autrement dit, les premières douceurs printanières ont fait remonter la sève dans les sarments. 

L’épais tapis blanc recouvrant le vignoble ayant fondu comme neige au soleil, la première étape a consisté à déshabiller les vignes de leurs toiles isolantes — des géotextiles en feutrines similaires à ceux utilisés par les pépiniéristes. Du beau trouble à enlever qui garantit un écart de 15 °C sous le capot pendant tout l’hiver. 

Toutes les vignes n’ont toutefois pu bénéficier d’une telle protection. J’ai constaté que celles non couvertes par les toiles se sont fait passer sur le corps par le premier gel de novembre comme par un bulldozer. Nus comme des vers, certains cépages, comme le radisson, ont vu jusqu’à 100 % de leurs bourgeons affectés. Il va sans dire que les vignerons pensent sérieusement à leur passer la toile dessus cet automne.

Deuxième mandat de la semaine : la taille. De par sa nature de plante liane, la vigne cherche à s’étendre le plus possible. Elle rampe, elle s’agrippe, elle grimpe. Et elle sera d’autant plus vigoureuse si elle est dans sa crise d’adolescence! Pas question de lui laisser faire ce qu’elle veut, sinon ça devient vite une forêt vierge, comme le raconte Marc Théberge, le vigneron. 

La taille entamée la semaine dernière avait justement pour objectif de lui couper l’enthousiasme. Mais aussi de gérer sa productivité, car une vigne à l’état sauvage produit du fruit une année sur deux. C’est simple, elle sort du fruit comme s’il n’y avait pas de lendemain, puis elle doit passer un an à ne faire que des feuilles pour se refaire des forces. En la taillant, on s’assure d’obtenir du fruit tous les ans. Quelques coups de sécateurs par-ci, quelques coups de sécateurs par-là, afin de conserver un nombre limité de bourgeons par pied.

La semaine prochaine, l’attachage, le déchiquetage et la taille, encore la taille!

Bordeaux Supérieur, Château du Grand Bern 16,45 $ • 13576615 • 13,5 % • 2 g/l

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Tout beau, tout bio!

CHRONIQUE/ Plus tôt cette semaine, la Terre célébrait son anniversaire. Comme un « bonne fête en retard » vaut mieux que rien du tout, voilà des vins écoresponsables à souffler pour manifester votre amour pour notre terre et supporter des vignerons adoptant une approche respectueuse du vivant.

Touraine 2017, Cuvée Cendrillon, Domaine de la Garrelière
10211397 • 27,40 $

• 14 % • 2,3 g/l •

Le vigneron François Plouzeau décrit la biodynamie comme le moyen d’assurer l’équilibre entre la terre, la plante et l’environnement. C’est davantage guidé par les lois de Dame Nature que celles de l’Homme qu’il élabore des vins bios dans la vallée de la Loire. Ce sauvignon blanc de Touraine est issu d’une fermentation aux levures indigènes. Il en résulte un blanc expressif aux arômes envoûtants de papaye et de citron. Le sauvignon est à peine reconnaissable (surtout si vous êtes habitué aux cuvées du « Nouveau Monde »); mûr et bien élevé. En bouche, sa puissance se mêle à une matière profonde et hypnotique. L’appellation Touraine à son meilleur!

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Vins de coco

CHRONIQUE / Que vous célébriez Pâques, la fin de semaine de trois jours ou la fin du carême, toutes les raisons sont bonnes pour trinquer de bons jus!

Vin du Québec 2018, William, Vignoble Rivière du Chêne
15,25 $ • 744169 • 12 % • 5,6 g/l

C’est officiel! Les premières bouteilles arborant fièrement le nouveau sceau d’indication géographique protégée « Vin du Québec » sont fraîchement débarquées. Les vins du Vignoble Rivière du Chêne, à Saint-Eustache, dans les Basses-Laurentides, ne sont pas bios, mais ont le mérite d’être travaillés en culture raisonnée. La cuvée William (qui tient son nom du fils du vigneron) réunit les cépages seyval blanc, frontenac blanc, vidal, acadie et vandal-cliche. C’est franchement réussi ce 2018. Le nez explose sur des notes invitantes d’agrumes. La bouche est vive, juteuse et ultra fruitée. Chouette avec des tapas! À ce prix, l’affaire est belle.

Astuce : dimanche, servez un verre de William — en prenant soin de cacher la bouteille — à l’oncle qui a perdu toute foi dans les vins québécois (ça pourrait aussi être une femme, mais l’idée c’est d’égaliser la blague sexiste du vin suivant). Il y a fort à parier que la réconciliation sera fougueuse et instantanée.