Les 100 ans de la LNH

Lowe, le pilier défensif derrière La Merveille

TROIS-RIVIÈRES — Six conquêtes de la Coupe Stanley, sept participations au Match des étoiles et plus de 1200 matchs à patrouiller la ligne bleue des Oilers d’Edmonton, mais aussi des Rangers de New York. Véritable pilier défensif de l’une des grandes dynasties de l’histoire du hockey, Kevin Lowe est choisi meilleur hockeyeur des régions Laurentides-Lanaudière.

Originaire de Lachute, Lowe fut pendant près de 20 ans l’une des forces tranquilles de la formation albertaine. Derrière les Wayne Gretzky, Mark Messier, Jari Kurri et Glenn Anderson, aux côtés de son compagnon Paul Coffey et devant Grant Fuhr, Lowe était bien entouré durant les années 80.

Parmi les grands

Si les noms de Gretzky et Messier reviennent souvent lorsqu’on parle de cette équipe spéciale, Lowe n’est pas très loin derrière dans les discussions. Premier choix des Oilers au repêchage de 1979, il revendique également le premier but de l’histoire de la nouvelle franchise dans la LNH. Il gagnera d’ailleurs cinq fois la Coupe Stanley à Edmonton. Il récidivera en 1994 à New York avant de rentrer à la maison lors de la saison 1996-97, son avant-dernière dans le circuit Bettman.

Lowe est l’un des grands défenseurs formés au Québec.

Les trois prochains joueurs dans notre classement, tous des attaquants, évoluent toujours dans la LNH. L’aîné du trio, Jason Pominville, se rapproche du plateau des 700 points. À une époque où les buts se font plus rares dans le hockey professionnel, le Repentignois compte trois saisons d’au moins 30 buts, dont une de 80 points avec les Sabres de Buffalo. Après un court séjour au Minnesota, il est de retour avec les Sabres, où il connaît, à 35 ans, un excellent départ.

Jonathan Huberdeau et Jonathan Drouin, quant à eux, entament à peine leur carrière dans la meilleure ligue au monde, mais ils ont déjà un impact sur leur formation respective. En Floride, Huberdeau est l’une des pièces maîtresses de ce qu’on espère une renaissance des Panthers tandis qu’à Mont­réal, Drouin se retrouve dans une jungle en tant que premier Québécois depuis au moins deux décennies à occuper un rôle offensif aussi important. Jusqu’à présent, il répond bien à la pression. En fait, il semble carburer à cette pression.

En cinquième position, Gilles Gilbert, avec 14 saisons, est le meilleur gardien de ces deux régions du Québec. S’il n’a jamais soulevé le précieux trophée au bout de ses bras, l’ancien des Bruins, des North Stars et des Red Wings peut se vanter d’avoir la plus longue séquence de victoires (17) pour un gardien de but du circuit. 

Les 100 ans de la LNH

Jacques Plante, un précurseur

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 3 de 6

Parce qu’il a révolutionné la position de gardien de but dans le monde du hockey, Jacques Plante mérite le titre du meilleur joueur de l’histoire de la Mauricie.

Bien sûr, tous les amateurs avisés connaissent l’histoire du masque. Un soir de novembre 1959 au Madison Square Garden de New York, le solide numéro 1 reçoit une rondelle tirée par Andy Bathgate des Rangers tout juste sous l’œil gauche. 

Après avoir reçu sept points de suture, son entraîneur Toe Blake lui permet de porter ce protecteur facial qu’il enfile déjà depuis un certain temps lors des séances d’entraînement du Canadien. Le reste appartient à la légende. 

Dans les heures suivant l’Halloween, les photos de Plante, son masque sur la tête, ont fait le tour de l’Amérique. Sa bonne performance, dans les circonstances, a d’ailleurs confirmé qu’il était possible de défendre une cage avec cet outil de travail.

« Personne ne riait de lui. N’importe quel gardien aurait pu se faire tuer à cette époque. Ils étaient respectés », se souvient l’ex-­défenseur Jean-Guy Talbot, qui a évolué avec Plante chez le Canadien et les Blues de St. Louis.

Mais voilà, Jacques Plante, c’est bien plus qu’une histoire de masque. C’est, entre autres, 434 victoires, sept nominations sur l’équipe d’étoiles de la LNH et autant de trophées Vézina ainsi que six conquêtes de la Coupe Stanley.

« Aucun autre gardien n’a eu plus d’impact que lui pour l’équipement, estime le statisticien Gerry Rochon. Il a travaillé sur les jambières et le gant pour attraper la rondelle. Même s’il n’a pas inventé le masque, c’est lui qui l’a démocratisé pour en faire une pièce permanente. »

Jean-Guy Talbot poursuit la réflexion. Son ancien coéquipier étudiait toutes les subtilités et aimait parler à ses défenseurs. « Il remarquait tout ! À Detroit, on jouait sur une patinoire ovale donc la rondelle revenait plus vite devant le filet. Jacques a initié une nouvelle tendance en quittant sa zone pour intercepter les rondelles. Il contrôlait le jeu. Je l’ai souvent vu se rendre jusqu’à la ligne bleue ! C’était un bon patineur. »

« À Chicago, il a demandé aux officiels de vérifier la grandeur des buts. Ils n’étaient pas réglementaires », nous informe Gerry Rochon. « Jacques est aussi le responsable du rectangle des gardiens. »

À l’extérieur de la glace, Plante était un type plutôt particulier. « Souvent en retrait, que ce soit dans le train ou au restaurant, confie Talbot. Ce n’était pas un grand parleur non plus. »

On raconte qu’il préférait lire ou écrire de la poésie plutôt que d’enchaîner les parties de poker avec les autres joueurs du Tricolore!

Qu’à cela ne tienne, il a fait parler son talent sur la surface glacée et au final, c’est ce qui compte. D’où son intronisation au Temple de la renommée en 1978, huit ans avant sa mort. «C’est un excellent choix que de le placer au premier rang en Mauricie, convient Jean-Guy Talbot. Je suis certain que Jacques aurait du succès dans la LNH d’aujourd’hui. Lui, deux matchs en deux soirs, ça ne l’aurait pas trop secoué!»

LHJMQ

Le Drakkar sur une mer agitée

SHAWINIGAN — Les Cataractes vont tenter mercredi soir de stopper leur séquence de six défaites face au Drakkar de Baie-Comeau, une équipe qui navigue sur une mer agitée depuis le début de la saison.

Cette jeune formation bourrée de talent avait connu une belle progression en deuxième moitié de saison, ce qui laissait croire qu’elle était déjà prête pour se battre pour le titre de sa division. Or, elle vient tout juste de remonter la barre de ,500. «On se replace. On a gagné six de nos 10 derniers matchs. Il faut rester calme, ça fait partie du processus», clame Martin Bernard, pas trop surpris d’avoir eu à affronter une petite tempête à l’ouverture des barrières. Il avait vécu pas mal la même chose avec un alignement similaire, à sa deuxième saison à la barre des Cataractes.

«Il y a un peu d’attentes entourant l’équipe. On a plusieurs de nos joueurs admissibles au repêchage qui s’ajoutent de la pression. Globalement, on avait un paquet de jeunes à leur deuxième année dans la ligue, qui s’imaginaient peut-être que les choses seraient plus faciles avec de l’expérience», sourit le pilote natif de l’Estrie. 

«Quand je regarde notre fiche et celle des Cataractes à ma deuxième année, c’est quasiment identique. Il y a un apprentissage à faire là-dedans. Nos gars doivent rester dans le présent, éviter de regarder trop loin. Le repêchage, par exemple, ce n’est pas demain après-midi! Il reste beaucoup de hockey d’ici là, ça ne donne rien d’essayer de trop en faire au cours d’un seul match. Gabriel Fortier joue du bon hockey dernièrement, Xavier Bouchard vient de disputer un excellent match à Halifax face aux Mooseheads et Jared McIsaac. Je n’ai jamais été inquiet, on s’en va du bon bord.»

Rouge et Or

Laval ou Western, Vercheval ne peut pas perdre

«J’ai un ami qui va gagner et l’autre qui va être triste. Je suis un grand partisan de Glen et je lui souhaite toujours de gagner. Mais s’il est pour perdre, aussi bien que ce soit contre Western.»

Pierre Vercheval s’avoue déchiré, cette semaine. Pas par tous ces matchs de football sur les ondes de RDS qui requièrent son analyse : NFL dimanche, lundi et jeudi, puis cap sur Ottawa vendredi en vue du match de la Coupe Grey, finale de la LCF disputée dimanche.

Mais le match qu’il n’aura sans doute pas le temps de regarder, samedi après-midi, la finale de la Coupe Vanier oppose l’équipe pour laquelle il a joué à l’équipe de la ville où il a grandi. La grande finale du football universitaire canadien met aux prises, à Hamilton, le Rouge et Or de l’Université Laval et les Mustangs de l’Université Western Ontario.

Vercheval a passé sa jeunesse à Québec, dans la paroisse Saint-Louis-de-France, à Sainte-Foy, à cinq minutes du stade du PEPS. D’abord ennemis jurés sur les plaines d’Abraham lors des duels PSQ-St.Pat’s, l’un sur la ligne à l’attaque et l’autre juste devant sur la ligne défensive, Vercheval et Glen Constantin ont vu au fil des années leur respect mutuel évoluer en amitié sincère. En plus de leur passion du football, les étés comme portiers sur la Grande Allée les ont rapprochés.

Au lendemain de sa retraite après 14 années comme joueur professionnel, Vercheval a été conseiller auprès de Constantin et du Rouge et Or de 2002 à 2010. Ce que l’on sait moins, c’est que Vercheval a aussi étudié à l’Université Laval, bien avant la naissance du Rouge et Or. À l’hiver 1986, afin de regarnir son dossier scolaire et pouvoir retourner à Western l’automne suivant.

Car c’est bien à l’institution de London, en Ontario, qu’il a disputé ses trois campagnes universitaires. Les Mustangs étaient alors dirigés par un jeune Larry Haylor (169-46-3), homme à qui il dit devoir beaucoup, devenu deuxième entraîneur-chef le plus victorieux dans l’histoire du football universitaire canadien. Du moins jusqu’à l’an prochain, quand un certain Constantin (165-30) devrait le devancer.

Défaite crève-cœur

Dès leur arrivée, en 1984, Vercheval et ses coéquipiers du Cégep de Trois-Rivières, Michel Roy et Claude Farrier, ont fait leur place comme partants. Ce qui a déverrouillé la porte du recrutement québécois à Western, qui aligne cette année 11 Québécois en mauve.

«La défaite la plus crève-cœur de ma carrière à tous les niveaux» en finale de la Coupe Vanier contre UBC en 1986, «j’en parle et j’avale encore de travers». Puis, saison parfaite gâchée par une élimination surprise contre Guelph dès la demi-finale de conférence en 1987, année où Vercheval est nommé meilleur joueur de ligne universitaire au Canada. Il demeure à ce jour le seul représentant des Mustangs à avoir son nom gravé sur le trophée J.P. Metras, un ancien coach de Western.

C’est aussi en 1987 qu’il travaille avec Greg Marshall, alors jeune entraîneur responsable de la ligne offensive à Western. Vercheval joue de plus avec son frère, Blake Marshall. Trente ans plus tard, c’est ce même Greg Marshall (146-43-2) qui dirige les champions de la Coupe Uteck et finalistes de la Coupe Vanier pour la première fois en neuf ans.

«Moi, samedi, je ne peux pas perdre! Mais chose sûre, on va avoir un bon spectacle», résume-t-il, évitant de se mouiller avec une prédiction. «Western est revenu cette année avec plus de jeu au sol, ce qui a longtemps fait partie de l’ADN de l’équipe. Et historiquement, c’est dur de courir contre le Rouge et Or. Alors, j’ai hâte de voir le jeu d’échecs», conclut le sympathique analyste, qui célèbre mercredi son 53e anniversaire.

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