Mikaël Zewski a célébré cette victoire avec son père Jean et sa conjointe Sabrina Bernier.

Zewski remporte une guerre de tranchées

MONTRÉAL — Mikaël Zewski (33-1, 22 K.-O.) a dû puiser au fond de ses ressources, vendredi soir au Casino de Montréal, mais il n’est pas reparti les mains vides! Le Trifluvien s’est en effet emparé des titres nord-américains IBF et NABO des 147 livres à la suite de sa victoire acquise par décision unanime aux dépens d’Abner Lopez (27-10-1, 23 K.-O.).

Le Trifluvien de 30 ans a eu droit à une véritable guerre de tranchées face à son rival mexicain, visitant même le plancher pour la toute première fois de sa carrière, au sixième round. Cette secousse a toutefois semblé le fouetter puisque c’est après avoir été ébranlé qu’il a livré ses rounds les plus convaincants. Au final, les juges ont rendu des cartes de 97-92, 97-92 et 96-93 en sa faveur.

«Je suis rentré dans son plan de match, pour le plaisir de la foule. C’est dommage pour moi et ma famille, mais j’aime ça livrer des guerres!», a indiqué celui qui affichait de nombreuses ecchymoses à sa sortie du ring.

«Il m’a ébranlé au sixième, alors j’ai jugé qu’il valait mieux mettre un genou par terre pour mieux récupérer, puisque je perdais déjà le round. C’était son meilleur coup, j’ai vu que je pouvais l’encaisser», a-t-il ajouté, après sa 33e victoire en 34 combats professionnels.

Malgré le triomphe, Zewski ne croit pas avoir livré sa meilleure boxe face à un bagarreur de ruelle. Son efficacité lui a tout de même permis de remporter la majorité des rounds, en route vers la victoire. «Ce n’était pas un gars qui a mon talent, loin de là. J’ai la fâcheuse manie de m’abaisser au niveau de mes rivaux. Ça donne ce genre de guerre-là. Mon jab était absent, mais au moins ma main droite sortait bien», a-t-il analysé, avant de vanter les mérites de son adversaire.

Marie-Pier Houle était très satisfaite de sa soirée de travail au Casino de Montréal.

«C’était un gars solide. Il n’a jamais visité le plancher avec des coups à la tête. Il était résilient. Pour moi, il n’était pas achevable ce soir, même avec mes meilleurs coups.»

Cette victoire aux dépens de Lopez devrait maintenant permettre à Zewski de percer le top 15 de la WBO et l’IBF. Avant son combat, il pointait également au 14e rang de la WBC.

Dicaire toujours championne

En finale de cette soirée par le Groupe Yvon Michel, Marie-Ève Dicaire (16-0) a défendu avec brio sa couronne mondiale de l’IBF chez les mi-moyennes, en s’imposant par décision unanime au terme de 10 rounds d’action devant la Suédoise Maria Lindberg (17-5-2, 9 K.-O.). «Je lève mon chapeau a mes entraîneurs. Le combat s’est déroulé exactement comme ils m’avaient préparée. Je suis très fière de moi car j’ai respecté le plan de match pour une rare fois», a souri la championne invaincue de 32 ans.

Houle explosive

De son côté, la Trifluvienne Marie-Pier Houle (2-0, 1 K.-O.) a lancé la soirée de brillante façon en ne faisant qu’une bouchée de sa rivale mexicaine, Veronica Diaz Marin (0-3). La protégée de Jean Zewski et Sébastien Gauthier a matraqué sa rivale pendant quatre assauts, réussissant même à enregistrer le K.-O. technique alors qu’il ne restait que 14 secondes à l’affrontement.

À sa sortie de l’arène, la pugiliste de 28 ans avait du mal à cacher son énorme satisfaction. «Elle ne voulait vraiment pas tomber! Je suis tellement contente de l’avoir enfin envoyée au tapis!», a-t-elle lancé, en entrevue avec Le Nouvelliste.

«J’ai commencé le combat avec une mentalité beaucoup plus agressive et je lui ai envoyé plusieurs grosses mains pesantes. Je suis rentrée dedans comme une tonne de briques!»

Après avoir livré ses deux premiers combats professionnels en l’espace de 20 jours seulement, Houle entend s’offrir un peu de répit pour l’été. Elle espère remonter dans l’arène à l’automne. Toujours agente libre, elle aimerait évidemment décrocher un contrat. «Je pense que j’ai démontré ce soir que j’en valais la peine», a expliqué Houle, qui pouvait compter sur plusieurs parents et amis fort bruyants au Cabaret du Casino.