Mario Ambrosini est accompagné sur la photo de Marc Beaudry, propriétaire du Centre national Yoseikan Budo et responsable du Canada, ainsi que de Claude Roy, directeur technique national.

Yoseikan Budo: un champion du monde en renfort

Trois-Rivières — À l’image des premiers pratiquants des arts martiaux japonais qui s’établissaient en Occident il y a une cinquantaine d’années pour fonder des écoles, un spécialiste français et ancien champion du monde de Yoseikan Budo s’établit au Québec. Mario Ambrosini a choisi Trois-Rivières pour contribuer au développement de ce sport qui regroupe déjà quelque 1800 pratiquants au Québec.

Ambrosini est un des principaux et plus anciens élèves d’Hiroo Mochizuki, le fondateur du Yoseikan Budo, des arts martiaux qui regroupent plusieurs techniques de combat comme le kempo (pieds et poings), l’aïkido ou encore le ju-jitsu. Immigrer au Québec pour développer le sport pour ce spécialiste français et ancien champion du monde représente un tout nouveau projet de vie.

«C’est un projet qui me tient à cœur depuis quelques années déjà. Je suis venu plusieurs fois ici à l’occasion de séminaires ou de stages. Et depuis quelques mois, j’ai décidé d’accepter ce nouveau challenge pour développer le Yoseikan Budo», mentionne Ambrosini, en entrevue avec Le Nouvelliste.

Pour le Centre national Yoseikan Budo situé à Trois-Rivières, il s’agit d’une nouvelle «recrue» d’exception. «Mario Ambrosini peut nous aider à développer le Yoseikan Budo au Québec et au Canada. Il est allé partout sur la planète pour la fédération mondiale et il est très respecté. Je pense qu’il peut nous aider à hausser le niveau technique des pratiquants. On avait la chance d’avoir un Crosby disponible, on est allé le chercher. On ne pouvait pas passer à côté de ça», affirme pour sa part Marc Beaudry, le propriétaire du centre et responsable du Canada. «Mario est techniquement de très haut niveau.»

Développé en France à la fin des années 60 par le Japonais Hiroo Mochizuki (un des rares 10e dan en karaté), le Yoseikan Budo regroupe des participants dans plusieurs pays européens ainsi que dans les pays de la francophonie africaine. Pourquoi alors avoir choisi le Canada pour développer cette discipline martiale? «L’organisation de la Fédération canadienne (basée à Trois-Rivières) est à la pointe, tant au niveau marketing qu’au niveau technique. Ils ont vraiment développé le Yoseikan Budo d’une belle manière», souligne Ambrosini qui avoue aussi toujours avoir aimé le Québec et sa nature.

À l’heure où les arts martiaux mixtes font souvent référence aux combats dans un octogone dans l’imaginaire collectif, le Yoseikan Budo fait figure d’exception. Il s’agit effectivement d’une discipline d’arts martiaux mixtes, mais elle est pratiquée dans un esprit situé à l’opposée du UFC. Voilà pourquoi de nombreux enfants pratiquent ce sport et prennent part aux compétitions régionales et provinciales.

«C’est une discipline très originale qui a fait tomber les barrières entre les techniques», explique Ambrosini. «Tout le monde peut se retrouver, parce que chacun a des préférences dans les techniques de combats. Ça peut toucher un grand nombre de personnes. Et il y a un côté très ludique avec des armes de mousses.»

Déjà très bien développé au niveau des enfants, le circuit de compétitions pourrait aussi bénéficier de la venue au Québec d’un spécialiste d’arts martiaux et ancien champion du monde comme Ambrosini. Beaudry aimerait bien que le Québec puisse former à nouveau des équipes de compétiteurs pouvant rivaliser lors de compétitions internationales.

«Mario Ambrosini va nous aider à monter le calibre des compétiteurs. Il a quand même été champion du monde. [...] Il faut penser tout de suite à développer la relève», soutient Beaudry, lui-même expert international d’arts martiaux et ancien compétiteur de haut niveau. «Même au niveau des enfants, on peut faire aimer le sport avec la compétition. Ça leur permet d’apprendre à gagner et à perdre. C’est important, ça fait partie de la vie.»

En plus de ces compétences en arts martiaux, le nouvel instructeur du Centre national Yoseikan Budo offrira des cours de yoga vinyasa, un yoga bien plus dynamique que ce que nous avons l’habitude de voir. «Le yoga est souvent mal connu, on voit que la relaxation et la détente. Je suis parti en Inde et j’ai vu les relations avec les arts martiaux», précise Ambrosini. «Ça permet de développer sa concentration, sa flexibilité et sa force.»