Le Canadien a très peu mis à l’épreuve le gardien Cam Ward dans la défaite de 2-0.

Vivement avril

ANALYSE / Le mois de février vient à peine de débuter et, pourtant, le Canadien semble déjà avoir la tête à avril.

La course aux séries éliminatoires ne semble même pas sur le radar des joueurs de Claude Julien. Après tout, ils n’ont peut-être pas tort. Dix points – et surtout six équipes – les séparent du dernier rang donnant accès au tournoi printanier. C’est énorme, même s’il reste encore 31 matchs à jouer.

Cette réalité crevait les yeux face aux Hurricanes, jeudi soir. Le Canadien a d’ailleurs mis 15 longues minutes avant de décocher un premier tir au filet adverse. Quinze minutes! Comment expliquer un départ aussi lamentable si les gars ont encore le cœur à l’ouvrage?

La suite n’a guère été plus pimentée. Il y a bien eu 27 lancers dirigés vers Cam Ward, mais bien peu d’entre ont donné la frousse aux rares partisans des Canes.

Si le dernier duel entre les deux équipes avait offert un spectacle enlevant, assurément l’un des meilleurs cette saison, celui de jeudi soir était d’une tristesse déconcertante. C’était la septième fois que le Bleu-Blanc-Rouge subissait un jeu blanc cette saison. Pire encore, c’était la 19e fois que le Canadien était limité à un but ou moins en 51 matchs. Et ce n’est certainement pas en raison d’un vol du gardien adverse...

Sur le site Web du Canadien, on y retrouve placardé fièrement le slogan Créons l’étincelle. Justement, il est là le plus grand problème de la Sainte-Flanelle. À part les plombiers qui se démènent à coups d’épaules et de replis défensifs pour rester dans la grande ligue, rares sont les meneurs du club qui réussissent à faire des flammèches. Brendan Gallagher a beau bardasser tout le monde devant le filet adverse, ça n’allume pas pour autant ses potes. Et à l’autre bout, Carey Price est laissé à lui même.

Fallait voir la défensive l’abandonner complètement sur le but d’assurance inscrit en troisième période par Brock McGinn. Jakub Jerabek et le reste du troupeau avaient visiblement les jambes trop lourdes pour se replier...

Visiblement, il est déjà temps de songer au slogan de l’an prochain, car l’étincelle semble bien éteinte pour 2017-18.