En se faisant raser sur le terrain samedi, le joueur des Cascades Vincent Bourget a amassé 4200 $ pour la lutte contre le cancer, une maladie qui a emporté son père.

Vincent Bourget a tenu sa promesse!

Ça faisait plusieurs mois que ses amis se moquaient de sa pilosité faciale. Chaque fois, Vincent Bourget leur répondait la même chose. «Je vais me faire raser un jour, mais ce sera pour une bonne cause.»
Samedi soir, au parc Optimiste de Shawinigan, le capitaine des Cascades a tenu sa parole. Dans les minutes suivant une victoire aussi émotive qu'inattendue contre Coaticook, le joueur de baseball de 26 ans a sacrifié sa barbe et ses cheveux, en échange de quelques milliers de dollars.
Assis sur une chaise entre le monticule et le marbre, Bourget s'est prêté au jeu, sous le regard amusé de sa mère, Manon Morin, qui a eu «l'honneur» de changer le look de fiston. Autour d'eux, plus d'une centaine de témoins, dont plusieurs ayant contribué à récolter des dons pour la Société canadienne du cancer.
Vincent Bourget a réussi à amasser plus de 4200 $. Il avait dévoilé ses intentions il y a quelques mois, désireux de faire sa part dans la lutte contre cette terrible maladie. C'était aussi une affaire personnelle.
Son papa, Jean-François, est décédé du cancer. Toujours impliqué dans les activités sportives de son fils, M. Bourget était le trésorier des Cascades de Shawinigan.
Un homme qu'on disait apprécié de tous. «C'était quelqu'un de posé, respectueux et dynamique», se souvient le président des Cascades Alain Boucher, un de ses amis.
Sa condition s'est malheureusement détériorée en début d'année. Il est décédé à la fin du mois de mars, créant un vide dans une famille tissée serrée.
Mais voilà, Vincent tenait à rendre hommage à celui qu'il considère encore comme son meilleur ami.
«À la base, mon plan était de me raser la barbe durant l'hiver, explique-t-il. Je joue au curling, je voulais que les gens me reconnaissent! Puis, avec l'histoire de mon père, l'idée m'est venue d'entreprendre une levée de fonds.»
Au départ, l'ex-barbu visait une récolte de 1000 $. «Je ne voulais pas me créer de grosses attentes pour éviter une déception. Mais mes proches m'ont suivi dans le projet. Par exemple, les collègues de mon père ont amassé 700 $. Avec mes amis, ma famille et mes coéquipiers, j'étais bien entouré.»
Sa mère, une coiffeuse, s'est chargée du dénouement samedi. «On a vécu un moment spécial. La moitié de la foule présente au match était sur le terrain, même l'équipe visiteuse. Trente minutes plus tard, il ne me restait plus rien sur la tête. Aujourd'hui, j'essaie juste d'éviter les miroirs!»
Ceci-dit, cette transformation extrême en aura valu la peine, même s'il a de la difficulté à se reconnaître.
«Jamais je n'aurais imaginé atteindre les 4000 $, admet celui qui travaille chez Marmen. Ma mère avait les yeux dans l'eau. Elle a tellement poussé pour que ça fonctionne, je lui en dois beaucoup.»
Vincent Bourget n'a pu s'empêcher de penser à toutes ces fois où ses parents ont été présents pour lui. Il y avait d'ailleurs un peu de magie dans l'air, samedi au parc Optimiste.
Tirant de l'arrière 4-1 avec deux retraits en septième manche, les Cascades ont créé l'égalité contre l'équipe de Coaticook grâce à un circuit du coéquipier de Bourget, Michaël Laprise.
Vous l'aurez deviné, les locaux ont par la suite remporté ce match. «Le père était parmi nous il faut croire», de conclure Bourget, qui a démontré toute l'étoffe d'un capitaine dans cette histoire.
«Il se donne toujours à fond pour l'équipe», opine Alain Boucher, en ayant une pensée pour le paternel. «Il serait fier de son fils.»