Au moment où on les attend le moins, les joueurs des Canadiens continuent de surprendre.
Au moment où on les attend le moins, les joueurs des Canadiens continuent de surprendre.

Victoire... caractérielle

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
COMMENTAIRE / Levez la main, ceux qui croyaient à un retour des Canadiens après les deux buts des Flyers durant la pénalité majeure imposée à Jesperi Kotkaniemi!

À la lumière de ce qu’on avait vu de l’attaque dimanche et mardi, même les plus optimistes se gardaient une petite gêne. On l’a toutefois souvent écrit sur ces écrans et dans le journal papier depuis le début de la saison: les Canadiens surprennent quand on s’y attend le moins. Mercredi, c’est leur caractère qui a trompé Philadelphie.

Avec deux buts et un différentiel de +4, Joel Armia est enfin sorti de sa coquille pour connaître son premier bon match des éliminatoires. Le gros Finlandais a libéré ses coéquipiers d’un poids énorme en ouvrant la marque en infériorité numérique, après un beau jeu de Xavier Ouellet qui s’est servi de la bande pour lui faire une passe. Le défenseur, erratique au possible depuis trois semaines, a disputé une bonne rencontre.

On le sait, cette équipe ne joue pas de la même façon quand elle est aux commandes. Ce n’est pas une question de modifier son style, elle perd carrément ses moyens lorsqu’elle accuse un retard sur l’adversaire.

Les deux buts de Jakub Voracek en deuxième auraient donc pu couper les jambes du CH. Comble de malheur, Armia devait toucher le poteau dans les minutes suivantes. Le comble de la malchance, vous dites?

C’était avant que le jeune gardien Carter Harter, intraitable depuis le début de la semaine, n’ouvre la porte avec un cadeau offert à ce même Armia. C’était bien mérité, avouons-le.

Les facteurs impondérables ont penché du côté des Montréalais mercredi. Il était temps!

Brendan Gallagher, qui avait sans doute mangé du chien enragé avant de se présenter à l’aréna, a lui aussi brisé la glace de belle façon. Il a marqué, nargué les Flyers pendant toute la partie... et y a peut-être laissé quelques dents! Lui, il a le logo tatoué sur le cœur. Il a répondu de la plus belle des façons, après avoir rongé son frein au banc, dans la partie précédente, alors que l’équipe tentait d’acheter un but.

Gallagher a pavé la voie à une grosse troisième période des Canadiens. Malgré l’indiscipline et un deuxième retour des Flyers, c’est l’énigmatique Jonathan Drouin qui a préparé le but vainqueur de Nick Suzuki. Mine de rien, le Québécois termine cette partie avec deux points et un différentiel positif. Pour un mal-aimé, on a déjà vu pire.

Les Canadiens n’ont rien volé aux Flyers. Privés de leur meilleur centre (Kotkaniemi) depuis l’arrivée dans la bulle torontoise, ils ont su répondre à la meilleure équipe de l’Association de l’Est, coup sur coup.

J’ai encore une fois adoré le travail de Shea Weber en fin de partie pour préserver la mince avance. Le général est en mission.

S’il pouvait inspirer Max Domi, ce serait bien. L’équipe aura besoin de lui vendredi soir. Les revirements qu’il a créés mercredi auraient pu s’avérer fatals. Il est l’un des rares à ne pas obtenir la note de passage dans ce cinquième match.

Quatre équipes sont déjà éliminées de cette première ronde officielle, mais pas les Canadiens. Qui l’eût cru?