S’il parvient à maintenir sa position dans les trois prochains mois, Patrice Bergeron mettra la main sur le titre d’attaquant à caractère défensif par excellence pour une cinquième fois en carrière.

Vers un cinquième trophée Frank-Selke?

CHRONIQUE / Les meilleurs joueurs québécois de la Ligue nationale de hockey ne pensent pas tous de la même façon.

Marc-Édouard Vlasic ne pardonnera pas de sitôt aux dirigeants qui ont décidé de faire l’impasse sur les Jeux olympiques de PyeongChang.

Patrice Bergeron, lui, a passé l’éponge.

« Honnêtement, j’ai tourné la page », jure le centre de 32 ans.

« Durant l’été, tant que les négociations se poursuivaient, je gardais espoir. Quand tout a cessé, j’ai vécu une petite période de déception. Je me suis quand même vite fait une raison », dit-il.

« Je pense que tous les joueurs sont un peu déçus de ne pas avoir eu leur mot à dire dans ce processus. À titre personnel, j’ai vécu deux expériences incroyables, à Vancouver ainsi qu’à Sotchi. Ç’aurait été vraiment spécial de répéter ça une troisième fois... »

Bergeron sait que la LNH songe à renvoyer ses vedettes aux JO de 2022, puisqu’ils seront présentés dans le très intéressant marché chinois. Il ne se fait pas d’illusions. Il aura 36 ans à ce moment-là. « Et le Canada ne manque certainement pas de relève... »

Il ne manque certainement pas de défis à relever d’ici là.

La semaine dernière, les journalistes membres de la Professional Hockey Writers Association (PHWA) ont dévoilé les noms des récipiendaires des « trophées individuels de la mi-saison ».

Bergeron a obtenu le plus de votes pour l’obtention du trophée Frank-Selke. Il devance Sean Couturier et Anze Kopitar.

S’il parvient à maintenir sa position dans les trois prochains mois, il mettra la main sur le titre d’attaquant à caractère défensif par excellence pour une cinquième fois en carrière.

Il s’agirait d’un nouveau record.

Le Selke existe depuis 1978. Bob Gainey a été le seul autre joueur, avant Bergeron, à le gagner en quatre occasions.

« Tu veux toujours t’améliorer. Tu veux toujours repousser tes limites. Ça fait certainement partie des défis que tu peux te donner », indique le pilier des Bruins de Boston.

Bergeron a gagné le Selke à quatre occasions depuis 2012.

Seuls Kopitar et Jonathan Toews ont réussi à s’infiltrer depuis le début de sa séquence.

« Ce n’est pas quelque chose qui occupe mes pensées chaque année. Moi, je veux juste jouer de la bonne façon pour aider mon équipe à gagner. C’est pourquoi je ne pense pas nécessairement au cinquième Selke. Mais j’aime bien les défis », rappelle-t-il.

Les astres semblent une fois de plus bien alignés pour Bergeron. Les Bruins, d’abord, ont le vent dans les voiles. Avec leur fiche de 8-0-2 à leurs 10 derniers matchs, ils forment l’équipe de l’heure au retour de la pause du match des Étoiles.

L’équipe figure au troisième rang dans la LNH avec un taux d’efficacité de 83,7 % lors des infériorités numériques.

Bergeron est le troisième attaquant le plus utilisé par l’entraîneur-chef Bruce Cassidy dans cette phase du jeu. Il remporte plus de 60 % de ses mises en jeu lorsque les Bruins se défendent à court d’un homme.

Bergeron produit surtout au rythme d’un point par match. Il pourrait donc s’agir de sa campagne la plus productive en carrière.

Qui a dit que la LNH appartenait aux jeunes ?

« Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation. Il est vrai que la ligue rajeunit. Ça ne veut pas dire que les gars de 30 ans sont trop vieux. Moi, en tous cas, j’ai 32 ans et je ne me sens pas du tout trop vieux. C’est juste un chiffre. »

NOS TROIS ÉTOILES DE LA SEMAINE

1. Boeser

Vous avez passé un beau week-end ? Il n’a sans doute pas été aussi lucratif que celui de Brock Boeser. Un columnist du réseau TSN a fait le calcul. Selon lui, la recrue des Canucks de Vancouver a touché un demi-million $ US pour son passage remarqué au match des Étoiles de la LNH. Sa simple sélection parmi les Étoiles lui a permis de toucher un boni de 212 500 $ US. Il a touché un deuxième boni, de valeur identique, pour avoir mérité le titre de joueur par excellence de la fin de semaine. À cela s’ajoute un chèque de 91 000 $ US puisqu’il a fait partie de l’équipe gagnante, celle de la division Pacifique. Il a également empoché 25 000 $ US, samedi, quand il a gagné l’épreuve du tir le plus précis lors du concours d’habiletés. « Je suis sous le choc. Je n’aurais jamais cru que tout ça pouvait m’arriver », a lancé le jeune homme de 20 ans à l’Associated Press avant de quitter l’Amalie Arena.

2. Fleury

Le concours d’habiletés annuel des étoiles n’impressionne plus grand monde. On peut quand même souligner les bonnes performances de Marc-André Fleury. Le Québécois a dominé tous les autres gardiens en stoppant 14 échappées consécutives. « J’avais vu Pekka Rinne en arrêter 13. Je ne pensais pas que je serais capable d’en faire autant », a-t-il raconté avec bonne humeur et humilité après coup. Le brio de Fleury ne devrait pourtant pas trop nous étonner. Il a subi seulement trois revers depuis son retour au jeu, le 12 décembre dernier. Dans ces trois parties, il a encaissé un grand total de... cinq buts ! Si les Golden Knights de Vegas sont aussi compétitifs, ils peuvent remercier ce vétéran gardien ramassé au repêchage d’expansion. « Il avait beaucoup à prouver en arrivant ici », a récemment dit James Neal au Las Vegas Review-Journal.

3. Jagr

Rares sont les joueurs qui peuvent se retrouver parmi les « étoiles de la semaine » quelques heures après avoir été soumis au ballottage. Notre classement se distingue un peu des autres. Jaromir Jagr est un joueur unique, lui aussi. Le Tchèque a probablement commis l’erreur d’étirer un peu trop longtemps sa carrière. Il n’a pas été le premier à commettre cette gaffe. De son court passage chez les Flames de Calgary, on ne retiendra pas grand-chose. S’il se retrouve dans l’obligation d’accrocher ses patins, on saluera quand même le départ du deuxième meilleur marqueur de l’histoire de la LNH. Il a inscrit 1921 points en 1733 parties. Personne n’aura réussi à s’approcher autant de l’inattaquable Wayne Gretzky. Son nom est gravé à deux endroits différents sur la coupe Stanley. Il a également remporté les trophées Hart, Ted-Lindsay, Art-Ross et Bill-Masterton.