Après voir complété son premier marathon à 24 ans, Mario Gélinas pensait que ce serait son dernier. En fin de semaine, à 61 ans, il atteindra la centaine!

Vers un 100e marathon pour Mario Gélinas

SHAWINIGAN — Pour un très grand volume de coureurs, compléter un marathon relève de l’exploit. Cette bibitte de 42,2 km, en solo, ça prend effectivement du courage pour s’y attaquer.

Mario Gélinas est comme les autres. Le premier lui a causé du souci. Assez pour se promettre, à l’âge de 24 ans, que ce serait son dernier!

Mais bon, le Shawiniganais a attrapé la piqûre bien malgré lui. Au fil des années, il a intégré la course à son mode de vie, déjà bourré de sports d’endurance. À 61 ans, en fin de semaine au Marathon des Couleurs, Gélinas va donc atteindre le cap des 100 marathons, qu’aucun autre coureur mauricien n’a atteint selon le club Milpat. «C’est l’objectif d’une vie. À 50 ans, j’ai voulu atteindre mon âge. Quand ce fut réalisé, je me suis dit que je pouvais peut-être me rendre à 100. J’aurais pu y arriver avant, mais j’ai mis la pédale douce ces derniers mois afin que ça se produise aux Couleurs», explique l’ex-intervenant en santé mentale, qui a toujours été un adepte du sport. «À l’école Montfort, on faisait deux heures d’éducation physique par jour. J’ai adoré ça, j’ai toujours gardé cette proximité avec le sport. Je fais du tennis, de ski de fond, du canot. Mais le sport que je préfère, c’est la course à pied. Le «feeling» est différent. Tu es seul, avec toi-même...»

Dans son boulot, il s’est aussi beaucoup servi du sport. «Ma philosophie avec les gens que j’aidais, c’était moins de pilules, plus d’activité physique. Ça guérit bien des choses, sortir dehors. Me préparer pour un marathon, par exemple, ça touche à mon alimentation, mes temps de repos, ma concentration. Tout est relié, d’une façon ou d’une autre.»

Après avoir complété son premier marathon à 24 ans, Mario Gélinas pensait que ce serait son dernier. En fin de semaine, à 61 ans, il atteindra la centaine!

Gélinas avait un objectif pour le nombre de courses, mais il ne s’attarde pas tellement au chrono. Du moins plus maintenant. La performance, il laisse ça aux plus crinqués. Lui, il veut durer dans le temps. «Quand tu pousses constamment, tu ne peux pas durer longtemps. Quand tu vieillis, les bobos sortent, ce n’est pas long! Je regarde un gars comme Marcel Jobin courir encore à son âge, c’est une très belle inspiration pour moi. C’est ce que j’aimerais faire. La longévité, ça m’intéresse beaucoup plus que la rapidité», sourit-il.

Celui qui court entre quatre et 10 marathons par année s’entraîne uniquement par intervalles. «J’ai fait ce changement il y a quelques années, sur les recommandations d’un médecin. J’adore ça! J’alterne entre la course et la marche. Je peux prendre le temps de regarder autour de moi, d’être plus relax. C’est un programme qui me convient à merveille.»

Ces derniers jours, Gélinas s’est toutefois senti un peu moins fringant. Il traîne un surplus de fatigue, il le ressent. Pas grave, il anticipe quand même vivre son plus beau marathon à vie dimanche. «Il va être spécial en raison du chiffre. J’ai fait plusieurs beaux marathons, mais là, le symbole est très fort pour moi. Je vais m’assurer de le savourer.»

1800 coureurs

Gélinas sera donc au nombre de la centaine de coureurs qui prendront part au marathon dimanche, accepté comme qualification pour le marathon de Boston. En tout, ce sont 1800 coureurs qui vont participer à l’une ou l’autre des épreuves au programme. «Nous étions 1700 l’an dernier. Dans le contexte où la course à pied est un peu moins populaire depuis deux ans, et que le marathon de Québec se déroule en même temps, c’est très bien», sourit Philippe Lupien, l’un des cinq bénévoles à la tête de l’événement. Non, les organisateurs ne songent pas à changer de date même si le marathon de Québec a décidé de s’installer à la même date.

«Ça fait 15 ans que nous sommes à l’Action de grâce, ça va rester. De toute façon, les deux événements sont bien différents. Celui de Québec, c’est une entreprise. Ce n’est donc pas le même prix. Quand tu regardes le prix, la qualité de l’événement et les inclusions, nous sommes très fiers de notre événement.»