Sans l’impulsion de Dominic Fugère d’amener des supermotos du Championnat américain AMA pendant le GP3R, Tommy Lemieux n’aurait sans doute jamais rencontré sa future épouse, Karah Keffeler.

Une victoire... après la grande demande!

SHAWINIGAN — Comme scénario de rêve, Tommy Lemieux ne pouvait demander mieux. Le motocycliste de Shawinigan a remporté, le 8 septembre, sa première victoire en carrière dans le Championnat américain AMA Supermoto. La veille, il faisait la grande demande à sa conjointe, sur la piste de course de Sturgis au Dakota du Sud, rien de moins que la capitale des motos aux États-Unis. Rien de tout cela ne serait arrivé sans le Grand Prix de Trois-Rivières.

«C’est vrai, car je n’aurais jamais rencontré Karah sans le GP3R», réfléchit à voix haute le Shawiniganais de 36 ans, encore sur son nuage, deux semaines après l’un des beaux week-ends de sa vie. «La demande en mariage suivie d’une victoire à Sturgis, je n’aurais jamais pensé pouvoir vivre autant d’émotions fortes en si peu de temps!»

Lemieux a rencontré sa conjointe Karah Keffeler l’an dernier, au Dakota du Sud, durant la remise des bourses de la manche du Championnat AMA Supermoto. Il avait reçu l’invitation de se rendre à Sturgis grâce au propriétaire de l’une des bonnes équipes de la série, Joe Agley, qu’il avait rencontré à Trois-Rivières en 2016, soit lors de la première année des supermotos au GP3R.

Les motocyclistes de l’AMA participent à plusieurs manches durant le calendrier, dont Trois-Rivières et Sturgis. «Ce sont pas mal les deux endroits que les gars apprécient le plus», note Lemieux, qui s’est impliqué dès le départ pour faire de l’AMA Supermoto un succès au GP3R. «C’est en travaillant sur la piste à l’Hippodrome 3R que j’ai commencé à jaser avec Joe Agley. Il m’a offert une moto pour l’édition de 2016 et ce fut assez concluant. Je n’ai pas pu rouler à Trois-Rivières en 2017 en raison de blessures, mais je demeurais assez près de son équipe. Je l’aidais avec la mécanique.»

Bref, le courant a passé entre Lemieux et Agley, propriétaire de l’équipe RCR. «Joe m’a invité à Sturgis, j’ai fini cinquième chez les pros, j’étais entouré d’Américains. Puis, Karah est arrivée...»

Tommy Lemieux a gagné deux fois plutôt qu’une sur le circuit de motos mythique de Sturgis en l’espace d’un mois. Sa deuxième victoire lui a permis d’arracher les honneurs de la manche du Championnat AMA Supermoto, une première pour lui.

Les deux ont commencé à se fréquenter plus tard, la relation est devenue sérieuse. Sa conjointe a passé une partie de l’été à Shawinigan, elle qui est originaire de Sturgis, mais vivait à Sioux Falls, à six heures de route de cette petite ville, au moment de leur rencontre. «C’est le coup du destin», sourit Lemieux, qui avait préparé le coup pour demander la main de sa blonde, le 7 septembre.

«Nous étions de retour à Sturgis grâce à mes bons résultats de l’été, autant à Trois-Rivières que dans un autre événement organisé une semaine plus tard et qui se passait encore du côté de Sturgis. J’avais la chance de participer à la dernière course du Championnat AMA et je visais la victoire.»

Le vendredi, veille de la compétition, Lemieux s’est entendu avec les officiels et l’annonceur pour prendre Karah par surprise. «J’étais sur la piste, elle était tout près de moi, mais du côté des spectateurs. Quelques minutes avant, j’avais des palpitations et elle l’a bien vue. Elle est infirmière, elle voulait s’assurer que je sois correct.»

Quand il est débarqué de sa moto, sa copine a cru qu’il ressentait un malaise. Mais non, il s’est plutôt agenouillé et lui a fait la grande demande. Bien sûr, elle a dit oui! Le lendemain, Lemieux savourait sa première victoire dans la série AMA. Le party qui s’en suivit fut mémorable. «On a même perdu la bague pendant un instant, rigole le motocycliste. Par chance, elle était sous le lit.»

Celui qui travaille à l’ABI reconnaît qu’il a été chanceux de croiser sa future femme aussi loin qu’au Dakota du Sud. Il est heureux d’avoir découvert la discipline de la supermoto, grâce notamment à son beau-frère Gabriel Beaulac. «J’ai arrêté le motocross en 2006 en raison des blessures et des coûts associés à la pratique du sport. Je roulais depuis l’âge de 12 ans. Sans le projet du directeur général du Grand Prix Dominic Fugère d’amener le Championnat AMA, je serais passé à côté de quelque chose.»

Lemieux vise maintenant une saison complète dans les rangs de l’équipe RCR pour 2019. Et un mariage ensoleillé!