Les bâtons de l’entreprise B45 sont faits avec du bouleau jaune, que l’on retrouve notamment dans la forêt mauricienne, de Shawinigan à La Tuque. Joc Pederson des Dodgers de Los Angeles a déjà frappé trois circuits avec ces bâtons québécois en Série mondiale.

Une touche québécoise en Série mondiale

Trois-Rivières — Le bâton le plus puissant de la Série mondiale pourrait-il avoir été fabriqué à partir d’un arbre qui a poussé dans votre cour arrière? C’est possible.

L’arme de prédilection du voltigeur des Dodgers de Los Angeles Joc Pederson, auteur de trois circuits dans les six premiers matchs de cette finale, est fabriquée au Québec.

Pederson fleuretait avec l’exploit mercredi soir avant le début du septième match de la Série mondiale. 

Avec un quatrième circuit, il rejoindrait un groupe sélect composé entre autres de Babe Ruth, Barry Bonds et Lou Gehrig. S’il devait connaître une soirée à la Reggie Jackson – avec trois longues balles – il battrait ainsi le record appartenant à Chase Utley et à Jackson lui-même.

Or, depuis la dernière saison et durant les présentes séries éliminatoires, Pederson utilise les bâtons de la compagnie B45, située à Québec. 

L’entreprise a été la première à utiliser le bouleau jaune qui pousse majoritairement au nord de Shawinigan jusqu’à La Tuque en Mauricie, ainsi que dans le sud de l’Estrie et de la Beauce.

«On a été les premiers à utiliser le bouleau jaune et depuis, plusieurs compagnies le font. C’est rarement leur ligne principale et il y a peu de compagnies qui n’utilisent que le bouleau jaune comme nous. Comme il n’y a pas vraiment de technologie, on ne pouvait pas faire breveter l’utilisation de cette essence et être les seuls. Mais nous avons très bien développé l’expertise», explique le directeur du marketing de B45, Marc-Antoine Gariépy.

Ce dernier ne pouvait bien évidemment pas confirmer l’endroit précis où étaient situés les arbres qui ont servi à produire les bâtons de Pederson. 

L’entreprise fait plutôt appel à une compagnie située à Lac-Mégantic pour lui fournir la matière première.

Une centaine de joueurs des majeures et des ligues mineures utilisent actuellement les bâtons B45 et les succès de Pederson devraient permettre à la compagnie de poursuivre sa croissance, elle qui devrait écouler 20 000 bâtons cette année, dont pour la Ligue Can-Am et la Ligue de baseball junior élite du Québec. 

En plus, l’un des copropriétaires de l’entreprise, l’ex-lanceur Éric Gagné, a encore d’excellentes connexions dans le Baseball majeur, particulièrement chez les Dodgers.

«C’est sûr que ce genre de publicité, c’est bon, même si dans le cas de Pederson, notre logo n’est pas facile à voir dû au look du bâton. Donc, depuis trois jours, notre travail est de faire savoir qu’il utilise nos bâtons, mais c’est difficile parce que nous sommes limités et nous n’avons pas les droits. C’est un bon défi», conclut Gariépy.