Arianne Lebel est «l'homme de confiance» de l'entraîneur Guy Bergeron pour les placements et les convertis.

Une touche féminine chez les Électriks

L'entraîneur Guy Bergeron l'appelle, en souriant, son «homme de confiance». C'est la seule joueuse de l'équipe, mais elle ne s'en laisse pas imposer, même à 5 pieds 4 pouces! À 17 ans, Arianne Lebel a accepté, en début de saison, de devenir l'une des botteuses des Électriks football.
«C'est un plan triennal. On espère la voir avec nous pour au moins trois ans», lance Bergeron, qui a fait la rencontre de l'étudiante en Soins préhospitaliers d'urgence pendant le camp d'entraînement.
Une initiative de l'un de ses joueurs, Kirk Côté, un ami d'Arianne. «J'arbitrais un match de soccer à côté du terrain des Électriks quand Guy est venu me parler», raconte la jeune femme, timide mais perspicace.
«Je joue au soccer depuis que je suis toute petite, j'ai donc appris à botter un ballon en privilégiant les tirs bas et puissants. C'est complètement différent du football.»
Mais voilà, elle se débrouille très bien dans les circonstances, c'est-à-dire qu'elle est en mesure de réaliser des placements de 35 verges. On vous met au défi d'y parvenir avec un pourcentage d'efficacité décent... Non, ce n'est pas si simple! «Elle a appris les rudiments du sport, elle a une belle technique, renchérit Guy Bergeron, sous le regard complice de sa joueuse. Comme on dit dans le jargon, elle a une bonne patte!»
Bien intégrée
Oubliez toutes les idées préconçues sur le machisme dans le monde du sport: l'arrivée d'une fille chez les Électriks n'a pas créé de remous. Aucune moquerie dirigée vers Arianne Lebel, si ce n'est que quelques blagues amicales, sans malice.
«À la limite, je suis comme la petite soeur du groupe. J'ai fait du sport avec des filles toute ma vie, mais je ne suis pas déçue d'être tombée dans le football, entourée de gars.»
Jusqu'ici, on confie à la Trifluvienne la tâche des bottés de placement ainsi que les transformations suivant les touchés.
Malheureusement, une mauvaise remise et une pénalité l'ont empêché de tenter sa chance sur les placements. Elle n'a eu que deux opportunités. Par contre, lors du match contre Saint-Hyacinthe le 8 septembre, Arianne est devenue l'une des rares joueuses dans l'histoire du football collégial québécois à inscrire un point, dans les secondes suivant un touché de ses Électriks.
«Un moment spécial, reconnaît-elle. À la fin du jeu, un gars est tombé sur moi et tous mes coéquipiers m'ont encerclé. Ils ont eu peur que je me blesse. Leur instinct protecteur est développé», rigole-t-elle.
Pas besoin de psy!
Guy Bergeron rappelle à la blague qu'au football, on a besoin d'entraîneurs pour les joueurs... et d'un psychologue pour les botteurs! À l'instar du gardien de but au hockey ou du releveur numéro un au baseball, les athlètes avec les personnalités plus marginales appartiennent souvent à la race des botteurs au football.
«Arianne, c'est une vraie botteuse, s'exclame Bergeron. Elle est dans sa bulle et plutôt réservée pendant les matchs. On la voit souvent seule derrière le banc. Pourtant, quand l'attaque traverse la ligne du centre, elle se rapproche de ses coéquipiers, au cas où on aurait besoin de ses services pour un placement. On dirait qu'elle fait tout ça par réflexe. C'est inné!»
C'est pourquoi Bergeron espère que sa protégée continuera à apprivoiser le football. Il aimerait bien l'avoir dans ses rangs pour quelques années.
«Ma fille est marqueuse durant nos matchs et elle m'a dit, après la transformation d'Arianne, à quel point elle était fière d'écrire le nom d'une fille sur la feuille de pointage», mentionne l'entraîneur.
Sa joueuse a enchaîné avec une prédiction. «On va en réussir d'autres dans le futur!»
Les Électriks reçoivent les Vulkins de Victoriaville, samedi midi au Complexe sportif de Shawinigan.