L’ancien attaquant des Cataractes, Samuel Asselin, a eu le privilège de soulever la coupe du Président, dimanche soir à Bathurst.

«Une sensation indescriptible»

TROIS-RIVIÈRES — La dernière nuit a été courte pour Samuel Asselin. Avec ses coéquipiers et des dizaines de partisans, il s’est enfermé dans un petit bar de Bathurst pour célébrer la conquête de la Coupe du Président dimanche devant l’Armada de Blainville-Boisbriand.

C’était un premier championnat pour l’ex-Cataractes, échangé aux Fêtes. Et il sait déjà qu’il va s’en souvenir toute sa vie.

«C’est une sensation indescriptible, gagner un championnat. Imagine le faire à la maison, devant tes partisans! Plus de 30 minutes après la fin du match, personne n’avait encore bougé dans les gradins. Plus tard, nous nous sommes retrouvés plus de 300 dans un bar de quelque 70 places pour continuer à fêter. C’était malade!», confie-t-il.

Asselin n’était pourtant pas convaincu quand les Cataractes lui ont annoncé qu’il devait faire son baluchon. À titre de vétéran de 19 ans, il avait exprimé le souhait d’avoir une chance d’aller jusqu’au bout. Mais disons qu’il s’imaginait dans une destination un peu plus sexy.

«J’en avais parlé avec Martin (Mondou) et Daniel (Renaud), j’espérais avoir une autre chance de me battre pour la Coupe. Martin a été très correct avec moi, il m’a envoyé dans une excellente équipe. J’avoue par contre que lorsque j’ai su que c’était Bathurst, ça m’a pris quelques minutes pour comprendre que c’était un bon endroit pour moi. Puis à mon arrivée là-bas, ma perception a complètement changé, la ville a vibré au rythme du Titan ce printemps. Je n’ai pas à me plaindre du tout, nous sommes très bien traités. Partout où on va en ville, on se fait parler de hockey! Ça faisait 20 ans que Bathurst attendait ce deuxième championnat, je peux te dire que l’ambiance en ce moment est magique.»

Le Titan peut encore s’y enivrer pendant quelques heures mais ensuite, il faudra bien mettre tout ça de côté car le tournoi de la Coupe Memorial l’attend en milieu de semaine. C’est la particularité du hockey junior, les célébrations sont de courte durée. «On aurait pris quelques jours de plus, c’est clair. Mais bon, en même temps, la Coupe Memorial, c’est excitant aussi. On a congé [lundi], on va se réunir [mardi] pour reprendre le boulot. Ce sera back to business car on ne veut pas s’arrêter là.»

Ce laissez-passer pour le tournoi national, le Titan ne l’a pas volé. En finale, les hommes de Mario Pouliot ont été supérieurs à l’Armada, les champions de la saison régulière. En demi-finale, ils avaient par ailleurs liquidé les puissants Tigres en quatre matchs.

«Le déclic a eu lieu en gagnant le sixième match de la première ronde face aux Saguenéens. On pensait qu’un pique-nique nous attendait en première ronde. Or, Yannick Jean et Claude Bouchard avaient très bien préparé leur équipe, les Saguenéens ont été très coriaces et nous ont forcés à jouer du hockey de séries. Quand nous les avons éliminés, nous avons pris le temps de parler, pour s’assurer que tout le monde comprenait que nous étions chanceux de faire partie d’une équipe aussi redoutable. Il fallait saisir notre chance.»

En finale, le Titan a mal paru lors du premier duel mais par la suite, il a été plus solide que la flotte de Joël Bouchard.

«L’Armada venait de disputer un septième match en demi-finale, on a affronté une équipe encore sur l’adrénaline au premier match en finale. Personne n’a paniqué par contre, notre groupe de leaders est solide. Il s’agissait de faire les bons ajustements. Plus la série avançait, plus nous étions en contrôle. J’imagine que l’Armada devait composer avec des bobos, nous nos deux balayages lors des séries précédentes nous avaient permis de les éliminer. Je crois que ç’a eu un impact.»

Asselin a fourni trois buts et huit passes dans cette quête printanière, en 20 matchs. À son arrivée en saison, il avait amassé 11 points en 10 matchs.

«J’ai été blessé, j’ai travaillé fort pour revenir et mériter mon temps de glace. Mario (Pouliot) m’a utilisé souvent contre les meilleurs éléments adverses, c’était un beau défi. La clé dans une équipe comme celle-là, c’est que tous doivent accepter leur rôle. J’ai accepté le mien, et je l’ai accompli avec fierté. Ça valait la peine, un championnat ça n’a pas de prix. Il est temps maintenant de se préparer pour notre dernière mission à Regina.»