Les équipes du Québec, autant les filles (3-1) que les garçons (2-1), ont bien entrepris le tournoi, au grand bonheur des organisateurs.

Une semaine qui promet

SHAWINIGAN — La compétition n’est vieille que de quelques jours, mais un constat émane des glaces de l’Aréna de Grand-Mère: le Championnat canadien de curling junior sera relevé.

Les équipes du Québec, autant les filles (3-1) que les garçons (2-1), ont bien entrepris le tournoi, au grand bonheur des organisateurs.

De plus, la météo capricieuse de la fin de semaine n’a pas refroidi les ardeurs de braves spectateurs qui ont convergé vers le site.

En après-midi dimanche, près de 600 personnes assistaient au deuxième programme de la deuxième journée du championnat.

Le nombre de curieux devrait connaître une croissance au fur et à mesure que le tournoi progressera... et si, bien sûr, les formations fleurdelisées parviennent à se frayer un chemin.

Fausse note
Au curling, on ne souhaite jamais que l’arbitre intervienne lors d’une partie.

Les services de l’officiel Irénée Gaudreau ont pourtant été requis, en soirée, à la fin de la deuxième manche opposant l’équipe masculine du Québec à celle du Manitoba.

Appelé à procéder à un mesurage pour déterminer laquelle des deux pierres se retrouvait le plus près du bouton, un employé de Curling Canada a malencontreusement bougé la pierre manitobaine, corrompant ainsi la séquence de jeu.

Ébranlé, il a par la suite tenté de la replacer, mais le mal était fait. La confusion régnait sur la patinoire. Irénée Gaudreau a décidé de recommencer la manche.

Les Québécois étaient persuadés d’avoir marqué, mais la contestation du Manitoba a forcé ce mesurage.

Vous vous doutez de la suite, ce sont les représentants des Prairies qui ont marqué pas un, mais deux points à la fin de ce bout, grâce à un coup de maître réalisé par leur capitaine.

«En 32 ans de curling, je n’ai jamais vu ça», observait le directeur général du championnat, Alain Boucher.

Au terme de la partie, l’officiel en chef du tournoi confirmait ses dires. «Nous n’ajouterons pas d’huile sur le feu, notre employé se sent très mal. J’ai déjà vu un joueur tomber sur le dos avant de lancer une pierre. Il n’était plus capable de se relever. On a dû l’escorter. Personne ne savait quoi faire, car il avait deux pierres à lancer! Ces moments de grande confusion sont rares au curling, mais ils peuvent survenir.»

Dans le camp des Québécois, l’entraîneur masculin Daniel Bédard refusait de lancer la pierre à l’employé en question.

«Ce qui nous attriste, c’est que les gars étaient persuadés d’avoir remporté le point au départ, indiquait Bédard. Cela a donné un boost à nos adversaires. Pour être honnête, je ne savais même pas que ce règlement existait! L’entraîneur du Manitoba avait déjà été témoin d’une scène comme celle-là auparavant par contre.»

«Mais on ne peut pas trop en vouloir au gars non plus. Il faut passer à autre chose car il reste plusieurs matchs d’ici la prochaine ronde», enchaînait le joueur Émile Asselin.

Au bout du compte, le Québec s’est incliné 7-4. Les favoris de la foule occupent le troisième rang provisoire sur sept équipes dans le pool A. Or, les quatre formations de tête rencontreront les quatre meilleures sélections du pool B à la ronde suivante, dès mercredi.

Au sein de ce classement de huit équipes, seules les trois meilleures survivront à l’ultime étape du championnat (demi-finale et finale, la fin de semaine prochaine).

Du côté féminin, les joueuses du Québec ont aussi essuyé un premier revers en quatre sorties, tard dimanche, en perdant 9-5 devant le Nouveau-Brunswick. «Les glaces collées sur les spectateurs sont toujours un peu plus chaudes et les filles étaient fatiguées. Le brossage était plus difficile ce soir, mais nous allons nous reprendre», analysait l’entraîneur Michel St-Georges.

Les Québécoises complètent cette difficile portion de calendrier (quatre matchs en deux jours) au premier rang de leur groupe, en confiance.