Aissatou Diop a connu une première saison fort convaincante dans les rangs collégiaux, en 2019-20. Elle a bien hâte, comme des centaines d’étudiantes-athlètes au Québec, de retrouver les courts de basketball.
Aissatou Diop a connu une première saison fort convaincante dans les rangs collégiaux, en 2019-20. Elle a bien hâte, comme des centaines d’étudiantes-athlètes au Québec, de retrouver les courts de basketball.

Une première joueuse des Estacades atteint la NCAA

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Considérée comme l’une des bonnes joueuses au Québec depuis ses débuts dans le sport, Aissatou Diop franchit une autre étape importante. Graduée des Estacades au printemps 2019, elle s’est entendue avec l’équipe de basketball de l’Université du Massachusetts, qu’elle rejoindra dans deux ans.

La jeune femme de 18 ans devient la première joueuse du programme de basket aux Estacades à accéder aux rangs universitaires américains.

«Ça veut dire beaucoup pour moi et j’espère que ce n’est que le début», mentionne l’ailière au physique impressionnant (6p0), qui a épaté de nombreux entraîneurs aux États-Unis lors de tournois: Aissatou avait reçu des offres d’au moins cinq universités!

Elle a finalement jeté son dévolu sur UMass, un programme situé à une distance raisonnable de la maison, offrant un encadrement académique de qualité et une équipe évoluant en première division de la NCAA, au sein de la conférence Atlantic-10.

Celle qui désire suivre les traces de sa mère en devenant psychologue y voyait le meilleur... des trois mondes. «J’ai eu quelques entretiens avec des coachs. De concert avec ma famille, on a statué que c’était l’endroit idéal pour moi. Après la visite virtuelle, j’étais convaincue. J’aurais aimé rencontrer tout le monde en personne, mais bon, c’est impossible en ce moment!»

Pas de temps à perdre!

La pandémie de la COVID-19 provoque la fermeture de la plupart des installations sportives et l’arrêt des activités pour des milliers d’athlètes. Elle menace aussi le processus d’adhésion à certains programmes universitaires... et les bourses souvent alléchantes qui y sont associées.

Aux États-Unis, la NCAA ajoutera une année supplémentaire d’éligibilité aux étudiants-athlètes dont l’actuelle saison est gâchée par le coronavirus.

En ce sens, le clan Diop s’est assuré d’avoir un engagement verbal le plus vite possible avec l’entraîneur des Minutewomen de l’Université du Massachusetts. «Cette entente sécurise Aissatou. Cela veut dire que l’équipe sera prête à l’accueillir à l’été 2022, peu importe ce qui arrivera avec les autres joueuses déjà présentes avec le club», explique son entraîneur chez les Cavaliers du Collège Champlain St-Lambert dans le réseau collégial québécois, Georges Germanos.

«Aissatou fait tourner les têtes»

Germanos connaît Aissatou Diop depuis ses premiers pas au sein des équipes du Québec. Il l’avait recrutée, très jeune, en vue du Championnat canadien civil des moins de 17 ans. Les fleurdelisées allaient remporter ces nationaux.

«C’est une excellente étudiante-athlète», s’exclame Germanos, également coordonnateur au développement sportif à la Fédération de basketball du Québec.

«Aissatou fait tourner les têtes. C’est dommage que la saison soit mise sur pause, car je m’attendais à ce qu’elle prenne encore plus de place et de maturité avec les Cavaliers. C’est une jeune femme qui a plein d’habiletés. Elle est très intelligente sur un terrain, très cérébrale.»

À son année recrue dans les rangs collégiaux en 2019-20, la Trifluvienne, troisième marqueuse de son équipe, a terminé au sixième rang du circuit de division 1 pour les blocs.

Vers l’équipe nationale du Sénégal?

Aissatou Diop a grandi dans une famille où le basketball est roi. Sa grande sœur Aminata a donné le goût à ses jumelles, Aissatou et Fatima, de suivre ses traces. Les deux jumelles non identiques ont presque toujours joué ensemble depuis leurs débuts. Après les Estacades, elles ont cheminé jusqu’au collégial, à St-Lambert près de Montréal.

Si Aissatou a confirmé son engagement universitaire, rien n’est encore joué pour Fatima, qui évolue à la position de meneuse. Comme sa sœur jumelle, elle vise de hautes études (médecine).

«On est toujours ensemble», sourit Aissatou. «Le confinement n’y a rien changé et on s’entend toujours aussi bien! Je lui souhaite de trouver son université.»

Sinon, les deux caressent le rêve de représenter le Sénégal sur la scène internationale en basketball. Elles ont la double citoyenneté puisque leur père, l’entraîneur aux Estacades Ibrahima Diop, est originaire de ce pays situé sur la côte ouest de l’Afrique.

Aissatou et Fatima ont même reçu une invitation formelle pour rejoindre la sélection sénégalaise en vue du Championnat africain des moins de 18 ans, le mois prochain en Égypte. Pour des questions de passeports et d’autres détails administratifs, elles attendront quelques mois avant de démontrer leur talent aux entraîneurs du Sénégal.

Un article publié par Le Nouvelliste il y a deux ans, mettant en vedette les sœurs Diop, avait d’ailleurs traversé l’Atlantique et attiré l’attention de responsables du programme de basketball dans ce petit pays d’Afrique. «C’est notre rêve, de percer une équipe nationale un jour», conclut Aissatou, impatiente de retrouver les courts de basket.