Une étude américaine a révélé les bienfaits de faire jouer les plus jeunes hockeyeurs sur des demi-patinoires.

Une pierre, deux coups?

Le Nouvelliste vous présente la conclusion du reportage sur la situation du hockey mineur en Mauricie. Il est entre autres question des pistes de solutions envisagées afin d'optimiser le développement des jeunes joueurs de notre région.
<p>Jean-Philippe Glaude</p>
Partout sur la planète hockey, les penseurs essaient d'imaginer de nouvelles façons de faire pour améliorer le développement des joueurs. Aux États-Unis, une solution présentement à l'étude semble porter ses fruits. En plus d'optimiser l'apprentissage des différentes habiletés, cette idée permettrait de régler la problématique reliée aux heures de glace disponibles.
Dépisteur pour les Predators de Nashville, Jean-Philippe Glaude croit qu'il serait temps pour le hockey québécois d'envisager cette avenue.
Le principe est simple. Il s'agit de faire jouer les jeunes hockeyeurs à quatre contre quatre sur la largeur de la patinoire plutôt qu'à cinq contre cinq sur la traditionnelle longueur.
Au pays de l'Oncle Sam, on a utilisé des puces électroniques sur les joueurs d'âge novice afin d'évaluer leur implication dans un match. Les résultats ont été frappants.
Sur une plus petite surface, les responsables ont noté deux fois plus de batailles pour la rondelle, deux fois plus de contrôle de la rondelle, quatre fois plus de tirs au filet, deux fois plus de passes tentées et cinq fois plus de passes complétées.
Pour le développement d'un joueur, nul doute que cette proximité avec l'action est bénéfique, que ce soit pour le maniement de rondelle ou encore les changements de direction. À titre d'exemple, Glaude rappelle qu'au soccer, les plus jeunes évoluent sur de plus petits terrain, à sept contre sept, avant de faire le saut sur les surfaces traditionnelles, à onze contre onze, à partir du niveau pee-wee.
«J'ai déjà assisté à un match novice où un joueur n'avait pas touché à la rondelle de la partie. Ce n'est pas normal. Habituellement, à cet âge, c'est le meilleur patineur qui transporte la rondelle d'un bout à l'autre de la patinoire. Mais pendant qu'il fait ça, il y a plein de choses qu'il n'a pas besoin d'apprendre mais qui lui sont pourtant essentielles, comme la prise de décision.»
«En étant plus près du jeu et plus impliqué, le jeune a certainement plus de plaisir. Ça permet du même coup de garder plus de joueurs intéressés par le hockey.»
Des faits concrets
Il est vrai que cette approche américaine n'a rien de nouveau. L'idée de rapetisser la surface de jeu pour les plus jeunes a déjà été évoquée. Là où les Américains se démarquent, c'est au niveau de la cueillette d'informations.
«Ils n'inventent rien, mais ça va au-delà des perceptions cette fois. Ça me fatigue d'entendre parler de théories, basées sur aucun fait. Là, c'est documenté. C'est prouvé scientifiquement», explique Glaude.
Pour l'ancien défenseur étoile des Patriotes de l'UQTR, il est temps que le hockey québécois puisse bénéficier d'une telle approche. Cependant, il admet que les structures en place ne favorisent pas nécessairement ce type d'innovation.
«Ça prend du leadership. On est en arrière là-dessus. Qu'est-ce qu'on attend? Je ne dis pas de jouer uniquement sur la largeur de la patinoire. Mais pourquoi ne pas tenter l'expérience pendant une moitié de saison et l'autre moitié sur des patinoires complètes?»
Quant au problème des heures de glace qui se font de plus en plus rares, un simple calcul mathématique suffit pour comprendre. Avec quatre équipes sur la patinoire en même temps, on double les disponibilités pour les catégories en bas âge.
Voilà donc certainement une avenue qui mérite d'être considérée, à tout le moins.