La Série du Diable aurait célébré ses 15 ans, cet été à Shawinigan. L’an passé, les organisateurs ont attiré en moyenne 750 personnes lors des six courses estivales, tenues au centre-ville.
La Série du Diable aurait célébré ses 15 ans, cet été à Shawinigan. L’an passé, les organisateurs ont attiré en moyenne 750 personnes lors des six courses estivales, tenues au centre-ville.

Une mer de coureurs... sans course à l’horaire

SHAWINIGAN — Le monde de la course à pied vit, à l’image du cyclisme, une situation invraisemblable en ce printemps 2020: rarement a-t-on vu autant de joggeurs dans les rues. Pourtant, il y aura bien peu, voire aucune compétition ou rassemblement officiel pour eux cet été.

La fin de la dernière semaine a été difficile pour bien des adeptes de course. En l’espace de quelques heures, le club Milpat a annulé toutes les activités prévues à son calendrier.

À Shawinigan, la Série du Diable, rendez-vous emblématique au Centre-de-la-Mauricie, a également fait une croix sur l’été 2020. Avant eux, des événements comme les Courses du P’tit Shérif à Saint-Tite, la série de courses des Zéclairs de Nicolet ou la Course Richard-Tessier de Sainte-Anne-de-la-Pérade passaient leur tour, lançant à regret «à l’an prochain».

Subsistent toujours, pour l’instant, des courses majeures comme le Marathon des couleurs de Bécancour, qui a néanmoins arrêté sa période d’inscriptions en vue de sa classique du 11 octobre. Le comité organisateur doit donner plus de nouvelles sur son avenir au mois de juillet.

À Saint-Boniface, le Demi-marathon Marcel-Jobin du 13 juin a été déplacé au 26 septembre. Entre-temps, on propose aux coureurs de relever un défi virtuel, comme on en voit pousser un peu partout, que ce soit en course à pied ou en cyclisme. La Chute du Diable, à ne pas confondre avec la Série du Diable, suggère elle aussi un parcours virtuel de 666 km en 66,6 jours, du 24 juin au 29 août.

«Ça risque d’être assez tranquille, au moins jusqu’à l’automne», admet le président du Milpat, Michel St-Pierre. «On mise plus sur la relance des entraînements de groupe que sur la tenue d’événements, surtout avec les grands rassemblements de centaines de personnes auxquels nous étions habitués.»

Du côté de Shawinigan, la Série du Diable ne pourra célébrer son 15e anniversaire comme elle aurait dû. Pour ajouter une couche de déception, 2019 avait été l’une des meilleures années de l’organisation. Les courses attiraient en moyenne 750 personnes au centre-ville, l’an dernier.

«C’est vrai qu’il y a quelque chose de paradoxal à voir autant de monde courir sans qu’il y ait d’événement pour eux», regrette le directeur de la Série du Diable, Jean Lemoyne.

«Les gens sont compréhensifs, la Ville de Shawinigan nous appuie dans notre décision, sauf que c’est difficile de devoir annuler. Nous étions sur une belle lancée, après avoir constaté un certain plafonnement il y a trois ou cinq ans. On encourage la population à continuer de bouger, mais d’une façon différente, en évitant les rassemblements. La Série du Diable, on ne peut pas la dénaturer.»

Qu’à cela ne tienne, plusieurs entretenaient l’espoir de pouvoir courir dans des compétitions officielles, en respectant une certaine distance, d’autant plus que les premières phases du déconfinement sportif sont enclenchées au Québec.

«On aimerait préparer quelque chose à l’automne, si ça devient possible. J’imagine qu’une course spéciale contre le coronavirus, comme une célébration, ça attirerait du monde! Par contre, nous n’en sommes pas là présentement.»

St-Pierre et Lemoyne espèrent que les coureurs seront de nouveau au rendez-vous quand les rassemblements sportifs seront permis.

«Sans dire qu’il y avait trop d’événements, je pense que nous avions atteint une certaine saturation dans l’offre pour les coureurs», avance St-Pierre, du club Milpat.

«Je sais que certaines organisations perdaient de l’argent, car les courses sont un peu moins lucratives qu’avant. Souvent, un commanditaire veut savoir à quelle cause tu es rattaché. En ce moment par contre, c’est encourageant de regarder autant de monde courir dans les rues et les sentiers. S’ils sont là l’an prochain, c’est tout l’univers de la course à pied qui va en profiter.»