Après avoir vaincu les Wildcats à Moncton dimanche, le jeune gardien Lucas Fitzpatrick a bien failli répéter l’exploit mercredi contre les Huskies, qui connaissent un excellent départ. L’indiscipline des Cataractes leur a cependant coûté le match.

Une ligne trop mince face aux Huskies

Shawinigan — Quand tu affrontes l’une des équipes les plus performantes au pays, ça prend une performance presque parfaite pour la renverser. Les Cataractes ont vendu chèrement leur peau mercredi au Centre Gervais Auto, mais quelques erreurs les ont forcés à rendre les armes 5-2 devant les surprenants Huskies de Rouyn-Noranda.

S’ils ont gagné leur part de bagarres à un contre un, les hommes de Daniel Renaud ont commis un peu trop de revirements pour espérer l’emporter face à ceux qui ont pris la tête du classement général. Il y a aussi eu quelques pénalités d’indiscipline qui ont coûté du momentum. Pas une bonne idée d’aller au cachot quand l’autre équipe dispose de la meilleure attaque massive du plateau.

C’est d’ailleurs l’avantage numérique des visiteurs qui a brisé une égalité de 2-2 avec sept minutes à écouler en troisième. Posté dans l’enclave, Félix Bibeau a eu tout le temps nécessaire pour pousser un retour derrière Lucas Fitzpatrick. 

Ce dernier a connu une bonne sortie, les deux derniers buts des Huskies étant marqués alors qu’il avait retraité au banc en fin de match à la faveur d’un sixième patineur. Fitzpatrick a été battu deux fois alors que son club se défendait à court d’un homme. L’autre but est survenu en début de match, après une gaffe de Gabriel Sylvestre dans son territoire. 

Le gardien recrue a tenté de corriger l’erreur en sortant de son filet mais à son tour, il a raté son jeu et Matthew Boucher a probablement inscrit le filet le plus facile de sa carrière! Hormis ce faux pas, Fizpatrick a été solide.

À l’autre bout de la patinoire, Samuel Harvey a été digne de son titre de meilleur gardien de la dernière semaine au pays. Il n’a cédé que sur deux séquences parfaites complétées par Jan Drozg et Antoine Demers. 

Avec une égalité de 2-2, Harvey s’est interposé devant Mathieu Samson, qui était seul avec lui dans l’enclave. Quelques instants plus tard, ses coéquipiers fabriquaient le but gagnant. 

«Je l’ai dit et je le répète, la ligne est mince entre agressivité et indiscipline. Faut juste apprendre parfois à laisser filer des adversaires quand ils sont loin de notre filet. Pour le reste, j’ai bien peu à reprocher à mes joueurs. On a travaillé. Parfois, un match de hockey, c’est l’histoire d’un bond. Ce soir, le bond a été contre nous. Ça reste une bonne performance, contre la troisième meilleure équipe au Canada», analysait Renaud. 

Gabriel Sylvestre était un peu moins complaisant. Le capitaine intérimaire pointait directement les revirements comme principale source du revers. 

«Il ne manquait pas grand-chose. Une couple de revirements ont fait la différence. C’est plate, on voulait lancer un message ce soir. On venait de battre Moncton, on voulait faire la même chose avec les Huskies. On va revenir, je ne suis pas inquiet», tranchait le vétéran de 19 ans, qui constate que les Cataractes sont plus performants après un départ houleux. 

«C’est juste l’expérience qui entre. Avec 11 nouveaux joueurs, ç’a pris un peu de temps avant que tout le monde soit sur la même page concernant le plan de match. On s’en va dans la bonne direction.»

Dans l’autre camp, Gilles Bouchard accordait du mérite aux Cataractes pour ce match serré. 

«Notre avantage numérique nous a donné un but important en fin de match. On a connu un bon départ. Puis, pour une raison inexplicable, notre état mental a complètement changé en deuxième. Heureusement, nous avons été meilleurs en troisième. J’ai vu plusieurs joueurs bloquer des lancers, c’est la manière des Huskies de gagner. Reste que les Cataractes ont joué un bon match, ils ont créé des revirements avec leur intensité.»

Askew reste dans les gradins

Surprise, Cam Askew a de nouveau été vissé aux gradins mercredi soir, en compagnie des 3100 personnes présentes au Centre Gervais Auto. Contrairement à ce qu’ils avaient annoncé la veille, les Cataractes n’ont pas voulu briser le duo de vétérans de 20 ans qui avait joué un rôle-clé dans la poussée de quatre victoires au cours des cinq derniers matchs. 

«Des fois, tu changes une décision après une nuit de sommeil. J’ai rencontré Cam ce matin, il comprend la situation. Glotov venait de réussir un truc du chapeau, Blier amène énormément d’énergie présentement. C’était logique de continuer comme ça pour le moment», indiquait Renaud. «Cam va ravoir sa chance. Il le sait, nos deux autres joueurs de 20 ans aussi. Ce n’est pas une situation facile, mais on doit composer avec.»

Rappelons qu’il reste 11 matchs à la suspension de Charlie Roy. D’ici à la fin de celle-ci, les Cataractes ne peuvent aligner plus que deux patineurs de 20 ans.