Le Bromont Ultra prépare une version allégée pour l’automne.
Le Bromont Ultra prépare une version allégée pour l’automne.

Une formule plus sobre pour le Bromont Ultra

Il sera difficile de participer à une compétition de course cette année. Tous les événements ont été annulés jusqu’au 31 août, à la demande du gouvernement Legault, et les compétitions automnales tombent une à une. Deux courses dans la région demeurent quand même au calendrier. Le Bromont Ultra adoptera néanmoins une formule plus sobre, tandis que les Courses thématiques planchent sur un projet pilote qui permettrait la tenue du Marathon de Granby.

Il reste un mois à l’organisation du Bromont Ultra (BU) pour offrir une version complète du fonctionnement de l’événement, mais un aperçu a déjà été donné dans un courriel envoyé aux coureurs. Les probabilités que le BU revienne à sa version originale sont basses, selon Gilles Poulin, cofondateur de l’événement sportif.

Au camp de base, il n’y aura donc pas de camping, pas de village des athlètes, pas d’exposants et pas de restaurant. Les départs seront espacés, le samedi matin, pour éviter les attroupements. Dans les sentiers, une distance se crée naturellement entre les coureurs, alors les règles sociosanitaires seront respectées. Les postes de ravitaillements prendront aussi plus de place.

Seules les plus longues distances à la course (25, 55, 80 et 160 km) et à vélo (40, 80, 120 et 160 km) seront tenues. Les distances de 2, 6 et 12 km à la course et le Raid technique à vélo sont annulées, mais pourront être courues de façon virtuelle durant la fin de semaine du BU. Quant aux courses par équipe, qui demandent normalement une passation du dossard au camp de base et donc un contact rapproché, les coéquipiers seront invités à cumuler, où ils le veulent, les kilomètres pour atteindre les 80 et 160 km d’équipe.

Les probabilités sont fortes qu’il n’y ait pas de camping et de village des athlètes au Bromont Ultra cette année.

L’ADN ne change pas

« Depuis le début, j’ai toujours dit qu’on allait trouver une façon de le faire. Mon mantra, c’est ‘‘impossible n’est pas un fait, c’est une opinion’’. Le BU, c’est de rendre le monde meilleur, de permettre aux gens de se dépasser, c’est de donner plus, confie M. Poulin. Ça reste, même si la fin de semaine n’est pas pareille. »

Il compare la version sobre du BU à beaucoup de courses en sentier aux États-Unis où l’arrivée revêt son plus simple appareil.

Et comme le but du Bromont Ultra est de permettre à des athlètes de se dépasser dans leur course, mais aussi de soutenir financièrement, grâce aux inscriptions et aux collectes de fonds, vingt organismes, l’essence même de l’événement ne changera pas.

« On continue à avoir 60 % du monde qui court leur plus longue distance à vie. On dénature la fin de semaine, mais ça on n’a pas le choix, on s’adapte. »

Record d’inscriptions

La version sobre de l’événement n’influence pas, pour le moment, le nombre d’inscriptions. Celui-ci a doublé par rapport au précédent record avec un total de 800 inscriptions pour les distances de course de 55, 80 et 160 km, qui offrent des parcours impossibles à réaliser en dehors du cadre de l’événement puisqu’une vingtaine de propriétaires permet le passage des coureurs sur leur terrain durant la fin de semaine.

Il était aussi possible de s’inscrire sans avoir à payer avant que l’organisation décide du sort de l’événement, au début août. La liste d’attente ne cesse par ailleurs de gonfler.

Le destin du Marathon de Granby n’est pas encore certain pour 2020.

Un marathon ou non à Granby ?

Par ailleurs, rien n’est joué encore pour le Marathon de Granby, qui en serait à sa deuxième édition avec l’épreuve reine de la course sur route. « J’ai encore espoir, mais peut-être que je suis le dernier des Mohicans », laisse tomber Éric Fleury, directeur de la série Courses thématiques.

M. Fleury travaille sur un projet pilote de départs en couloirs qui permettraient aux événements d’avoir lieu malgré tout. Il souhaite démonter qu’il est possible de tenir une compétition de course à pied même durant la pandémie.

Une première tentative était espérée au début août à Longueuil, mais l’absence de réponse de la Santé publique et le départ en vacances de la responsable des loisirs ont forcé l’abandon du projet.

Celui-ci est un parcours fermé de 5 et 10 km avec des départs de deux coureurs toutes les dix secondes.

« On avait un système de lumières où les gens partent quand c’est vert et avec deux couloirs. Il y aurait aussi deux couloirs à l’arrivée. »

Il est possible que la formule soit testée à Chambly, sur la piste cyclable qui longe le canal.

À Granby, les nouveaux parcours de l’an dernier utilisent peu la route, ce qui permettrait d’avoir des départs différés. Même le marathon pourrait se tenir grâce à cette formule.

« Je me suis engagé à prendre une décision d’ici le 10 juillet. Si je n’ai pas de projet pilote, si je n’ai pas de réponse de la Santé publique, je n’ouvrirai pas les valves des dépenses. »

Le Marathon de Granby serait lui aussi bien sobre, mais le dépassement de soi serait tout aussi présent.