L’ancien défenseur des Cataractes Marc-André Bergeron était ravi de se mêler aux partisans de la plus vieille concession de la LHJMQ, mercredi lors du Fan Fest. C’est d’ailleurs avec plaisir qu’il a apposé sa signature au bas du chandail d’Élisabeth Désilets.

Une expérience à savourer

SHAWINIGAN — C’est un message d’espoir et une invitation à savourer les prochaines années que Marc-André Bergeron souhaite livrer aux jeunes adolescents qui s’apprêtent à converger vers la Mauricie pour le repêchage de la LHJMQ samedi au Centre Gervais Auto.

Président d’honneur des Assises, le Trifluvien ne se fait pas prier pour revenir sur cette période charnière de sa vie.

«Je n’ai jamais eu autant de plaisir à jouer au hockey que dans le junior. La LNH, c’est plus intéressant deux fois par mois quand tu reçois ta paie mais sinon, rien ne bat le hockey junior. Je m’y suis fait des amis pour la vie. À chaque fois que je revois les Anthony Quessy, Philippe Deblois, Yannick Noiseux, Gilbert Lefrançois, Jean-François David, on a toujours des histoires à se raconter!»

Bergeron n’était pas un espoir de premier plan quand il s’est pointé au repêchage à Sherbrooke en 1997. Il venait de passer la saison dans le midget BB, mais il l’avait terminée avec les Estacades midget AAA. Quelques équipes lui avaient démontré de l’intérêt, il s’était donc présenté fier comme un paon en Estrie. «La journée avait été longue! J’ai dû attendre jusqu’en 11e ronde. Je pense qu’il ne restait que moi en complet dans les gradins, et que c’est pour cette raison que le Drakkar a décidé de me donner une chance! Je me suis présenté à la table de l’équipe, il y avait un chandail pour moi mais contrairement aux autres, mon nom n’était pas dans le dos!», sourit-il. «Ça ne me dérangeait pas du tout, j’avais confiance que ça allait marcher quand même. J’avais grandi en regardant les Draveurs et les Cataractes, pour moi je sentais que le junior était accessible. Je croyais en moi. C’est important dans le hockey, croire en soi. Regarde ce qui se passe avec les Golden Knights de Las Vegas . Quand tu travailles et que tu crois en toi, tout est possible.»

La Ville de Shawinigan a profité de la tenue des Assises de la LHJMQ en ses murs pour faire flotter le drapeau des Cataractes au mat protocolaire de l'hôtel de ville.

L’ex-joueur du Canadien de Montréal n’a pas percé la formation du Drakkar à l’automne mais il ne s’est pas découragé, acceptant de continuer son apprentissage dans le junior AAA. Il a été rappelé aux Fêtes, mais c’est lors de la saison suivante, alors qu’il a été échangé, qu’il a véritablement pris son envol. Sous les ordres de Denis Francoeur, il s’est développé comme l’un des meilleurs arrières offensifs de sa génération. En 2000-01, il a enfilé 42 buts, établissant un nouveau record de la Ligue canadienne de hockey qui tient toujours, près de deux décennies plus tard.

Bergeron s’est servi de cette fantastique dernière saison chez les juniors pour convaincre les Oilers d’Edmonton de lui offrir un premier contrat professionnel. Il aura finalement joué 490 matchs dans la LNH. «Mes années à Shawinigan ont été déterminantes à plusieurs points de vue. C’est la raison pour laquelle je suis touché d’avoir été choisi président d’honneur en cette année du 50e anniversaire. J’ai un garçon qui aime le hockey, je ne lui souhaite pas la LNH, je lui souhaite de vivre l’aventure du junior tout en étudiant. On apprend tellement de choses à ce niveau, comme le travail d’équipe, l’éthique de travail, gérer la pression. Le hockey junior, c’est un fantastique tremplin pour la vie d’adulte», conclut celui qui est maintenant le président des Aigles de Trois-Rivières dans la Ligue de baseball Can-Am.