Joël St-Pierre était loin de se douter, en 2005, qu’il serait encore à la présidence du GP3R 14 ans plus tard.

Une dernière année pour St-Pierre

Trois-Rivières — Joël St-Pierre se souvient des débuts précaires de 2004, au moment de la relance du GP3R. Quand il constate aujourd’hui les pas de géants de son organisation, il n’en revient pas du chemin parcouru.

Celui qui a fêté mercredi ses 71 ans est devenu, avec cette 49e édition du Grand Prix, le président avec la plus longue feuille de route dans l’histoire de l’événement. Il siège à la présidence du conseil d’administration depuis 2005 et compte bien se rendre à la 50e édition de 2019... avant de céder sa place.

«J’ai pris la décision d’arrêter après les 50 ans. Je compléterai alors ma 15e année en tant que président. Je demeurerai toujours impliqué dans le Grand Prix, mais d’une autre façon», explique St-Pierre qui, au départ, ne devait être en poste que pour trois ou quatre ans, maximum!

«Après une année difficile en 2004, je voulais simplement remettre la machine en place pour qu’on puisse avoir un Grand Prix en santé. Le maire m’a convaincu de rester en quelque sorte et c’est grâce à lui, en partie, que nous avons été en mesure d’obtenir des subventions du gouvernement du Québec.»

Selon St-Pierre, il n’a pas été si facile, au début de l’aventure, de regagner la confiance des propriétaires de séries, et ce en dépit de son expérience dans le milieu du sport automobile. Avant d’occuper les fonctions de président, il avait notamment été directeur de compétition plusieurs années auparavant. «Être bénévole ou à la tête d’un C.A., c’est complètement différent. Nous avions beaucoup de contacts américains et le maire a facilité les échanges avec eux. Je ne crois pas que nous aurions été capables de présenter une belle édition en 2004, n’eût été du coup de main des secteurs politiques. On a travaillé pour avoir notre monde et aujourd’hui, ça rapporte!»

Le président actuel rappelle qu’au départ, le GP3R se débrouillait sans directeur général. Il n’y avait même pas de secrétaire pour répondre au téléphone! C’est un peu plus tard qu’est arrivé François Bordeleau, suivi par Dominic Fugère en 2012. «On a ajouté des hommes d’affaires au C.A. et il n’y a jamais eu de chicane autour de la table! Quant à François et Dominic, ils ont fait beaucoup progresser l’événement. Dominic est très fougueux, il en a étourdi quelques-uns à ses débuts, mais il s’est intégré!»

St-Pierre aura été témoin de plusieurs transformations au fil des années. Les activités hors-piste ont pris de l’expansion, comme les feux d’artifice, les parades et les spectacles sur la scène du parc portuaire. Un championnat mondial de la FIA a vu le jour en 2014 puis, l’année suivante, les dirigeants du GP3R décidaient d’étendre les activités sur deux fins de semaine plutôt qu’une seule.

Elle semble bien loin, l’époque où Joël St-Pierre devait lui-même répondre au téléphone quand il sonnait dans les locaux du Grand Prix! «Je suis fier de l’ensemble de l’œuvre. On voulait une passerelle piétonnière pour faciliter l’accès au site, on l’a eue. Du côté des courses, on a augmenté l’offre et on l’a diversifiée. Chaque année, on a amené quelque chose de nouveau. Personnellement, j’ai apprécié l’époque des Star Mazda. Ce que je souhaite au Grand Prix dans les prochaines années, c’est de continuer à s’épanouir et à trouver de nouvelles séries. Je ne suis pas inquiet avec l’équipe en place.»