Michaël Bournival et Marianne Larouche ont appris la venue de la cigogne l’été dernier.

Une bonne raison de garder le sourire pour Michaël Bournival

CHRONIQUE / C’est ironique quand on s’arrête pour y penser.

Michaël Bournival, reconnu comme l’un des athlètes les plus dédiés à l’entraînement de sa génération, – il avait hérité du surnom de Métronome dans le junior – n’arrive pas à se sortir bien longtemps de l’infirmerie depuis qu’il est passé chez les pros.

Il y a eu des commotions cérébrales. Puis, un genou en compote l’a obligé à passer l’été dernier en convalescence. Il a fini par reprendre le collier cet automne avec le Crunch de Syracuse, club-école du Lightning dans la Ligue américaine. Et puis, à son cinquième match, bang! C’est son épaule droite qui l’a abandonné, sur un jeu bien banal, alors qu’il pourchassait la rondelle. «Quand je repense à la séquence, je n’en reviens toujours pas. Il ne s’est pratiquement rien passé. Pourtant l’épaule a débarqué…»

Il connaissait ce feeling, il l’avait expérimenté chez les Cataractes. «Elle avait débarqué une couple de fois. Ce n’était pas si grave. Parfois, tu peux simplement la replacer. Mais cette fois, le verdict était différent.»

C’est peu dire. Le docteur ne lui a guère laissé le choix, il devait passer sous le bistouri. Une autre longue convalescence vient en prime avec l’opération. Dans le meilleur des scénarios, Bournival pourra reprendre son poste… en mai, après avoir été opéré deux semaines avant Noël.

Bien sûr, il a broyé du noir sur le coup. Le temps passe vite, le Shawiniganais est rendu à 26 ans. La conquête de la Coupe Memorial est soudainement bien loin, sa graduation presque inespérée avec le Canadien de Montréal à 21 ans aussi.

Toutes ces blessures l’ont éloigné de la glace, freinant son développement. Il a disputé une vingtaine de matchs avec le Lightning entre 2016 et 2018. Le voilà privé de son sport probablement jusqu’à l’automne prochain. Songe-t-il parfois à la retraite? «Non. J’ai encore du bon hockey en moi. Je suis tout simplement malchanceux! Un jour, ça va finir par me lâcher. Je me concentre uniquement sur ma réhabilitation. À chaque jour, j’essaie de m’approcher le plus possible d’un retour.»

La convalescence se passe à Syracuse. Et il assure qu’il arrive à garder le sourire dans cette autre tempête. Faut dire que lorsqu’il sort de l’aréna, il retrouve sa belle Marianne, venue vivre avec lui. Ils attendent la cigogne d’une semaine à l’autre. La petite Juliette sera accueillie par un jeune couple qui a bien hâte d’apprivoiser cette nouvelle étape dans leur vie. «Ma blessure me permet de vivre cette expérience un peu plus intensément. On a hâte. À chaque petite contraction, on se demande si on doit prendre la route de l’hôpital», confie Bournival. «Je vis ça à fond, je n’ai pas trop le temps de m’en faire avec le reste. Et c’est parfait comme ça!»

Content pour Bouchard

À Syracuse cette saison, Bournival a retrouvé Gilles Bouchard, son mentor dans le midget AAA. «C’est spécial de se retrouver après 10 ans. Je l’avais bien apprécié avec les Estacades, j’étais content quand j’ai su que nous allions retravailler ensemble cette année. C’est une belle opportunité pour lui, au sein d’une organisation de première classe.»

Parlant d’opportunité, le rapide attaquant est bien au fait que son ex-coéquipier Michaël Chaput a réussi cette saison à revenir dans la LNH à Montréal, après un long détour par les ligues mineures. «Je lui lève mon chapeau. J’ai joué contre lui à mon retour, tu voyais qu’il se démarquait sur la glace avec le Rocket. Il a sûrement travaillé fort pour améliorer ses faiblesses. Il mérite ce qui lui arrive.»

Bournival pourrait s’en servir comme inspiration. Le même âge, le même genre de carrière dans le junior. Mais ce n’est pas trop sa façon de faire les choses. «Chaque joueur doit créer ses opportunités. C’est ce qu’a fait Michaël. C’est ce que je dois faire. C’est ce que nous devons tous faire. Mais là, je dois me concentrer uniquement sur ma réhabilitation.»

Le côté business va quand même finir par le rattraper. Il le sait. Il écoule actuellement les derniers mois de son entente avec l’organisation du Lightning. Mais bon, avant d’en arriver là, il lui reste pas mal de rendez-vous avec les médecins à écouler, et probablement une tonne de couches à changer!