Daniel Paradis est maintenant actif du côté du Drakkar de Baie-Comeau.

Une bague pour Paradis?

CHRONIQUE / Pour conquérir un trophée comme la Coupe Memorial, ça prend un effort concerté d’une organisation au complet. Du propriétaire jusqu’aux joueurs, en passant par les entraîneurs et le personnel de soutien, la symbiose doit être parfaite pour traverser avec succès quatre rondes de séries puis un tournoi d’une dizaine de jours regroupant les meilleures équipes au Canada.

Bien sûr, tous les projecteurs sont tournés vers les acteurs principaux quand le moment magique se produit. Depuis le triomphe des Huskies de Rouyn-Noranda, le travail du pilote et directeur-gérant Mario Pouliot est encensé, avec raison. Joël Teasdale, Noah Dobson, Raphaël Harvey-Pinard et Samuel Harvey sont eux aussi vanté à tour de bras.

Ce titre national a quand même une petite saveur mauricienne. C’est André Tourigny qui a su implanter une nouvelle culture à Rouyn-Noranda il y a près de deux décennies. Puis, il a sagement recommandé son ami Gilles Bouchard pour lui succéder. Ce dernier a non seulement soulevé la Coupe du Président en 2016, mais c’est son travail qui a permis à Pouliot de s’amener à Rouyn-Noranda l’été dernier pour prendre en charge une équipe soudée à maturité. Restait à ajouter des éléments comme Teasdale et Dobson que Pouliot a pu se payer avec les valeurs dont il avait hérité, puis il a pu guider d’une main de maître cette formation armée jusqu’aux dents.

Daniel Paradis fait quant à lui partie des travailleurs de l’ombre de cette page d’histoire des Huskies. Directeur de la structure intégrée des Estacades, Paradis a passé cinq saisons à conseiller Tourigny et Bouchard. Il a touché au dépistage, il s’est occupé du délicat dossier européen. L’arrivée de Pouliot à la barre de l’équipe a changé un peu la dynamique à l’intérieur de l’organisation et Paradis s’y sentait soudainement à l’étroit, alors il a préféré quitter pendant l’hiver. C’est donc en marge d’une compétition de nage synchronisée à Rivière-du-Loup qu’il a visionné au petit écran le parcours des Huskies ce week-end! Il dit avoir néanmoins ressenti de la fierté pour le groupe qu’il a contribué à bâtir.

«Je ne suis pas parti en mauvais terme avec personne. Les Huskies m’ont toujours bien traité, c’est une organisation de première classe. Tu regardes les matchs, il y a un paquet de monde que tu as vu grandir, ou avec qui j’ai travaillé étroitement. J’étais très heureux pour eux.»

Particulièrement pour Harvey-Pinard et Harvey, deux jeunes qu’il connaît depuis qu’ils ont des lames aux pieds. «Harvey-Pinard a joué avec mon gars à partir du magh au Saguenay. Je l’ai même dirigé trois ans… au soccer! Harvey aussi, il vient de ce coin. Disons que j’étais bien placé pour les recommander chaudement à mes patrons. Ceci dit, je ne veux pas prendre aucun crédit spécial. Chez les Huskies, les décisions ont toujours été prises en équipe… Tout ce que j’ai fait, c’est donner mon avis. Je me souviens d’ailleurs que Steve Mongrain avait lui aussi poussé pas mal fort pour qu’on réclame Sam Harvey en deuxième ronde. Traditionnellement, les Huskies repêchaient leurs gardiens plus loin que ça... Ils n’ont sûrement pas regretté leur décision, il est devenu l’un des meilleurs gardiens de l’histoire de la ligue. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec André (Tourigny) et Gilles (Bouchard)»

Paradis dit avoir eu encore moins d’impact sur la sélection du Trifluvien Alex Beaucage. «Tout le monde l’aimait dans notre personnel hockey. Pas juste moi. On ne comprenait pas qu’il soit encore disponible en deuxième ronde. On croyait qu’il partirait dans la deuxième moitié de la première ronde. Je me souviens que le Phoenix avait deux choix de première ronde cette année-là, et qu’on était persuadés à l’interne qu’il se retrouverait là. Tant mieux pour nous, on se trompait!»

Un appel apprécié

Comme Tourigny et Bouchard, il ne faudrait pas tomber en bas de sa chaise si jamais Paradis reçoit une bague de champion dans quelques semaines. Le grand patron de la Meute Jacques Blais est réputé dans le milieu pour être attentif à ce genre de choses. D’ailleurs, il a lâché un coup de fil à Paradis après la conquête de la Coupe du Président. «J’ai tellement apprécié son geste. Une bague, c’est bien l’fun, mais pour moi rien ne peut accoter cet appel-là. Il a pensé à me dire merci au milieu du tourbillon, ça dénote tellement de classe. Dépisteur dans le junior, ce n’est pas ça qui paie l’épicerie! Ceux qui font ça sont des passionnés. Il n’y a pas une plus belle paye que la reconnaissance. En tout cas, si j’ai besoin de références, je sais où je peux en avoir!»

Paradis n’en a pas eu besoin. Le Drakkar l’a rapidement récupéré quand le mot s’est passé qu’il était disponible.

Le Drakkar a d’ailleurs annoncé il y a quelques semaines qu’il allait être davantage impliqué au sein de l’état-major. «Je m’entends très bien avec le dépisteur-chef Pierre Desjardins. Le Drakkar amorce une période de transition, le repêchage sera l’une des clés. Bâtir, c’est l’fun!»

Récolter l’est tout autant. Mais bon, comme les dépisteurs travaillent sur du moyen et long terme, ils ne sont pas tout le temps encore dans les parages quand ça se produit…