Avec ses 81 arrêts et six blanchissages, la gardienne des Patriotes Gabrielle Lambert (au centre) a été nommée joueuse par excellence du circuit universitaire québécois en soccer. Elle est entourée de Maude Poulin et Magali Gravel, membres de la deuxième équipe d’étoiles. Absente sur la photo: Lauriane Beauchamp.

Une autre page d’histoire à écrire

Trois-Rivières — Les Patriotes débarqueront dimanche sur le campus de l’Université Laval gonflées à bloc, sans complexe et persuadées qu’elles peuvent continuer à surprendre le monde du soccer universitaire féminin au Québec. Une victoire en demi-finale pourrait ouvrir les portes du championnat canadien aux filles de Durnick Jean, qui n’attendent que ça, elles qui ont dû se contenter d’un rôle de figurantes pendant trop d’années.

Parmi elles, la Trifluvienne Marie-Laurence Ouellet est l’une des mieux placées pour saisir la chance qui s’offre au groupe. Quand elle est arrivée à l’UQTR il y a cinq ans, l’étudiante en enseignement des mathématiques rejoignait un club dont les aspirations étaient limitées.

«Il y a eu beaucoup de changements administratifs, du recrutement et l’arrivée de nouveaux entraîneurs, énumère-t-elle. Aujourd’hui, on affiche une toute autre image. Considérant qu’on représente une petite ville par rapport aux autres de la ligue, c’est vraiment une bonne chose. La qualité de l’encadrement des joueuses fait la différence. Nous sommes enfin prises au sérieux.»

Et comment! Il serait bien maladroit de sous-estimer les Patriotes, victimes d’une seule défaite en 14 sorties cet automne. C’était contre les championnes canadiennes des Carabins de l’Université de Montréal, de nouveau les favorites pour tout rafler. Celles-ci affronteront les Martlets de McGill dimanche, quelques heures avant le choc entre l’UQTR et Laval.

«Je me suis impliquée personnellement pour revaloriser l’image des Patriotes soccer, entre autres pour le financement de nos activités. Être dans le carré d’as, c’est un honneur. Mais on vise plus haut que ça», sourit la finissante, dont les propos trouvent écho chez ses coéquipières.

Lambert athlète par excellence

Si le jeu collectif des Patriotes a été salué cette saison, l’équipe n’encaissant que huit buts, c’est aussi en grande partie grâce au travail presque parfait de la gardienne de 24 ans Gabrielle Lambert.

Celle-ci a été convaincue cet été par Durnick Jean de revenir à l’UQTR, après deux saisons passées chez les professionnelles en France.

Ses 81 arrêts et six blanchissages en près de 1200 minutes lui ont permis de mettre la main sur le titre de joueuse par excellence du circuit universitaire féminin. Le pire, c’est que Lambert a bien failli se rapporter aux Carabins!

«Avant de partir en France pour la saison 2016-17, mon objectif était de m’inscrire au HEC Montréal. J’ai joué deux ans à Albi, près de Toulouse, avant de revenir parce que je n’avais plus de contrat là-bas. J’avais aussi des problèmes avec ma cheville», raconte la gardienne des Patriotes, qui a finalement dit oui à Durnick Jean pour un retour à l’UQTR, elle qui avait pourtant connu les années difficiles du club avant de s’exiler en Europe.

«J’ai pris la bonne décision! Je n’ai jamais pensé au titre de joueuse par excellence pour être honnête. Le but en revenant ici, c’était de retrouver la forme pour, un jour, repartir tenter ma chance en Europe. Je suis heureuse de vivre un premier tournoi éliminatoire avec les Patriotes. On mérite d’être où nous sommes.»

Pas de séquelles

Patriotes et Rouge et Or n’ont pas fait de maîtres lors des deux matchs de la saison, qui se sont soldés par des verdicts nuls. Dans la ligue de soccer civil à la fin de l’été, plusieurs joueuses des deux équipes étaient sur le terrain, à Québec, quand le Club de soccer de Trois-Rivières a volontairement choisi de jouer de façon passive contre le club de Beauport, en route vers une défaite de 61-0.

En procédant ainsi, les entraîneurs du CSTR, dont fait partie Durnick Jean, voulaient passer un message par rapport à la difficile conciliation entre les horaires de la ligue civile et du circuit universitaire. Le match de la ligue civile ne voulait d’ailleurs rien dire au classement.

«Je n’y étais pas, mais les entraîneurs ont mis les choses au clair pour laisser ça derrière nous», assure Gabrielle Lambert. «Je suis persuadée que nous serons assez matures pour nous concentrer sur la demi-finale. J’ai confiance aux filles, nous sommes plus matures cette année, nous sommes capables de gérer les difficultés.»

En plus de la gardienne, Magali Gravel (milieu de terrain), Maude Poulin (défenseure) et Lauriane Beauchamp (défenseure) ont aussi obtenu une place sur l’une des deux équipes d’étoiles du Réseau du sport étudiant.

Le match de demi-finale dimanche est prévu pour 15 h 15, au PEPS de l’Université Laval. Advenant une victoire, les Patriotes prendraient part à la finale, le 2 novembre.