Les Électriks du Collège Shawinigan ont connu une saison sensationnelle en basketball masculin.

Une année du tonnerre pour les Électriks

TROIS-RIVIÈRES — Le programme de basketball des Électriks du Collège Shawinigan a rarement eu aussi bonne mine. Grâce à un recrutement rigoureux, les formations masculine et féminine de deuxième division mettront en effet un terme à une longue absence des séries éliminatoires ce week-end alors qu’elles participeront au championnat de conférence.

Chez les hommes, la formation dirigée par l’entraîneur Francis Mondou en sera à une première participation aux matchs éliminatoires en 14 ans. Pour le grand manitou du programme, qui a pris les guides il y a deux ans, la présente campagne vient récompenser le boulot accompli afin d’attirer des joueurs au Collège Shawinigan.

«Quand j’ai repris l’équipe, c’était possiblement la pire au Québec, lance Mondou, d’entrée de jeu. J’avais le goût d’offrir une équipe d’élite à notre ville. Il a fallu beaucoup de travail pour le recrutement. Au début, ce n’était pas évident de convaincre les joueurs de venir chez les Électriks quand ils regardaient les résultats des saisons précédentes.»

À ce sujet, Mondou doit une fière chandelle aux jumeaux Isaac et Esaie Severe, de l’École secondaire Henri-Bourassa à Montréal, qui ont été parmi les premiers à lui faire confiance. «On a un programme abordable, on a joué contre un des meilleurs prep school aux États-Unis (Putnam), on a fait des tournois en division 1. Les jumeaux Severe ont été les premiers et d’autres les ont suivis par la suite.»

Cette saison, les Électriks ont terminé au deuxième rang de la section Centre-du-Québec, dans la conférence Nord-Est, en vertu d’un dossier de 14 victoires et 2 défaites. Les Cougars de Champlain-Lennoxville sont les seuls à les avoirs vaincus en saison régulière, deux fois. L’attaque shawiniganaise a d’ailleurs été la plus productive du circuit avec 1612 points en 16 matchs. «On a un système de jeu qui fait qu’on marque beaucoup de points. On a un rythme très rapide. C’est essoufflant de jouer contre nous», sourit Mondou.

Pour le championnat de conférence, les Électriks croiseront d’abord le fer avec les Dynamiques du Cégep Sainte-Foy. Les quatre meilleures formations parmi les huit présentes au rendez-vous obtiendront leur billet pour le championnat provincial.

Mondou estime que la profondeur de son équipe peut faire la différence lors d’un tournoi sur une courte période. «J’ai la chance d’avoir 12 joueurs exceptionnels. Je pense à Teddy Bayi (un colosse de 6pi 8po) ou encore Mouhamed Ba qui ont tiré l’équipe chacun leur tour cette saison. On a aussi beaucoup de profondeur au poste de garde.»

La formation féminine des Électriks participera aux séries pour la première fois en 12 ans.

Justement, le garde Tom Bobst a été l’unique représentant des Électriks à être élu sur l’équipe d’étoiles du circuit.

Le jour et la nuit

Dans le vestiaire féminin des Électriks, leur campagne est tout autant digne de mention alors que les protégées de Matthew Désaulniers ont mis fin à une attente de 12 ans en se qualifiant pour les séries. Leur dossier de 12 victoires et 2 défaites les a placées au deuxième rang, derrière les Volontaires du Cégep de Sherbrooke (13-1).

Les Shawiniganaises ont d’ailleurs réalisé un tour de force en infligeant la seule défaite au compteur des Volontaires. Imaginez, les Sherbrookoises n’avaient pas perdu en saison régulière depuis le 2 décembre 2015!

La progression est fulgurante pour le programme des Électriks. Il y a trois ans à peine, Sherbrooke avait même écrasé Shawinigan 110-31.

«Dans ce temps-là, on avait à peine 5 ou 6 filles dans l’équipe. On peinait à faire survivre le programme. Ça fait deux ans qu’on met l’accent sur le recrutement et on voit une grosse différence. Juste d’avoir une équipe complète, ça fait tout un changement dans notre préparation», mentionne l’entraîneur qui en est à sa septième saison à la tête de l’équipe.

Cette saison, le pilote a pu miser sur un noyau solide, notamment avec Marianne Lanteigne qui a été nommée sur l’équipe d’étoiles. Ses coéquipières Sonia Champagne, Jasmine Parent, Gabrielle Lafontaine et Emma Rousseau ont aussi apporté leur contribution. «On a quatre filles qui ont une moyenne supérieure à 10 points par match», souligne l’entraîneur qui a vu son équipe rafler la bannière de la meilleure éthique sportive à travers la ligue.

Samedi, les Électriks croiseront d’abord les Élans du Collège F.-X. Garneau en lever de rideau du championnat de conférence. «On a perdu trois filles en cours de route, mais l’objectif de début de saison demeure le même. On veut participer au championnat provincial.»

Les Diablos aussi dans la course

Les Électriks ne seront pas les seuls à tenter de décrocher une invitation pour le championnat provincial. Dans le tableau masculin, les Diablos de Trois-Rivières (11-5) devront en découdre avec les Gaillards du Cégep de Jonquière en quarts de finale. Yann Hodler-Laquerre vient d’ailleurs d’être nommé sur l’équipe d’étoiles.

Du côté féminin, les Diablos (9-5) se frotteront à Sainte-Foy lors de la ronde quart de finale. Leur porte-couleurs Élodie Beaudoin a aussi été choisie sur l’équipe d’étoiles.