Étienne Boileau

Un vent d’optimisme chez les Draveurs

(Trois-Rivières) Il y a quelque mois à peine, le hockey de la Ligue nord-américaine était mort et enterré à Trois-Rivières. La concession du Blizzard était remise à la ligue après qu’aucun groupe local n’eut levé la main pour la sauver. Pourtant, il y aura bel et bien du hockey de la LNAH au Colisée cet hiver. Et un vent d’optimisme souffle au Colisée.

Arrivé à la rescousse, le groupe mené par Étienne Boileau permettra de donner au Blizzard devenu Draveurs ce qui semble être une dernière chance. Le groupe a obtenu la concession de la ligue pour une bouchée de pain et tente maintenant d’effacer le passé. Un passé où aller au Colisée était non seulement signe de défaite, mais surtout, d’un spectacle pas toujours intéressant au milieu d’estrades la plupart du temps vides.

«Oui, dans le passé, il est arrivé telle ou telle affaire, mais le passé, je ne peux rien y faire, lance Étienne Boileau. Le négatif, dire que ça va mal, on laisse maintenant ça de côté et on regarde par en avant.»

Boileau se permet d’être optimiste. Très optimiste à vrai dire. Il espère qu’un minimum de 1800 personnes se retrouvera dans les estrades du vieil aréna vendredi soir. Or, une telle foule lors d’un match d’ouverture n’a pas été enregistrée dans les huit dernières années. Peut-être même jamais, puisque les archives de la LNAH ne comptabilisent pas le nombre de spectateurs dans la décennie 2000. Surtout, il s’agirait d’une foule presque trois fois plus importante que la moyenne enregistrée par le Blizzard la saison dernière.

Mais Boileau a fait ses devoirs. Il explique que les ventes d’abonnements de saison ont doublé, mais qu’il a aussi approché plusieurs de ses contacts dans la région de Montréal pour mousser la vente et surtout, créer un événement fort qui donnera le goût aux gens de revenir au Colisée.

«Je veux que lorsque les gens entrent dans l’amphithéâtre qu’ils voient immédiatement la différence. Vendredi soir, ils ne reconnaîtront pas l’aréna. On est sérieux et on veut que ça fonctionne», explique celui qui a fait appel à l’humoriste Alain Dumas pour animer le lancement de saison.

Aussi bon soit le marketing d’une équipe, rien ne vaut la victoire. En plus de propriétaire, Boileau porte aussi le chapeau de directeur général de l’équipe. Comme avec les partisans, il met la barre haute. Après avoir terminé dernier en 2016-2017, il estime que les Draveurs peuvent se hisser dans le top 3 de la LNAH.

«Ce qu’on demande, c’est que chaque joueur joue comme si c’était sa dernière présence sur la glace. Avec six équipes dans la ligue, les joueurs qui tiraient de la patte l’an dernier vont se faire tasser par de meilleurs joueurs. Tout le monde est motivé pour connaître une belle saison.»

Les reins assez solides?

Les nouveaux propriétaires des Draveurs n’ont peut-être pas eu à payer très cher pour obtenir la concession du Blizzard, mais ils devront tout de même en assumer les dépenses. Or, l’équipe a enregistré des pertes de plus de 300 000 $ lors des deux dernières années.

«Quand nous nous sommes embarqués là-dedans, on savait dans quoi on s’embarquait. Les commanditaires, c’est une grosse source de revenus et nous avons atteint nos objectifs. Maintenant, c’est aux partisans de faire leur part. Ce qu’on pouvait contrôler, on l’a fait. Maintenant, on espère un effet boomerang et que ça nous revienne.»