Ken Oberkfell aime bien le baseball indépendant parce qu'il ne reçoit pas d'appels des dirigeants de l'organisation pour lui dire de faire jouer tel ou tel joueur!

Un trio pas piqué des vers

Champion de la Série mondiale de 1982 ayant roulé sa bosse pendant plus de 15 ans dans les grandes ligues, Ken Oberkfell, le gérant des Saltdogs de Lincoln, figure parmi les bons ambassadeurs de l'Association américaine du baseball professionnel indépendant.
En visite à Trois-Rivières cette semaine, l'ancien joueur de troisième but des Cards de St.Louis et des Giants, qui a eu la chance de participer à deux finales des Ligues majeures, dont celle de 1989 entachée par un tremblement de terre dans la région de San Francisco, possède un C.V. bien garni dans le monde du baseball.
En fait, les Saltdogs sont une des rares équipes à jouir de l'expertise de trois ex porte-couleurs des majeures, puisque John Harris (frappeurs) et Dan Reichert (lanceurs) comptent eux aussi quelques années d'expérience dans «Le Show».
«Est-ce que les joueurs nous écoutent plus en sachant cela? Je pense que oui, surtout en raison de l'expérience. Je sens ce respect, mais je l'ai envers eux également. Ils travaillent tellement fort pour se faire remarquer», répond le sympathique gérant de 58 ans, qui a dirigé
aux quatre coins des États-Unis depuis le début des années 1990, après avoir pris sa retraite dans l'uniforme des Angels de la Californie.
La prestigieuse revue Baseball America l'a même choisi comme gérant des ligues mineures de l'année au pays en 2005, conséquence de ses succès chez les Tides de Norfolk, une équipe affiliée aux Mets de New York. Oberkfell a par la suite occupé des postes importants, toujours dans l'organisation new-yorkaise. Il fut entre autres entraîneur sur le banc pendant la saison 2011. Il n'a cependant jamais eu l'occasion de diriger, un rêve qu'il cajolait dans les mois suivants sa retraite, en 1992.
Qu'à cela ne tienne, la passion du baseball était trop contagieuse pour qu'il se retire définitivement. L'appel des dirigeants des Saltdogs fut accueilli avec enthousiasme il y a près de deux ans. Dans les mois précédents, il avait été à la barre des Bears de Newark de la Can-Am, après un passage remarqué dans les Caraïbes où sa formation s'était imposée deux fois en trois ans. 
«J'adore la structure du baseball indépendant. Ici, personne ne t'appelle pour dire qui faire jouer contrairement à l'affilié. Le seul bémol, ce sont les longues heures en autobus», lance-t-il en riant... et citant au passage le long voyage qui a amené son club du New Jersey vers Trois-Rivières.
«Je doute que nous puissions un jour incorporer la Can-Am dans l'Association américaine à cause de cette réalité. Les équipes de la Côte-Est sont très éloignées, mais nous apprécions venir ici de temps en temps.»
Comme il appréciait ses séjours à Montréal, à l'époque où il se mesurait aux Expos. 
«Les amateurs ici ont toujours eu la passion pour le baseball. Montréal était une de mes villes favorites et je sais que plusieurs anciens coéquipiers et adversaires s'ennuient des Expos.»