Michel Laplante croit à la rentabilité d’une surface synthétique.

«Un synthétique, c’est payant»

Québec — La visite de quelques dizaines de partenaires des Aigles à Québec était une belle occasion de faire un tour de bus avec une grande légende des Expos, mais la direction tenait aussi à démontrer les avantages de se doter d’un terrain synthétique au Stade Stéréo Plus.

Le président des Capitales, Michel Laplante, a accueilli la délégation trifluvienne dans son parc de baseball, où une surface synthétique a été installée l’an dernier.

«Nous sommes les troisièmes utilisateurs du terrain, après les programmes Sport-études et les associations de baseball mineur. C’est faux de dire que ça ne sert que les intérêts d’une équipe professionnelle», martèle le grand manitou de la franchise québécoise.

«Les gens des Aigles se posent des questions sur la rentabilité d’un tel projet. Moi, je suis là pour leur dire que c’est gagnant et payant. Nous avons reçu des directeurs d’écoles privées aux États-Unis, des élus de certaines villes, qui sont intéressés à construire un synthétique. J’estime qu’on a eu 30 visites en 4 mois. Le mot se passe et on espère qu’un jour, Trois-Rivières aura le sien.»

Selon les chiffres de Laplante, l’entretien du terrain en gazon naturel coûtait environ 340 000$ par année. Il estime qu’au bout de dix ans, il aura économisé 1 M$ si le synthétique est bien entretenu.

«Et tu augmentes ton achalandage et tes inscriptions au baseball mineur! Ici à Québec, le maire Régis Labeaume n’avait pas de doutes quant aux bienfaits du projet, mais le coût l’inquiétait. On a créé un organisme sans but lucratif et trouvé la bonne structure, en plus de vendre le nom du stade. Aujourd’hui, on ne regrette pas d’avoir procédé ainsi. Le stade n’a jamais été autant utilisé et ce sont les jeunes qui en profitent le plus.»

Avec le fameux dôme qui surplombe la surface de jeu du Stade Canac, tous ces travaux auront coûté 4,3 M$. À Trois-Rivières toutefois, le projet se limiterait au terrain synthétique. Pas question de vendre l’idée d’un dôme aux élus de la Ville.

«Difficile à dire combien ça pourrait leur coûter, je ne connais pas la qualité du sol. Faudrait-il décontaminer le site? Ce sont des questions à poser.»

Ce que Laplante sait, c’est que la Ville et les Aigles y trouveraient leur compte. Dans les derniers mois, quelques intervenants du monde du baseball ont critiqué l’état de plusieurs terrains de baseball dans la grande région de Trois-Rivières, souvent avec raison.

Pas d’élus à bord
Les Aigles avaient convié les membres du conseil municipal à prendre part à l’activité de jeudi, mais aucun d’entre eux ne s’est présenté.Michel Laplante n’était pas déçu, il a apprécié son moment passé avec les partenaires des Aigles. S’il le fallait, il serait prêt à présenter le projet du terrain synthétique du Stade Canac aux élus trifluviens. «Ce ne serait pas la première conférence que je ferais sur le sujet.»

Questionnée par Le Nouvelliste à la fin du mois d’avril, la direction des Aigles estimait qu’une telle surface au Stade Stéréo Plus pourrait valoir entre 2 et 3 M$.