Laurence Vincent Lapointe se concentre maintenant sur son entraînement.

Un sprint... dans tous les sens!

TROIS-RIVIÈRES — Laurence Vincent Lapointe n’a pas vraiment le temps de «célébrer» sa victoire, peut-être la plus importante de sa carrière jusqu’ici et ce malgré ses 13 titres mondiaux acquis depuis 2010. Si elle veut retrouver sa forme optimale qui a fait d’elle la reine du canoë féminin, elle devra redoubler d’efforts à l’entraînement avec l’équipe nationale de canoë-kayak, en Floride.

L’athlète de 27 ans ne se sera contentée que d’une visite éclair dans sa ville natale lundi, avant de rencontrer les médias à Montréal en après-midi. Et c’est très bien ainsi!

Pendant son point de presse à l’hôtel Delta du centre-ville de Trois-Rivières, Vincent Lapointe a expliqué comment elle parvenait à tirer de bonnes séances d’entraînement, même si elle ne pouvait miser sur l’appui de ses mentors sur l’équipe nationale.

Sur une machine à ramer, elle a utilisé un miroir et son téléphone. Cela lui permettait de se filmer et d’apporter des modifications à sa technique si c’était nécessaire.

Dans les circonstances, disons qu’elle a hâte de renouer avec ses coéquipiers! Ces derniers l’attendent également avec impatience. Joint par Le Nouvelliste lundi midi, son premier entraîneur au Club de canoë-kayak de Trois-Rivières, Mathieu Pelletier, a raconté comment les membres de l’équipe nationale avaient été mis au courant de la nouvelle.

«Nous avons réuni tout le monde assez tôt, en sachant que la fédération internationale (ICF) donnerait son verdict dans la matinée. Il y avait beaucoup d’émotions. La partenaire de C2 de Laurence, Katie Vincent, était parmi les plus émotives.»

Il admet avoir lui-même poussé un grand soupir de soulagement. «Je la connais depuis qu’elle est toute jeune. Laurence a toujours eu une personnalité joviale, c’est une fille qui aime rire, mais elle avait complètement changé à cause du stress amené par toute cette histoire. Je n’aurais jamais cru la voir dans un tel état, je me sentais démuni et impuissant.»

Essais nationaux en avril

Le premier rendez-vous d’importance pour le grand retour de la canoéiste aura lieu en avril, lors des essais nationaux en Géorgie. Si elle réussit à s’imposer, elle pourrait mériter son billet pour Tokyo.

Ceci dit, le Canada doit aussi qualifier son bateau pour la course en équipe du C2 500 mètres. Le tout se décidera un mois après les essais nationaux, cette fois du côté du Brésil.

Il est pratiquement acquis que Vincent Lapointe sera déléguée en Amérique du Sud: il reste à voir avec qui elle pagaiera. Sa partenaire, Katie Vincent, ne peut se rendre au Brésil puisqu’elle a déjà qualifié le bateau canadien en C1, aux Championnats mondiaux de Hongrie l’an passé.

Laurence Vincent Lapointe est gauchère, tout comme Katie Vincent. Selon un observateur du sport à qui Le Nouvelliste a parlé, il est plutôt rare que de tels duos connaissent du succès sur la scène internationale.

«En temps normal, on recherche une gauchère et une droitière. Sinon, c’est plus difficile de garder le bateau droit. Pour Laurence et Katie, ce n’est pas un problème, car elles rament ensemble depuis longtemps. Par contre, pour des filles qui sont moins habituées d’être ensemble, c’est un critère à considérer. Sur l’équipe nationale, la plupart de nos filles sont des gauchères.»

L’enjeu est grand: si le C2 canadien se qualifie, le pays aura le luxe d’envoyer deux filles dans la compétition du C1 200 mètres. Au total, le Canada pourrait donc viser trois médailles à Tokyo. Vincent Lapointe, elle, ne vise rien de moins que le doublé en or.