Mario Carrière
Mario Carrière

Un repêchage hautement imprévisible

Trois-Rivières — Un repêchage junior, c’est toujours imprévisible. Faire des projections sur des adolescents de 15 ans qui s’apprêtent à être déracinés de leur milieu amène son lot d’impondérables. Habituellement, à partir du milieu de la première ronde, les listes des équipes varient pas mal.

La COVID-19 accentue certainement cette tendance en fin de semaine à l’encan de la LHJMQ, qui s’amorce vendredi soir avec la tenue de la première ronde. Le dépisteur-chef des Cataractes Mario Carrière avoue s’attendre à davantage de surprises. «Il nous manque des événements importants dans l’évaluation, notamment le Challenge Gatorade où on peut comparer les joueurs des Maritimes avec ceux du Québec. Sans le Challenge, il y a bien des dépisteurs régionaux qui n’ont pas assez vu les joueurs des autres territoires pour se prononcer. Toutes les équipes sont dans le même bateau. Mais ce serait mentir que de dire que ça ne complexifie pas notre travail.»

Pour remplacer les deux mois volés par la pandémie mondiale, les Cataractes ont utilisé davantage de vidéos et d’entrevues. «Le vidéo, c’est utile, mais il faut quand même faire attention. Tu ne vois pas tout, tu n’as pas la même profondeur d’analyse. Nos devoirs sont faits au maximum, dans les circonstances. On verra bien ce que ça va donner!»

Carrière dit avoir eu à juger une bonne cuvée, qui offre notamment une belle brochette de défenseurs. «Il y a de la qualité à toutes les positions, une certaine profondeur aussi. C’est vrai particulièrement chez les défenseurs», note Carrière, qui sait bien que les observateurs s’attendent à se gâter dans ce rayon. «On a été durs avec notre défensive, en oubliant peut-être qu’elle était jeune. En fin de saison l’an dernier, on voyait déjà de beaux progrès, qui vont se poursuivre la saison prochaine à mon avis avec une année de plus d’expérience chez les Bourgeois, Chouinard, Pépin, Hinds et Blanchet. Maintenant, ça ne veut pas dire que le tableau est parfait, qu’on n’a pas besoin de continuer à y injecter du talent. Année après année, il y a toujours des équipes qui cherchent des défenseurs lors des périodes de transactions. Plus tu en as des bons, plus tu es en bonne position», sourit-il.

Les Cataractes détiennent le neuvième choix au total vendredi soir. Ils parleront ensuite en troisième ronde. Ce scénario pourrait quand même changer dans les prochaines heures. La semaine dernière, le directeur-gérant Martin Mondou ne cachait pas son ouverture à monnayer ses choix s’il pouvait fortifier son alignement à l’aube de la dernière phase du cycle de cinq ans, soit celle de performance qui devrait durer deux campagnes. «Je ne suis pas le genre de recruteur qui s’attache à ses choix. Si l’équipe veut les utiliser pour d’autre chose, je me rallie. Mon travail, c’est d’être prêt lorsqu’on me donne le micro. Je le serai en fin de semaine, peu importe quand!»