Simon Kean et Alexis Santos ont fait connaissance jeudi.

Un premier face-à-face prometteur

Shawinigan — Simon Kean (12-0, 11 k.-o.) et Alexis Santos (18-2, 15 k.-o.) ont fait connaissance jeudi dans le cadre de la dernière conférence de presse avant le gala de boxe de samedi et il y avait déjà de l’électricité dans l’air!

C’est l’olympien qui a mis le feu aux poudres à la fin de l’activité promotionnelle en offrant un toutou à son rival américain. Il avait fait le même cadeau en décembre avec Randy Johnson, qui s’était amusé de la situation. 

Santos, lui, a décodé un manque de respect et il a lancé la peluche sur plusieurs mètres. Kean – vêtu aux couleurs des Patriots de la Nouvelle-Angleterre pour honorer un pari – a eu beau lui ramener, Santos s’est assuré de lui faire comprendre que son petit manège ne l’amusait pas du tout. Le traditionnel faceàface a ensuite donné lieu à une bonne minute d’intensité. Santos a alors longuement gardé ses yeux sur Kean, quand ce dernier s’est tourné afin de poser pour les photographes. 

«Je ne m’en viens pas me coucher. Je m’en viens me battre. J’ai tout à gagner. La pression est sur Kean, c’est lui qui se bat dans sa cour. Tout le monde s’attend à ce qu’il gagne. Personne ne croit en moi. Je comprends ça. Mais vous savez, les plus belles histoires, elles sont justement écrites par des négligés comme moi», a lancé Santos avant de prendre congé, avec un visage qui trahissait son agacement.

Kean, lui, était beaucoup plus détendu. Il réfutait les arguments de Santos sur la fameuse pression qu’il doit gérer. «La boxe, tu montes échelon par échelon. Quand tu perds, tu prends une débarque. Santos a perdu à son dernier combat, une deuxième défaite d’affilée mettrait sa carrière en péril. La pression est sur ses épaules», analysait le Trifluvien. 

«J’ai lu aussi qu’il était prêt à se battre comme un chien. Je vais agir comme ça si j’en ai besoin pour gagner, mais j’ai l’intention de me servir de mon talent pour avoir le dessus. Santos est peut-être le meilleur boxeur que je croise depuis mes débuts chez les pros, mais chez les amateurs, je pouvais en battre trois comme lui au cours de la même semaine!»

L’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert, assure qu’il ne faut pas lire dans ces derniers propos que Kean prend Santos à la légère. «Simon connaît la valeur de Santos et il connaît sa propre valeur. On le sait qu’on va devoir être prêts pour la première cloche. On a travaillé sur ses débuts de combats depuis quelques mois, on a déjà vu des résultats. Simon sait ce qu’il a à faire», assure Boisvert, qui convient que Santos peut faire dérailler la soirée si son poulain n’est pas concentré. 

«La défaite est possible si Simon connaît une mauvaise soirée. On parle de poids lourds, avec de très petits gants, ça cogne entre les câbles! Mais nos devoirs sont faits. Et si Santos fait connaissance comme on le pense avec le jab de Simon, ça ne lui prendra pas beaucoup de temps à comprendre qu’il est dans la ville de l’électricité, car il va sentir pas mal de courant au travers de son corps!»

Les organisateurs satisfaits

Le duel Kean-Santos sera la finale d’une carte de neuf combats. Plus de 3000 billets ont été écoulés, ce qui ravit les organisateurs. «On avait promis une grosse carte, on a livré la marchandise. C’est très intéressant de voir la Mauricie se ranger derrière Simon. Je m’attends à voir plus de 3500 personnes samedi», révélait Camille Estephan, Grand Manitou d’Eye of The Tiger Management, qui organise l’événement en partenariat avec les Cataractes. 

Bien sûr, Estephan sera un peu nerveux samedi soir quand il verra son Grizzly sortir du vestiaire. «Je suis toujours nerveux. Santos, c’est une bonne marche dans son cheminement. Mais j’ai confiance en Simon et je sais qu’il est bien préparé. Un jour, on espère le voir contre Anthony Joshua (champion du monde) et d’ici là, il doit monter les échelons. Santos va lui permettre d’avancer, c’est sûr.»

Le mot de la fin appartient à Roger Lavergne. Il y a 12 ans, il présentait au public le combat de championnat canadien entre Patrice L’Heureux et David Cadieux, un événement historique. Le président des Cataractes espérait à nouveau pouvoir miser sur l’appui du public pour ce gala orchestré cette fois autour de Kean. Il se disait très heureux du dénouement. 

«Nous sommes chanceux de pouvoir présenter à nouveau un événement aussi important chez nous. En dépassant le cap des 3000 billets, le stress est tombé, il ne reste que de l’excitation. Vous avez vu Santos comme moi, voilà un gars venu tester réellement Simon. On est à la veille de la St-Valentin, j’ai l’impression qu’il va y avoir bien des gens qui vont tomber en amour avec la boxe samedi!»