Marc-Édouard Vlasic a participé à la conquête de la Coupe Memorial des Remparts de Québec avant de mériter, à 19 ans, un poste au sein de la brigade défensive des Sharks de San Jose.

Un peu de Shawinigan aux Olympiques

Il y a une toute petite saveur mauricienne au sein de la formation olympique canadienne de hockey, qui va bientôt partir à la défense de son titre à Sotchi.
<p>Marc-Édouard Vlasic</p>
Marc-Édouard Vlasic, l'un des huit défenseurs retenus par Steve Yzerman et ses lieutenants, a grandi à Beaconsfield, mais il a des racines très profondes à Shawinigan, là où sa maman Marie-Josée Lord a grandi et où une bonne partie de sa parenté est toujours établie.
Vlasic est sûrement le joueur le plus méconnu d'Équipe Canada aux yeux du grand public. Pourtant, à 26 ans, il a déjà plus de 500 matchs derrière la cravate dans la LNH, après y avoir fait le saut à 19 ans. Il venait alors de tenir un rôle de premier plan dans la conquête de la Coupe Memorial par les Remparts de Québec, lorsque les Sharks de San Jose ont décidé de le faire graduer et de lui confier d'importantes responsabilités.
Vlasic n'est pas le plus flamboyant à l'attaque, mais il est solide dans les trois zones et il très rapide. Invité au championnat du monde à deux reprises, puis au camp d'orientation d'Équipe Canada l'été dernier, il s'était mis en tête, depuis le triomphe de l'équipe à Vancouver, de faire partie de la prochaine cuvée. Il a pu dire mission accomplie le 8 janvier.
«Il n'a pas eu le temps de trop célébrer car son équipe était sur la route cette journée-là et elle jouait contre Nashville. Je sais par contre qu'il était vraiment content. Les Olympiques, c'est gros!»
Si Marie-Josée Lord n'avait jamais imaginé qu'elle irait un jour assister aux prouesses de l'un de ses fils au rendez-vous sportif planétaire le plus important, la Shawiniganaise se doutait bien que ses enfants allaient être à l'aise sur deux lames, puisque le hockey fait partie de sa vie depuis son enfance. Sur la patinoire familiale, elle-même ne donnait pas sa place. Puis, à l'adolescence, elle se faufilait derrière les portes de l'aréna Jacques-Plante pour aller voir la troisième période des Cataractes... alors que les guichets venaient de fermer!
«Nous habitions sur la rue Hart, à quelques pas de l'aréna Jacques-Plante», plaide la physiothérapeuthe, dont le destin a voulu qu'elle tombe amoureuse lors de ses études à McGill de son entraîneur de hockey intra-mural Edward Vlasic, qui a défendu avec fierté les couleurs des Redmen pendant cinq ans.
«Ça parlait pas mal de hockey dans la maison! Moi-même, je joue encore deux fois par semaine. Mon deuxième fils, Thomas, a joué deux saisons pour les Redmen. Quant à nos jumeaux, James et Charles, ils ont évolué élite jusqu'au bantam AA avant de prendre un chemin différent...»
Vous comprendrez que Marie-Josée Lord et son conjoint ne rateraient pour rien au monde ce tournoi olympique et qu'ils vont donc s'envoler pour la Russie même si la sécurité des sites inquiète bien des gens. «On entend parler de la sécurité, mais ça ne nous a jamais traversé l'esprit de ne pas faire le déplacement. C'est une occasion tellement spéciale, les Olympiques! Et puis notre hôtel est situé à quelques rues seulement de l'aréna...»
Vlasic et ses parents vont s'envoler ensemble à partir de Newark dans l'un des avions nolisés par l'Association des joueurs de la LNH, qui va également mettre un salon à la disposition des joueurs et des familles à l'aréna olympique afin qu'ils puissent se côtoyer après les matchs. «Nous sommes privilégiés par rapport à d'autres sports, nous en sommes conscients. L'Association des joueurs pilote le dossier et tout est fait de façon à nous faciliter la vie.»
Les parents de Vlasic comptent bien aller encourager les athlètes canadiens dans d'autres disciplines lors de leur séjour en Russie. «On veut aller voir l'équipe féminine de hockey, l'une des filles de l'équipe, Laurie-Anne Rougeau, a joué son hockey mineur avec Thomas. Le patinage de vitesse et le patinage artistique nous intéressent également. Ça va dépendre de la disponibilité des billets... et de comment on va se sentir une fois rendus là-bas. Si la sécurité nous inquiète, peut-être qu'on va s'en tenir seulement au hockey masculin...»