François Lafontaine a maximisé la fin de sa période de confinement en créant un dispositif qui permet de sortir la balle de golf de la coupe sans toucher au fanion. Il a vendu son produit dans une trentaine de clubs au Québec.
François Lafontaine a maximisé la fin de sa période de confinement en créant un dispositif qui permet de sortir la balle de golf de la coupe sans toucher au fanion. Il a vendu son produit dans une trentaine de clubs au Québec.

Un patenteux au service du golf [VIDÉO]

SHAWINIGAN — Plombier de formation, François Lafontaine est d’abord et avant tout un patenteux. Pendant le confinement, le Shawiniganais a pris l’initiative d’aider l’industrie du golf dans sa quête vers des mesures sanitaires, pour assurer la sécurité des joueurs et du personnel.

Son but? Créer un dispositif qui permettrait de sortir la balle de la coupe sans toucher à la tige des fanions, comme la Santé publique l’exige.

Les résultats parlent d’eux-mêmes: en l’espace de quelques semaines et après avoir procédé par essai-erreur, il a vendu son produit final à 28 clubs à travers la province, y compris la majorité des propriétaires ayant pignon sur rue en Mauricie. Sainte-Flore, Grand-Mère, La Tuque, Louiseville, St-Boniface, St-Gérard, Les Rivières, le Godefroy, le Métabéroutin: le Fonfon-Hop, comme le désigne son concepteur, a gagné les verts de la région à la vitesse grand V. Il s’exporte dorénavant un peu partout au Québec, surtout dans les régions plus au nord.

«J’en ai fabriqué 488, soit une vingtaine par club. Évidemment, j’en faisais moins pour les clubs qui n’ont que 9 trous. Ce fut un travail à temps plein, avec l’aide de mon petit neveu. Il était content de m’appuyer là-dedans, quand il a appris que son école secondaire ne rouvrirait pas», sourit François Lafontaine qui, vous l’aurez deviné, est surnommé «Fonfon» par ses amis.

«Je m’amuse! Je me suis inspiré de ce qui se faisait aux États-Unis, sur des chaînes YouTube. J’avais le temps de regarder ça, durant la période d’isolement! Par contre, je n’avais pas prévu un tel effet boule de neige.»

Que de bons commentaires

Le dispositif pensé par François Lafontaine a prouvé son efficacité. Le golfeur peut récupérer sa balle sans toucher à la coupe, ni à la tige. «On garde une bonne distance, c’est super léger et la poignée en caoutchouc évite le contact métal contre métal avec le putter, un contact qui pourrait endommager autant le bâton que la tige du fanion.»

C’est d’abord à Sainte-Flore, où il est membre, que notre plombier patenteux a prouvé la valeur de son produit. Le bouche-à-oreille s’est chargé du reste.

«Avec mon emploi, je récupère pas mal de trucs, dont du teflon, des anneaux de plastique. Je me suis organisé un petit atelier à la maison: après une quinzaine de jours où je ne faisais pratiquement que ça, je suis assez fier du produit final et de la réponse de l’industrie!»

Pour l’instant, le Fonfon-Hop semble vouloir résister au jeu parfois rude de certains golfeurs. Partout dans le monde de la discipline, les clubs ont dû s’adapter et prévoir des façons de respecter les règles sanitaires, si chères aux gouvernements et à la Santé publique. Le jeu sur les verts a notamment changé dans cette ère de la COVID-19.

«Je sais que certains golfeurs n’aiment pas jouer avec la tige, qu’ils préfèrent l’enlever quand ils arrivent sur le vert. Ce n’est plus possible maintenant, car on ne peut plus toucher à la tige. Il faut s’adapter, mais en général, l’essence du sport n’a pas changé. J’ai vu des dispositifs différents dans d’autres clubs, comme au Ki-8-Eb, et c’est très bien aussi. Au fond, tout le monde choisit la méthode qu’il préfère. Je ne m’attendais juste pas à ce qu’il y ait autant de fans du Fonfon-Hop!»

François Lafontaine prédit qu’il accumulera une soixantaine de rondes cette année, une vingtaine de plus qu’en 2019. S’il reste en Mauricie, il y a de fortes chances qu’il joue sur des terrains utilisant son levier bricolé à l’atelier familial.

«Ça a valu la peine! J’ai eu du fun, mais j’ai aussi le sentiment d’avoir pu donner un coup de main. Je ne ferai pas breveter mon nouveau jouet, ça coûterait trop cher pour ce que j’ai ramassé comme profit. De toute façon, l’objectif, c’était d’accommoder l’industrie, le temps que la crise durera. Je ne pense pas que le Fonfon-Hop sera toujours utilisé sur les verts, après la pandémie!»

Mais pour l’instant, grâce à un plombier patenteux, il rend de fiers services.