Steven Butler a réglé le cas de son adversaire avec une droite percutante au premier round.

Un message clair et limpide

Shawinigan — Steven Butler avait promis de profiter du gala à Shawinigan pour livrer un message. Il a tenu parole avec panache! Butler a détruit Uriel Gonzalez d’une percutante droite dès le premier assaut de la demi-finale, une scène qui a fait bondir les 3500 spectateurs de leur siège.

Ce Gonzalez avait pourtant amené Francis Lafrenière jusqu’à la limite l’an dernier, s’inclinant par décision partagée dans un combat endiablé. C’est la raison pour laquelle Butler souhaitait tant l’affronter. «On ne l’a jamais caché, on a pris ce combat pour piquer Lafrenière. Je voulais livrer un message. Je pense que c’est réussi», souriait le jeune homme, qui disait ne pas être surpris par cette victoire expéditive.

«J’ai dit à mon meilleur ami [vendredi] que j’allais régler ça dès le premier round. J’étais calme sur le ring, mais je savais exactement où je m’en allais. Ça prouve que j’ai pris de la maturité. On a travaillé fort au gymnase pour préparer ce combat. Ça eu l’air facile ce soir, mais en réalité, mon équipe m’a beaucoup poussé à l’entraînement. On progresse.»

Germain livre la marchandise
Mathieu Germain (13-0, 7 K.-O.) avait donné le ton à la deuxième partie de la soirée en livrant un combat presque sans reproche à Cam O’Connell (16-2-1, 10 K.-O.), un solide pugiliste venu de Red Deer pour lui disputer le statut d’aspirant obligatoire au titre du Commonwealth.

Incisif à souhait avec son crochet de la main avant, Germain a dominé les trois premiers rounds, avant d’envoyer O’Connell au tapis au quatrième. Ce dernier a offert plus de résistance par la suite, mais il a fini par poser un genou au sol au huitième round, à bout de souffle. Son coin en avait vu assez, il a lancé la serviette blanche pour l’empêcher de retourner manger les claques de Germain.

«Je suis content de mon combat, mais ce n’est pas parfait. J’étais un peu trop large, j’ai laissé rentrer un peu trop de coups pour rien», racontait Germain. «Ce crochet, vous n’avez pas idée à quel point on l’a pratiqué dans le gymnase. Le placer aussi bien, c’est un peu un hommage à mon entraîneur!»

Germain n’est pas rassasié par ce statut d’aspirant obligatoire. «Je veux la ceinture. Aujourd’hui, elle était en jeu à un autre endroit, je souhaite affronter le gagnant. N’importe où», insistait Germain, qui a du même souffle invité Tony Luis à le combattre. «C’est un bon boxeur, je l’ai battu chez les amateurs. Il m’a nargué sur les réseaux sociaux, il est très fort derrière le clavier. Je pense que ça donnerait un bon combat.»

Débuts réussis pour Courchesne

Le nouveau Tigre Raphaël Courchesne a réussi ses débuts chez les pros dans le premier combat de la soirée samedi soir. Opposé à Luis Ernesto Granados (2-5, 2 K-O), Courchesne a dominé les quatre rondes du duel et il a mis la main sur une décision unanime de 40-35. Granados ne sera quand même pas gêné d’encaisser son chèque de paie, il est resté devant Courchesne même s’il a pris une raclée. Il a fait honneur à la réputation des Mexicains!

Fait à noter, les gradins étaient déjà bondés lorsque le gala a pris son envol à 19 h 30. Tous les boxeurs de la carte ont mentionné le plaisir de se battre devant une foule aussi dédiée. Dans les grands centres, les gens qui se procurent les billets les plus chers ont plutôt l’habitude de se pointer dans les galas uniquement pour les deux ou trois derniers combats de la soirée…

Spectaculaire Clavel

Kim Clavel (2-0) a sûrement gagné de nouveaux fans avec son électrisante prestation. L’infirmière avait une coriace Mexicaine dans les pattes, ce qui a produit un duel offensif à l’avantage de la protégée de Camille Estephan. Jessica Guerrero a subi une troisième défaite en six combats, parce qu’elle a été incapable de soutenir la cadence infernale de Clavel à partir du deuxième round.

Thibault et Drolet s’éclatent à Shawinigan

Les deux boxeurs originaires de la région de Québec ont connu une soirée explosive. Pour sa troisième sortie professionnelle, Vincent Thibault (3-0, 1 K.-O.) a mis toute la gomme face au Polonais Piotr Brzoska (1-2). Le gaucher originaire de Charlesbourg a terrassé son rival pendant quatre rounds, s’offrant facilement une victoire par décision unanime.

Il faut dire que le Polonais a démontré beaucoup de courage pendant les quatre assauts. Plusieurs boxeurs auraient préféré jeter la serviette, mais Brzoska s’est battu jusqu’à la fin. «Le gars est très tough. Il est venu pour se battre. Il n’était pas facile à affronter en raison de son style peu traditionnel. Il me reste à peaufiner et ajuster quelques éléments», a indiqué Thibault.

Son compatriote Clovis Drolet, de Beauport, n’a pas eu à s’éterniser dans l’arène pour signer sa cinquième victoire en carrière (5-0, 3 K.-O.), devant le Mexicain Adriel Juzaino (26-14, 12 K.-O.).

Après un premier round où il a largement dominé les échanges, Drolet a poursuivi son travail méticuleux en faisant plier les genoux à son rival grâce à une solide droite. Juzaino a repris ses esprits quelques instants avant d’être victime d’une nouvelle rafale de coups de Drolet, au corps cette fois. Le Mexicain ne s’en est pas remis, forçant l’arbitre à arrêter le combat. «Ça s’est passé aussi bien qu’au gym, mes coups sortaient bien. Dès la fin du premier round, j’ai senti que j’avais le plein contrôle. J’ai livré une performance parfaite.»

Cadieux impressionné

Ex-champion canadien des poids lourds, David Cadieux s’est dit épaté de la prestation livrée par Simon Kean. «Il a vraiment des qualités de champion. Santos était très fort et Simon a très bien réagi face à cette adversité. Il sera prêt dans peu de temps pour de gros combats. Il m’a vraiment impressionné», a confié Cadieux, vainqueur il y a 12 ans du combat de géants l’opposant à Patrice L’Heureux pour le titre national des poids lourds.

Une soirée sécuritaire

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette soirée s’est déroulée sous haute sécurité. À l’entrée du Centre Gervais Auto, pas moins d’une dizaine de policiers, dont certains de l’Escouade régionale mixte, agissaient comme comité d’accueil aux spectateurs. Pas de doute que ça donnait le ton à la soirée! L’autre comité d’accueil était formé… de musiciens! C’est au son du rock du Nelson Voyer Band que les amateurs ont fait leur entrée dans l’édifice, avant de se diriger vers leur siège. Ça décoiffait un brin!