En raison de leur participation au Tournoi de Trois-Pistoles , les Coyotes de Louiseville bantam A n’ont pas eu le droit de participer aux séries éliminatoires de leur ligue.

Un imbroglio aux conséquences fâcheuses

LOUISEVILLE — Les Coyotes de Louiseville bantam A se souviendront longtemps de leur victoire au Tournoi de Trois-Pistoles, mais pas nécessairement pour les bonnes raisons. Une succession d’erreurs administratives dans le processus d’inscription à la compétition les aura empêchés, en fin de compte, de participer aux séries éliminatoires de la Mauricie avec, en prime, une amende de 500 $.

Pour le président de l’Association de hockey mineur de Louiseville, Éric Ferron, la situation est fort déplorable. Cependant, il n’est pas prêt à lancer la pierre uniquement à Hockey Mauricie dans ce dossier. «On comprend la frustration des parents qui sont hyper offusqués. Mais à la base, l’équipe n’aurait jamais fait une demande d’inscription pour ce tournoi si elle avait bien pris connaissance des règlements.»

En effet, dans le guide des opérations remis à chacune des équipes au début de l’année, il est clairement indiqué qu’une équipe ne peut participer à un tournoi pendant la durée des séries éliminatoires, des championnats régionaux, interrégionaux et provinciaux, sans l’accord préalable de Hockey Mauricie. Les dates y sont clairement détaillées et on y ajoute aussi que si une équipe ne peut se présenter à son match de séries, sauf en cas de raison majeure, elle sera automatiquement exclue et recevra une amende de 500 $. Le règlement précise aussi que la participation à un tournoi ne représente pas une raison majeure.

Une suite d’erreurs

Afin de tracer le fil des événements, mentionnons d’abord que la première erreur a été commise par l’équipe en demandant un permis pour ce tournoi à l’intérieur de plage interdite. Ensuite, la seconde erreur est survenue à l’Association de hockey mineur de Louiseville, qui a rempli la demande de permis avant de l’acheminer à l’instance régionale. Enfin, la troisième erreur s’est produite dans les bureaux de Hockey Mauricie, où l’on a émis un permis pour participer au Tournoi de Trois-Pistoles.

«Dès qu’on a reçu l’approbation de Hockey Mauricie, on a payé notre inscription au tournoi en plus de réserver les chambres d’hôtel, explique la gérante de l’équipe, Valérie Clément. On a compris que quelque chose ne fonctionnait pas, au début du mois de février, quand on s’est aperçu qu’on avait des matchs de séries en même temps que notre tournoi. Ça n’a vraiment pas été évident d’annoncer aux joueurs qu’ils devaient choisir entre les deux.»

À Hockey Mauricie, on admet qu’une erreur a été commise dans les bureaux en accordant le permis pour ce tournoi. Cependant, le président René Leclair ajoute du même souffle que cette demande n’aurait jamais dû être soumise. «Au début de l’année, les gens sont convoqués et les règlements sont expliqués de A à Z. Tout est clair et net. La demande n’aurait jamais dû se rendre jusqu’à nous. La seule erreur qu’on a faite, c’est de délivrer le permis pour le tournoi», mentionne-t-il, soulignant qu’il n’y a eu que deux erreurs du genre sur quelque 600 demandes de permis de tournoi cette saison.

À travers toute cette situation, beaucoup de mauvaises informations ont également circulé dans les gradins, souligne Éric Ferron. Tout d’abord, certains parents croyaient que l’équipe pouvait participer à un tournoi pendant la semaine de relâche puisqu’aucun match de ligue n’allait y être disputé. Encore là, le guide des opérations était clair: aucun match de ligue ne serait disputé pendant la semaine de relâche, du lundi au vendredi. De plus, certains bruits de corridor laissaient croire que les séries étaient repoussées de deux semaines ce printemps, ce qui était faux. «Les dates n’ont pas changé depuis le début de l’année. C’est l’an prochain que les séries devraient commencer deux semaines plus tard qu’à l’habitude», explique le président de l’association locale.

Un plan B?

Le président du hockey mineur de Louiseville mentionne avoir proposé une alternative afin de permettre aux Coyotes de participer aux séries éliminatoires. «On a suggéré de disputer les matchs à Louiseville, aux frais de notre organisation, car on avait des disponibilités de glace. Cette solution a cependant été refusée. C’est décevant, mais dans un sens, je peux comprendre Hockey Mauricie d’avoir pris cette décision. Ils ne voulaient pas créer de précédent.»

René Leclair admet effectivement que son organisation aurait pu trouver une solution pour permettre aux Coyotes de participer aux séries éliminatoires. Ceci aurait cependant eu pour effet de contourner la réglementation en vigueur en plus de placer l’organisation dans une situation inconfortable pour les années suivantes. «Il y aurait eu moyen de corriger la situation. Tout se contourne dans la vie. Par contre, si on fait ça, quelqu’un d’autre va arriver avec la même problématique la saison prochaine et on va devoir l’accommoder parce qu’on l’a fait dans le passé. Ça ne finira plus. Il faut être conséquent avec la réglementation.»

Chez les Coyotes, la pilule est difficile à avaler. «On trouve ça dommage que Hockey Mauricie n’assume rien de son erreur. Tout ça est très dommage pour les jeunes. On ne dirait pas que les dirigeants sont là pour faire jouer les jeunes au hockey. L’important dans tout ça, ce n’était pas de trouver un coupable, mais juste de les faire jouer leurs séries», déplore la gérante de l’équipe, qui a également fait des représentations auprès de Hockey Québec pour faire changer la décision, sans succès. «Les parents sont fâchés. Et ils n’ont surtout pas envie de payer l’amende de 500 $.»

Un exemple

Quelque peu coincé entre l’arbre et l’écorce, Éric Ferron espère que cette situation servira d’exemple et, qu’à l’avenir, les responsables d’équipes de hockey prendront le temps de bien lire le guide des opérations en début de saison afin d’éviter tout incident du genre. «C’est désolant que les jeunes soient punis en ne pouvant pas participer aux séries, mais c’est clairement indiqué dans la réglementation. L’erreur aurait pu être interceptée à plusieurs reprises dans le processus, mais ça n’a pas été le cas. C’est ultra malheureux. C’est certain que je vais insister l’année prochaine pour que les responsables d’équipes prennent bien connaissance du guide des opérations. On ne veut plus que ça se reproduise.»

Au bout du compte, les joueurs des Coyotes de Louiseville sont rentrés à la maison avec une médaille d’or accrochée à leur cou à la suite de leur victoire au Tournoi de Trois-Pistoles, le week-end dernier, en guise de dénouement aigre-doux à toute cette histoire.