Le président du GP3R, Joël St-Pierre, agite le drapeau à damier, lors du passage mercredi de voitures Ferrari sur le circuit trifluvien.
Le président du GP3R, Joël St-Pierre, agite le drapeau à damier, lors du passage mercredi de voitures Ferrari sur le circuit trifluvien.

Un été sans Grand Prix

TROIS-RIVIÈRES — Voir défiler mercredi des voitures Ferrari, du parc de l’Exposition jusqu’à l’Amphithéâtre Cogeco, aura été un baume pour l’âme et le cœur de l’équipe de direction du Grand Prix de Trois-Rivières. Aucune activité ne peut toutefois compenser le vide laissé par l’annulation de la 51e édition, qui aurait dû s’ouvrir vendredi soir, devant des milliers de personnes au centre-ville et au parc portuaire.

Dans un monde normal, le directeur général du GP3R Dominic Fugère ne serait pas revenu de ses vacances à quatre jours du début des courses. Il ne dormirait pas huit heures par nuit non plus!

«Non, on serait censé être dans le gros rush depuis au moins trois semaines», admet le grand manitou de l’organisation, qui a annoncé dès la mi-avril qu’elle renonçait à l’événement de l’été 2020.

«On se tient occupé, on travaille sur des projets sur lesquels nous n’avons jamais le temps de nous attarder.»

Amélioration du réseau de télécommunication, pose d’asphalte au virage 8 sur la rue Papineau, désignation de nouvelles stations pour le lavage des mains en vue des prochaines années: les tâches ne manquent pas, même si les moteurs, eux, ne vrombiront pas. Au plaisir d’un certain nombre de citoyens, certes, mais à la vive déception de plusieurs amateurs, commerçants et autres restaurateurs. Les rues du centre-ville seront anormalement tranquilles, pour cette période des vacances estivales. Le GP3R, sujet polarisant de nos étés, prend une pause pour mieux revenir.

Heureusement, spécifie Fugère, le Grand Prix mise sur de «solides partenariats» ainsi que d’une aide gouvernementale importante pour «rester en vie et travailler sur des projets».

Dominic Fugère

«Est-ce que l’absence d’une édition peut faire mal pour la suite? Nous sommes vraiment chanceux d’avoir Tourisme Québec, Développement économique Canada, Loto-Québec et la Ville de Trois-Rivières. Ça nous aide à avancer, à penser à la refonte de notre week-end rallycross et à préparer un événement d’hiver. On est dans cette dynamique.»

Il y a évidemment beaucoup de «si», quand on aborde la question du rallycross hivernal, une initiative chère à Dominic Fugère. Il en parle publiquement depuis plus de deux ans.

Au cours des derniers mois, le Championnat des Amériques de rallycross (ARX) a mis la clé sous la porte. Le DG assure néanmoins être en contact avec un autre promoteur, désireux de venir à Trois-Rivières l’hiver prochain. Le but est de présenter des courses à l’Hippodrome 3R, quelque part en février. La cité de Laviolette serait la première étape de ce championnat, que Fugère ne souhaite pas identifier pour l’instant. Trop tôt.

«Je pense qu’on va aller aux noces! Les fiançailles vont bien, les épousailles devraient bien aller. Si ça ne peut pas fonctionner avec la Santé publique, on attendra à l’été.»

La faillite du Championnat ARX n’est pas une bonne nouvelle pour l’industrie, encore moins pour la discipline du rallycross. On sait aussi que le Championnat mondial de rallycross et le GP3R n’ont pas renouvelé leur entente. Les deux étaient liés depuis 2014.

«Ça fait 50 ans qu’on s’adapte. Pour certains commanditaires, c’est certain que la crise que nous traversons, c’est plus difficile. D’autres, par contre, brassent de très bonnes affaires et ils voudront faire parler d’eux. Je crois que nous sommes encore un bon véhicule pour ça. En ce moment, tout le monde attend de voir comment la situation évoluera. Même chose pour nos partenaires corporatifs.»

Trop vite sur la gâchette?

Quand le Grand Prix a annoncé l’annulation de sa 51e édition en avril, certains ont jugé que la direction avait été trop précoce. Alex Tagliani a fait une sortie publique en ce sens. «Nous, le dossier est réglé, tranche Dominic Fugère. On a pris la bonne décision. Il y a une raison pourquoi la Santé publique gère les événements. Nous avions espoir pour la mi-septembre, mais ça n’aurait pas été possible.»

Fugère dresse un parallèle avec le Grand Prix de Montréal. «La course de F1 était prévue en octobre, elle n’aura pas lieu. Ça me conforte dans notre choix. C’est certain qu’on prenait un risque, car tout aurait pu rouvrir, mais ce ne fut pas le cas. Qu’est-ce qui serait arrivé? On aurait investi des sommes que nous n’aurions pas pu récupérer ensuite.»