John Tavares sera bientôt libre comme l’air. Il pourrait représenter le coup de circuit dont Marc Bergevin a besoin pour redorer son blason.

Un été crucial pour Bergevin

J’ai failli tomber en bas de ma chaise lorsque j’ai entendu Geoff Molson amorcer le point de presse avec des promesses cosmétiques. Une meilleure bouffe, une expérience client plus dynamique, et un gel de prix vous attendent au Centre Bell la saison prochaine. Misère!

La plus grande dynastie du hockey vient de signer l’une de ses pires saisons de sa riche histoire, et le grand patron veut vous rassurer d’abord et avant tout sur tout ce qui ne touche pas la surface de jeu. Visiblement, Molson est plus inquiet des centaines de bancs vides dans son Temple que par les performances de son équipe. Triste.

Il devrait comprendre que c’est pourtant directement relié! Voir si de meilleurs hot-dogs vont faire une différence...

L’autre promesse de Molson, c’est la transparence. Il a insisté: il y a une volonté réelle au sein de l’organisation de fournir plus d’informations, pour se rapprocher des fans. Ironiquement, la majorité des réponses du tandem Geoff Molson-Marc Bergevin lundi après-midi commençait en évoquant le désir de dire précisément la vérité, en avouant que c’était impossible. On ne commente pas les rumeurs, on ne veut pas parler de cas précis, on ne veut pas être accusé de maraudage, on veut protéger nos joueurs, alouette. On n’était pas très loin d’un dîner de cons...

Rien de nouveau
Si Molson et Bergevin ont orchestré cette mise en scène, c’est parce que le statu quo est envisagé malgré les déboires de l’équipe. Bergevin garde son job, Claude Julien aussi. Les résultats du repêchage amateur ne sont pas parfaits mais Trevor Timmins a dû souvent se débrouiller avec moins de choix que ses compétiteurs. Il sera à la table de l’équipe en juin à Dallas. Les dépisteurs professionnels font du bon boulot, ils ne peuvent frapper pour 1000. Et, de toute façon, c’est Bergevin qui a le dernier mot et il a pris le blâme pour avoir été un peu trop optimiste.

Bergevin a bien sûr promis de réévaluer son personnel au cours des prochaines semaines. Comme s’il n’avait pas eu le temps de le faire ces dernières années! Il a avoué du même souffle se sentir bien appuyé, et il jure être entouré d’hommes de hockey avec des points de vue différents. Traduction libre: Pas besoin de surveiller votre fil Twitter d’ici le repêchage, il n’y aura pas grand bouleversement. Entre les branches, on entend dire que Sylvain Lefebvre pourrait être sacrifié pour apaiser la grogne populaire mais au sein de cet état-major qui a gagné, je vous le rappelle, trois petites rondes de séries en six ans, le country club pourrait très bien être intact au départ de la saison 2018-19.

Un plan nommé Tavares?
Difficile de comprendre pourquoi Molson a une confiance aveugle en Bergevin. L’automne dernier et au début de l’hiver, le proprio a fait plusieurs fois référence au plan de son directeur général, il se disait convaincu que le Canadien allait se qualifier pour les séries. C’est l’inverse qui s’est produit. Plus les semaines avançaient, plus le Canadien chutait au classement. Pire fiche sur la route, 30e pire équipe en désavantage numérique, quatrième pire rendement global. Et pourtant, la confiance est intacte! Bergevin doit être persuasif entre quatre yeux, hein?

Par contre, il n’a pas le même aura sur son groupe de joueurs. Selon lui, c’est l’attitude des joueurs qui a coulé son équipe, plus que son manque de talent. Vrai que Carey Price est sorti de ses gonds une couple de fois, lui qui est pourtant réputé pour son flegme. Max Pacioretty a remis en question le système de jeu de son entraîneur, et il fait pas mal de boudin. Quant à Jonathan Drouin, il semblait plus se soucier de ses statistiques personnelles que du rendement de son équipe. Bergevin a reconnu lundi qu’il a senti ce problème d’attitude dès le camp d’entraînement, et a promis d’adresser la problématique au cours de la saison morte. La question qui tue: pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de mettre les points sur les i?

Bergevin a dévoilé que c’était la partie la plus névralgique de son plan estival. Le reste, pour des raisons stratégiques, il se le garde pour lui et son employeur. Molson a encore évoqué ce fameux plan lundi avec des yeux pétillants. Si vous voulez mon avis, ça ne peut être que John Tavares, qui sera libre comme l’air le premier juillet. Si Tavares avait voulu signer un nouveau contrat avec les Islanders, ce serait déjà réglé. Visiblement, il va profiter de son autonomie complète et avec le salaire qu’il va commander, il n’y a pas tant d’équipes qui peuvent l’accueillir. Fait important, l’agent de Tavares est Pat Brisson. Un grand ami de Bergevin. Il est très plausible que ce dernier sache déjà si la super vedette est intéressée à venir dans la jungle montréalaise. Et ce n’est pas si illogique, étant donné que le capitaine des Islanders a quelques potes dans le vestiaire, notamment Shea Weber et Karl Alzner.

Ça commence à presser
Ce qui est certain, c’est que Bergevin a besoin d’un coup de circuit. La transaction Subban-Weber tourne au vinaigre. Son travail l’été dernier a été lamentable. Molson a beau être en amour avec lui, les bancs vides dans la Grosse Cabine Téléphonique l’inquiète. L’été du directeur-gérant est donc capital pour la suite de sa carrière. Bonne nouvelle pour Bergevin, il dispose de l’un des premiers choix du prochain encan, et beaucoup de sélections dans les rondes suivantes. Aussi, il a du cash en masse pour ferrer du gros poisson sur le marché des agents libres. Reste à savoir s’il saura bien manœuvrer.