À 39 ans, l’adversaire de Simon Kean, Randy Johnson (à droite), est en grande forme et prêt à en découdre avec le Trifluvien, vendredi à Montréal.

Un défi musclé attend Simon Kean

On ne pourra pas reprocher à Eye of the Tiger Management d’avoir trouvé un adversaire dans une forme douteuse pour affronter Simon Kean (10-0, 9 K.-O.) vendredi soir au MTelus de Montréal. On a rapidement constaté jeudi lors de la pesée que Randy Johnson (13-2, 11 K.-O.) avait le physique de l’emploi.

Les deux boxeurs, qui affichaient une grande forme, sont montés sur la pesée à la veille de ce gala. Le Trifluvien a fait osciller la balance à 244 lbs, alors que son adversaire affichait un poids de 208 lbs. C’est toutefois lors du face-à-face entre les deux pugilistes qu’on a rapidement constaté que Kean détenait tout un avantage sur son adversaire: une tête de plus. 

D’ailleurs, lors de la confrontation, Johnson n’a que brièvement regardé dans les yeux de son adversaire avant de détourner le regard. Après les traditionnelles photos, l’olympien a même retenu l’Américain afin de lui demander s’il avait déjà participé à un face-à-face du genre.

«Je me méfie un peu. Il a l’air d’une personne hypocrite. Je m’attends à ce qu’il me mette de la pression pour tenter de me surprendre en partant», a analysé le Trifluvien sur les ondes de TVA Sports.

Avec son look et sa carrure, Johnson a la tête de l’emploi pour se lancer dans une carrière en lutte professionnelle. Depuis 2009, il s’est façonné une jolie fiche avec 13 victoires en 15 combats, mais seulement un seul de ses adversaires détenait une fiche gagnante lors de l’affrontement. L’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert, estime tout de même qu’à 39 ans, l’Américain peut réserver quelques surprises à son poulain.

«On ne sait pas comment il va se comporter. Il peut décider d’y aller le tout pour le tout dès le début. Je crois qu’il est préparateur physique dans la vie de tous les jours. C’est un gars qui est en forme malgré son âge. Il a une belle boxe et c’est un gaucher. Ce sont des choses qui font un bon boxeur.»

Le clan de Kean s’est d’ailleurs préparé à la possibilité que Johnson soit d’attaque dès le premier round. Or, le «Grizzly» trifluvien n’a pas bien paru en début de combat lors de sa dernière sortie, en juin face à Marcelo Luiz Nascimento, un affrontement qu’il avait remporté par K.-O. au cinquième assaut.

«Je veux qu’il soit plus mobile sur ses jambes. À son dernier combat, je le trouvais lourd. Nous avons aussi travaillé le côté mental avec Simon pour éviter qu’il mange des bons coups au début du premier round ou qu’il se fasse surprendre. On a travaillé sur des choses pour qu’il soit éveillé dès le début. En bougeant ses jambes, il ne sera pas sur les talons, il va être plus vif défensivement», explique Boisvert, qui a pu visualiser deux combats de Johnson afin de mettre en place un plan de match.

Kean aura un autre avantage notable dans sa poche arrière lors de l’affrontement, puisqu’il a été le partenaire d’entraînement de l’Anglais Hughie Fury (20-1, 10 K.-O.) lors de son camp d’entraînement. Pas vilain comme répétition puisque Fury se préparait pour un combat de championnat du monde.

«Ç’a été plus compliqué de trouver des partenaires d’entraînement gauchers. Nous avions en tête le champion canadien amateur, mais il était blessé. Malgré tout, Simon a pu s’entraîner avec lui durant plus de deux semaines. Sauf que Simon s’était beaucoup entraîné avec Fury et d’autres boxeurs en Angleterre. Oui, Fury est un droitier, mais c’est un gars qui est embêtant et peu commode dans un ring. Ç’a préparé Simon à toutes les situations.»

Le duel Kean-Johnson se déroulera en demi-finale de ce gala mettant en vedette Yves Ulysse fils et Steve Claggett lors du combat principal.