Le retour de Patrick Roy avec les Remparts de Québec se veut une excellente nouvelle pour l’ensemble de la LHJMQ.

Un coup de circuit pour la LHJMQ

Au moment où la ligue pourrait peut-être s’engager dans quelques jours dans une finale impliquant deux équipes des Maritimes – un cauchemar de mise en marché –, Gilles Courteau devait avoir quand même un large sourire aux lèvres jeudi matin en suivant la conférence de presse confirmant le retour de Patrick Roy à Québec.

C’est un véritable coup de circuit que la LHJMQ vient de cogner avec cette nouvelle. Roy, probablement le plus grand gardien de tous les temps, reprend son trône. Il n’y a pas eu de meilleur vendeur de billets en province depuis au moins deux décennies! Son caractère bouillant fait couler beaucoup d’encre.

Mais ce serait malhonnête de résumer son impact uniquement à ses coups de gueule. Roy a toujours pris au sérieux son rôle d’ambassadeur. Beau temps, mauvais temps, il fait face à la musique, il est disponible. Autant pour les médias que pour les amateurs de hockey. Une légende de cette nature qui endosse pleinement ce statut, ça n’a pas de prix pour un circuit junior.

Québecor se frotte lui aussi les mains. Martin Tremblay pouvait bien bomber le torse en disant que ses Remparts ont attiré plus de 300 000 personnes au Centre Vidéotron la saison dernière, un record de la Ligue canadienne, reste que son grand amphithéâtre est souvent à moitié vide. Québecor a payé une petite fortune il y a quelques années pour mettre la main sur l’équipe. Le retour de Roy, bénéfique aux quatre coins de la planète LHJMQ, va d’abord profiter aux Diables rouges. Comptez sur eux pour l’utiliser à fond pour leurs campagnes de marketing!

Une nouvelle approche?
Aux guichets, son impact sera automatique. Sur la glace, c’est moins clair. Avant de quitter les Remparts pour l’Avalanche, Roy avait vidé la banque de choix de l’organisation. Philippe Boucher n’a pas eu droit à des conditions optimales pour tenter de garder l’équipe au sommet.

La façon de faire du hockey a aussi changé. Moins d’Américains, moins d’Européens de pointe dans le vestiaire ces dernières années. Résultat, les Remparts sont devenus une équipe comme les autres.

Roy a dit jeudi en point de presse avoir changé comme homme de hockey. Ce sera intéressant de voir s’il acceptera de se mouler aux nouvelles politiques de la concession, ou s’il va convaincre ses employeurs de revenir à une gestion plus agressive. Vous savez, il y avait un certain Alexander Radulov à ses côtés en 2006 lorsqu’il a soulevé la coupe Memorial. Or, Radulov a été enrôlé à la suite d’une transaction douteuse avec les Tigres, qui a d’ailleurs mené à une enquête de la LHJMQ, étant donné que les Remparts défrayaient les dépenses de Jan Danecek, un joueur qui ne leur a jamais appartenu!

Durant son premier règne, il y a aussi eu parade dans la Vieille Capitale de joueurs qui ont bluffé au repêchage. Il a ainsi ramassé des Jordan LaVallée, Angelo Esposito et autres Anthony Duclair.

Avec des moyens financiers quasi illimités, Roy a toujours gagné plus de matchs qu’il en a perdus entre 2005 et 2013, s’offrant notamment sept saisons régulières de plus de 40 victoires. Son tableau de chasse est toutefois pas mal moins étoffé en séries. Une Coupe Memorial à titre de deuxième équipe invitée, pas de Coupe du Président, une seule finale. Il a aussi échappé une avance de 3-0 au deuxième tour des séries, en 2012.

Roy est bien sûr un homme différent maintenant. Il a mûri. Il a sûrement augmenté son bagage de connaissances dans la LNH. On verra si ça influencera directement les résultats de son équipe.

Un court retour?
Chose certaine, Roy se remet sur la carte en prenant la décision de revenir avec les Remparts. Bien beau la Floride et le golf, Roy est encore trop jeune pour la retraite. Il l’a dit lui-même, il n’a eu aucune offre ni discussion avec une équipe de la LNH depuis qu’il a claqué la porte chez l’Avalanche du Colorado il y a deux ans.

Son nom circule quand même depuis un an comme successeur potentiel à Marc Bergevin avec le Canadien. Or, la position de ce dernier s’est certainement fragilisée au cours des derniers mois. Je ne serais pas étonné si Roy faisait le calcul qu’il a plus de chances de décrocher cet emploi en étant actif, si jamais Geoff Molson décide de changer de cuisinier…