À deux ans des Jeux olympiques, la boxeuse Tammara Thibeault aura droit à un excellent test dans les prochains jours, à New Delhi.

Un baromètre pour Tokyo 2020

TROIS-RIVIÈRES — Depuis quelques années déjà, les Jeux olympiques font partie du vocabulaire de Tammara Thibeault. À deux ans de la prochaine grand-messe du sport amateur d’été, à Tokyo, la boxeuse de 21 ans aura l’occasion de mesurer ses progrès face à l’élite de sa discipline alors qu’elle participera à son premier Championnat du monde de boxe féminine, du 15 au 24 novembre à New Delhi, en Inde.

Membre de l’équipe nationale depuis 2016, l’ancienne porte-couleurs du Club de boxe olympique de Shawinigan a connu une année 2018 déjà bien chargée avec, entre autres, une médaille de bronze lors des Jeux du Commonwealth.

«À deux ans des Jeux olympiques, ça va me donner une bonne idée d’où je me situe par rapport aux autres. Je vais ensuite pouvoir faire les ajustements pour arriver au sommet! Et puis il y aura un autre gros Championnat du monde l’an prochain qui servira de qualifications pour les Jeux olympiques», explique la championne canadienne.

Un tableau ouvert

Depuis 2016, le tableau semble plus ouvert dans la catégorie des 75 kg. Auparavant, l’Américaine Claressa Shields avait régné sur la catégorie avec notamment deux médailles d’or olympiques et deux titres mondiaux. Shields a depuis fait le saut chez les professionnels.

«Rendue à ce niveau-là, c’est une question de qui réussira à performer le mieux la journée de la compétition. Si tu apportes ta meilleure boxe, tu peux gagner», explique celle qui s’entraîne sous les conseils de Joao Carlos Barros à l’Institut national du sport du Québec à Montréal.

Un nez réparé

Pour Thibeault, les Mondiaux marqueront du même coup un retour dans l’arène après une pause de quelques mois. Même si elle a eu droit à des camps d’entraînement de haut niveau avec l’équipe nationale, à Porto Rico et en Espagne pendant l’été, elle n’a pas livré de combat depuis son séjour en Saskatchewan au début du mois de mai. Malgré deux victoires en autant de jours, la pugiliste avait toutefois été victime d’une fracture au nez qui l’avait laissée sur le carreau quelque temps.

«J’ai pris le temps de guérir. Je suis prête, tant physiquement que mentalement. Je pense que j’ai de bonnes chances au Championnat du monde. J’ai les habiletés pour arriver au top, je me suis beaucoup améliorée. J’ai aussi des attributs que plusieurs autres n’ont pas, en étant assez grande (6 pieds) et gauchère. Je ne suis pas facile à affronter. J’ai hâte de mettre tout ça en œuvre», mentionne la championne continentale de 2017.

En même temps, Thibeault a beau parler de ses ambitions, elle ramène toujours l’importance de boxer dans le plaisir. Pour elle, pas question de grimper dans le ring si elle ne s’amuse pas. «Je fais ça pour le fun. Je veux aller aux Jeux olympiques et je veux performer quand je vais y être. Je veux gagner mes combats et être championne du monde. Mais en continuant de faire ce qu’il faut pour maximiser mon potentiel, je veux aussi continuer à m’amuser.»