Julio Martinez s’est entendu avec les Rangers du Texas pour un contrat de 2,8 M$.

Un ancien des Aigles est devenu millionnaire

Trois-Rivières — C’est officiel. L’ancien joueur des Aigles de Trois-Rivières, Julio Martinez, s’est entendu avec les Rangers du Texas pour un contrat de 2,8 M$, mardi.

Le Cubain de 21 ans représente l’un des meilleurs espoirs internationaux du Baseball majeur, selon le magazine Baseball America. Il arrive même devant son compatriote Luis Robert, qui a fait sauter la banque chez les White Sox de Chicago l’an dernier.

On parle d’un contrat de 2,8 M$, mais il s’agit en fait du boni de signature associé à son entente. Dans les ligues mineures, Martinez gagnera beaucoup moins d’argent, mais ce boni lui assure un avenir plus qu’intéressant, d’autant plus qu’il fera partie des bons espoirs des Rangers (le troisième, selon Baseball America).

Jeune voltigeur étoile rempli de promesses, Martinez s’alignait pour l’équipe nationale de son pays natal en 2016, lors de la tournée nord-américaine dans la Ligue Can-Am. L’année suivante, un partenariat entre la fédération cubaine et les Aigles lui permettait d’évoluer dans la Can-Am. Il est actuellement classé au 60e échelon des plus beaux espoirs du baseball, toujours selon Baseball America. En ce qui a trait aux joueurs internationaux, il figure au deuxième rang.

Il a fait défection lors d’un voyage du club trifluvien aux États-Unis, à l’été 2017. Depuis, il avait obtenu la citoyenneté haïtienne et espérait briller assez, lors des camps dans les Caraïbes, pour laisser une impression positive. Au moins trois équipes étaient intéressées à ses services. En plus des Rangers, les Yankees de New York et les Marlins de la Floride étaient dans la course pour l’embaucher.

Il s’agit d’une excellente nouvelle pour celui qui devra signer un chèque de 100 000 $ au commissaire du Baseball majeur pour avoir présenté de fausses informations dans des documents remis à la ligue. Il n’aurait pas transmis les bonnes informations par rapport à la durée de son séjour au Canada ainsi qu’aux États-Unis, quand il jouait dans la Ligue Can-Am. Avec son nouveau contrat en poche, il lui sera plus facile de payer sa dette.

Les Aigles mi-figue, mi-raisin

Chez les Aigles, on se réjouit évidemment de voir un ancien porte-couleurs se rapprocher des grandes ligues. Avant Martinez, Cam Kneeland, Nick Sarianides, Ryan Bollinger, Scott Kuzminsky et Kaohi Downing ont tous été engagés dans le baseball affilié après un passage fructueux à Trois-Rivières.

Dans le cas de Martinez, c’est toutefois un peu différent, comme le spécifie le directeur-gérant René Martin. «Je n’irai pas jusqu’à dire que je suis fier, car il a sacré son camp en plein milieu de notre saison. En même temps, considérant sa situation avec Cuba, je comprends qu’il n’avait pas plusieurs options devant lui. Julio est un athlète d’exception et simplement d’avoir eu la chance de le voir jouer chez nous, c’est déjà un honneur. Disons que nous avons des sentiments mi-figue, mi-raisin.»

On se souviendra que Martinez avait déserté les Aigles pendant un voyage à Rockland. «Plusieurs personnes rôdaient autour de lui la veille de son départ, mais on ne peut pas tout contrôler. Le lendemain, en arrivant au stade, il n’y était pas.»

Tout pour percer

À 5 pieds 10 pouces et 180 livres, Martinez faisait saliver plusieurs organisations en raison d’un heureux mélange de vitesse, de puissance et de qualités athlétiques dignes d’un premier frappeur. Aucun doute qu’il s’agit du joueur le plus prometteur à avoir passé chez les Aigles depuis 2013.

L’an passé, il avait présenté une moyenne de présence plus puissance de ,794, avec sept circuits, 21 points produits et 24 buts volés en 57 parties. Tout ça à 21 ans.

Il devra cependant peaufiner la qualité de ses présences au bâton s’il souhaite percer dans les Majeures, lui qui a tendance à se faire retirer sur trois prises.

«Je pense qu’il peut jouer au niveau A+ et même dans le AA», analyse René Martin, qui rappelle que la Can-Am offre un calibre de jeu comparable au niveau A+ des réseaux affiliés.

Une compensation ou pas?

Julio Martinez aurait écrit une petite page d’histoire en devenant le premier Cubain sous contrat avec une équipe nord-américaine (les Aigles) à parapher une entente avec une organisation du Baseball majeur. Par contre, selon René Martin, puisque Martinez n’a pas donné signe de vie à son ancien club après sa défection et au terme de la saison, les Aigles n’auraient plus aucun contrôle sur lui.

Quand un joueur de la Can-Am est engagé dans le baseball affilié, les clubs des Majeures envoient une compensation financière, de l’ordre de quelques centaines de dollars américains. Est-ce que les Rangers honoreront cette tradition dans les circonstances que l’on connaît?

«Nous n’irons pas en cour contre les Rangers ni le Baseball majeur, ce serait insensé, dit Martin. Julio s’est sauvé et il n’était plus sur notre liste. Il aurait fallu qu’il se manifeste à l’automne, mais il était déjà parti.»

Chose certaine, les Rangers voulaient Martinez. Ils ont transigé avec d’autres équipes pour s’assurer de collecter l’argent nécessaire dans leur banque internationale afin de séduire le voltigeur. Reste à voir s’il pourra honorer sa réputation.