Le défenseur gatinois des Cataractes de Shawinigan, Tyson Hinds ( à droite), s’y connaît en matière d’environnement contrôlé en temps de pandémie.
Le défenseur gatinois des Cataractes de Shawinigan, Tyson Hinds ( à droite), s’y connaît en matière d’environnement contrôlé en temps de pandémie.

Tyson Hinds passe d’une bulle à l’autre

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Tyson Hinds a fait ses valises mardi midi afin de passer d’une bulle à une autre.

Seule équipe de la LHJMQ à avoir regroupé tous ses joueurs à la même adresse dans une résidence réaménagée par leurs propriétaires, les Cataractes de Shawinigan sont familiers avec le concept de bulle.

Le problème, c’est que leurs efforts, leurs investissements et leurs sacrifices ne sont quand même pas suffisants pour leur permettre de jouer des matches de hockey dans leur zone rouge du Québec.

En passant dans la bulle approuvée par la Santé publique à Québec, les Cataractes ont pu renouer avec l’action mardi soir au Centre Vidéotron.

Joint juste avant son départ vers Québec mardi avant-midi, le Gatinois Tyson Hinds était excité par la perspective de disputer son cinquième match de la saison.

«Tout ce qu’on fait depuis un mois, c’est pratiquer. Même en étant isolé dans un environnement sécuritaire à Shawinigan, on ne pouvait pas jouer. C’est très excitant de quitter notre bulle pour nous rendre dans celle de Québec.»


« Ça ne sera pas un grand changement pour nous. Nous sommes habitués à vivre dans ce genre de conditions strictes maintenant. »
Tyson Hinds

Pour le défenseur de 17 ans, la transition entre leur environnement protégé de Shawinigan à celui de la Vieille-Capitale devrait se faire en douceur.

«Ça ne sera pas un grand changement pour nous. Nous sommes habitués à vivre dans ce genre de conditions strictes maintenant.»

Les Cataractes ont affronté les Ramparts, mardi soir, devant des spectateurs peu bruyants...

Parce qu’elle voulait se montrer proactive pendant la pandémie, l’organisation des Cataractes a fait l’acquisition d’une ancienne résidence pour personnes en déficience intellectuelle pour ensuite la transformer en maison de chambres. Elle peut abriter tous ses joueurs ainsi que son entraîneur-chef, Ron Choules, qui lui, est installé dans un logement à deux pièces.

Comment ça se passe dans la bulle des Cataractes? L’ancien de l’Intrépide de Gatineau dit s’y plaire.

«Honnêtement, c’est l’fun. Il y a 24 chambres dans le bâtiment. Chaque joueur a sa chambre individuelle. Il y a trois salons, une cuisine et une grande salle d’études au sous-sol. Nous sommes toujours ensemble et nous sommes en train de créer une belle chimie d’équipe. C’est une belle expérience. Nous sommes la seule équipe de la ligue à vivre ça. J’espère qu’à la fin de notre séjour à Québec, nous ne serons plus dans une zone rouge, mais si c’est encore le cas, j’espère que notre concept finira par être approuvé par la Santé publique afin de nous permettre de continuer à jouer des matches.»

Même si toute l’équipe des Cataractes est ensemble en tout temps, il y a beaucoup de souplesse dans l’horaire des joueurs.

«Il y a beaucoup de pièces dans l’édifice. Quand nous sommes tannés d’être ensemble, il y a plusieurs endroits pour trouver refuge. Nous avons toujours du plaisir à nous regrouper dans le grand salon pour regarder des émissions à la télévision. Nous avons nos soupers en équipe.»

À l’extérieur, quand il faisait plus chaud, le terrain de volley-ball s’est avéré fort utile pour les joueurs. Ils ont aussi accès à un foyer où ils peuvent se réchauffer autour d’un feu.

«Nous sommes à 5-10 minutes de l’aréna. Ça se fait bien. C’est sûr qu’on s’ennuie de voir nos familles ou nos blondes, mais c’est le sacrifice qu’il faut faire pour jouer.»

Année importante

La deuxième année de Hinds à Shawinigan est aussi celle de son repêchage dans la LNH. Après quatre matches, il avait amassé une passe et on sentait que le choix de deuxième ronde des Cataractes en 2019 n’était pas complètement satisfait de son début de saison. Il compte profiter de ses six prochains matches à Québec pour reprendre du rythme.

«Je suis plus fort et plus grand cette année, dit le colosse de 6’3’’, mais je ne suis pas convaincu d’avoir joué mon meilleur hockey encore. Il y a de la place pour de l’amélioration. C’est une grosse année pour moi. Je veux profiter au maximum de toutes mes occasions de jouer.»